Redécoupage électoral au Québec : entre nouvelles frontières et contestation judiciaire

Redécoupage électoral au Québec : entre nouvelles frontières et contestation judiciaire credit : lemorning.ca (image IA)

Une carte officialisée sous tension

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C’est désormais écrit noir sur blanc dans la Gazette officielle de ce mercredi : la nouvelle carte électorale du Québec est actée en vue du scrutin de l’automne prochain. Mais attention, ce n’est pas une simple formalité administrative. Ce redécoupage confirme une tendance lourde qui fait grincer des dents : la Gaspésie et l’île de Montréal perdent chacune une circonscription. C’est un coup dur pour ces régions.

À l’opposé, les grands gagnants de cette refonte démographique sont les régions des Laurentides et du Centre-du-Québec, qui héritent de ces sièges. La Commission de la représentation électorale (CRÉ) a tranché et publié ses nouvelles délimitations, qui sont, à quelques exceptions près, conformes à la proposition de son second rapport déposé à l’Assemblée nationale le 2 décembre dernier. Pourtant, tout n’est pas joué. Le gouvernement Legault ne l’entend pas de cette oreille et a porté l’affaire devant la Cour suprême du Canada fin décembre, espérant geler la carte actuelle.

Un jeu de chaises musicales géographique

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Regardons de plus près ce qui change concrètement sur le terrain. C’est un véritable bouleversement qui touche 51 des 125 circonscriptions de la province. Dans l’est, la fusion est confirmée : Gaspé et Bonaventure ne font plus qu’un. La MRC de la Haute-Gaspésie, quant à elle, bascule vers Matane-Matapédia. C’est une pilule difficile à avaler pour le milieu local, malgré l’opposition vive suscitée dès le rapport préliminaire de septembre 2023.

À Montréal, le paysage change aussi radicalement. Une circonscription s’efface dans l’est de l’île. On voit disparaître les entités actuelles d’Anjou–Louis-Riel, LaFontaine et Pointe-aux-Trembles pour laisser place à deux nouvelles entités : Anjou-LaFontaine et Pointe-aux-Prairies. Cela crée un effet domino assez complexe, vous voyez ? Camille-Laurin récupère le secteur de Louis-Riel, tandis qu’Hochelaga-Maisonneuve glisse vers l’est.

Dans la foulée, Sainte-Marie–Saint-Jacques s’agrandit pour consolider le quartier Sainte-Marie, et Viau gagne quelques rues à l’ouest sur le territoire de Laurier-Dorion. Ailleurs, les frontières bougent aussi en Montérégie, en Estrie et dans le Centre-du-Québec pour accommoder les deux nouvelles venues : Bellefeuille (Laurentides) et Marie-Lacoste-Gérin-Lajoie (Centre-du-Québec), justifiées par l’explosion du nombre d’électeurs dans ces zones.

Changements de noms : valse des étiquettes

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Ce n’est pas seulement une affaire de lignes, c’est aussi une question d’identité. L’Assemblée nationale avait adopté cinq nouveaux noms au printemps dernier, et la nouvelle carte en intègre quatre. On devra s’habituer à dire Arthabaska-L’Érable au lieu d’Athabaska, ou encore Rivière-du-Loup–Témiscouata–Les Basques. De son côté, Vimont devient Vimont-Auteuil et Laporte se transforme en Pierre-Laporte. Ah, et le comté de Johnson ? Il rend hommage à l’ancien premier ministre en devenant Daniel-Johnson.

Il y a cependant une petite curiosité : Matane-Matapédia devait initialement devenir Matane-Matapédia-Mitis. Eh bien, finalement, non. La CRÉ a décidé de retirer le suffixe « Mitis ». Pourquoi ? Tout simplement parce que la réalité géographique a changé : le territoire de la MRC de La Mitis ne se trouve plus entièrement dans la circonscription, une partie ayant été déplacée vers Rimouski comme prévu. C’est logique, je suppose, mais ça montre bien la complexité du puzzle.

La course contre la montre judiciaire

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C’est ici que ça se corse politiquement. Le Procureur général du Québec (PGQ) s’est tourné vers le plus haut tribunal du pays le 19 décembre dernier. L’objectif ? Obtenir une ordonnance pour que les élections du 5 octobre prochain se tiennent avec l’ancienne carte. C’est une démarche audacieuse.

Rappelons que les quatre partis à l’Assemblée — la CAQ, le PLQ, QS et le PQ — s’étaient entendus en mars 2024 pour carrément annuler ce redécoupage. Ils avaient même voté une loi pour ça. Sauf que… la Cour d’appel a jugé cette loi inconstitutionnelle le 1er décembre dernier. Ce jugement a ouvert la porte à la CRÉ pour finaliser son travail, au grand désespoir des élus.

Maintenant, Québec demande à la Cour suprême de trancher sur le fond d’ici le 15 avril. Le temps presse terriblement, car la Cour prend habituellement de 4 à 6 mois juste pour dire si elle accepte d’entendre une cause. C’est une bataille initiée à l’origine par le Conseil des préfets et des élus de la région des Laurentides (CPERL), soutenus par d’autres regroupements (Laval, Outaouais, Estrie, Centre-du-Québec), qui se retrouve aujourd’hui au sommet de la pyramide judiciaire.

Selon la source : ici.radio-canada.ca

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