François Legault jette l’éponge : la fin d’une ère et le début d’une course contre la montre pour la CAQ
Mathieu Gagnon - 2026-01-15 11:48
credit : lemorning.ca (image IA)
Un départ inévitable face à la grogne populaire

credit : lemorning.ca (image IA)
C’est une page d’histoire qui se tourne, et disons-le franchement, on le sentait venir, n’est-ce pas ? Incapable de remonter la pente raide des sondages qui prédisent ni plus ni moins la disparition de la Coalition avenir Québec (CAQ), François Legault a fini par trancher. Mercredi matin, sur le coup de 11 h, il s’est présenté dans le hall de l’édifice Honoré-Mercier pour annoncer ce que beaucoup réclamaient : sa démission.
Le message était clair, quoique livré avec une sobriété désarmante. Il ne part pas demain matin, attention. Il a précisé qu’il quittera son poste de premier ministre aussitôt qu’un successeur lui sera trouvé. C’est une sortie calculée. Il a admis, sans détour : « Je vois bien qu’actuellement, beaucoup de Québécois souhaitent d’abord du changement, et puis, entre autres, un changement de premier ministre ». C’est rare d’entendre un politicien être aussi lucide sur son propre sort, vous ne trouvez pas ?
Il a insisté sur le fait que cette décision est prise « pour le bien de mon parti et, surtout, pour le bien du Québec ». En attendant la suite, il reste en poste. Il continuera de diriger le gouvernement — son deuxième majoritaire depuis 2018 — le temps que la transition se fasse de manière ordonnée. Par la suite, il quittera aussi ses fonctions de ministre responsable de l’Abitibi-Témiscamingue et, bien sûr, son siège de député de L’Assomption.
Entre fierté nationale, pandémie et adieux déchirants

credit : lemorning.ca (image IA)
L’ambiance était lourde, c’est le moins qu’on puisse dire. M. Legault, visiblement serein malgré tout, n’a pas voulu répondre aux questions des journalistes après son allocution. Il a préféré se concentrer sur son bilan, parlant d’économie et d’identité avec une certaine ferveur. Il nous a lancé un avertissement, presque comme un père inquiet : « Les Québécois doivent être beaucoup plus vigilants pour l’avenir de leur nation, du français ». Il nous a exhortés à ne pas être gênés de protéger nos valeurs. « Soyons fiers d’être Québécois », a-t-il martelé.
Impossible de passer sous silence la pandémie de COVID-19. Ça a été l’épreuve de sa vie politique, sept années et demie à la tête du Québec dont une bonne partie en gestion de crise. Il a juré avoir essayé « sept jours sur sept de sauver le maximum de vies ». On sentait la fatigue, mais aussi le devoir accompli dans sa voix quand il a dit : « Je n’ai pas toujours réussi, mais je peux vous garantir que j’ai essayé ».
C’est là que le côté humain a vraiment pris le dessus. Autour de lui, les visages étaient longs. On a même vu une attachée de presse pleurer, mouchoir à la main. François Legault était entouré de sa garde rapprochée : son chef de cabinet de toujours, Martin Koskinen, et son épouse, Isabelle Brais. Il a eu des mots touchants pour ses fils, Xavier et Victor, qui ont dû endurer des remarques désobligeantes au travail ou aux études simplement parce que leur père était premier ministre. En regardant sa femme, avec une pointe de chagrin évidente, il a lâché : « J’aurais voulu leur épargner ça… Mais ils sont peut-être plus forts à cause de ça ».
La chute dans les sondages et les crises à répétition

credit : lemorning.ca (image IA)
Mais pourquoi partir maintenant ? Eh bien, à 68 ans, celui qui est le doyen de l’Assemblée nationale — ayant siégé au PQ de 1998 à 2009 avant ses victoires caquistes en 2012, 2014, 2018 et 2022 — fait face à une réalité brutale. Les intentions de vote sont faméliques. C’est catastrophique. Le gouvernement a été secoué par une série de controverses qui ont fait mal : le dossier Northvolt, les ratés de SAAQclic, et plus récemment, cette réforme de la rémunération des médecins qui ne passe pas.
D’ailleurs, cette réforme a laissé des traces : deux ministres clés, Lionel Carmant (Services sociaux) et Christian Dubé (Santé), ont quitté le navire. Des députés ont aussi claqué la porte. Pourtant, Legault assurait encore récemment qu’il serait là pour les élections d’octobre… comme quoi, en politique, une semaine est une éternité.
Les chiffres, eux, ne mentent pas. Un sondage Pallas Data pour Qc125 et L’Actualité, publié mardi, place la CAQ au tout dernier rang, à égalité avec Québec solidaire. Le coup de grâce ? 75 % des répondants ont une impression défavorable du premier ministre. Quand trois quarts des gens ne vous aiment plus, il devient difficile de gouverner.
La suite : qui pour reprendre le flambeau caquiste ?

credit : lemorning.ca (image IA)
Maintenant, la balle est dans le camp du parti. C’est le grand saut dans l’inconnu. Une réunion du conseil d’administration de la CAQ (composé de huit membres) est prévue dès mercredi soir pour fixer les règles et le calendrier. François Legault, lui, n’aura pas voix au chapitre, c’est la théorie du moins. Si plusieurs candidats se manifestent, il y aura une course à la direction. Fait intéressant : pour se présenter, il faut être membre de la CAQ, mais pas nécessairement être un élu actuel.
Les spéculations vont déjà bon train, c’est inévitable. Des noms circulent, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du Salon bleu. On parle de :
- Geneviève Guilbault
- Simon Jolin-Barrette
- Christine Fréchette
- Jean-François Roberge
- Sonia LeBel
- Bernard Drainville
- François Bonnardel
- Voire même Mario Dumont
C’est tout un défi logistique, car la constitution de la CAQ laisse beaucoup de marge de manœuvre. Ce sera une première historique pour ce parti fondé par Legault il y a 15 ans. Ah, et petit détail technique mais important : si M. Legault quitte son siège de député avant le 1er mars, une élection complémentaire devra être déclenchée dans L’Assomption.
Selon la source : ici.radio-canada.ca
Ce contenu a été créé avec l’aide de l’IA.