Le départ de François Legault : un héritage économique entre fierté et désillusion
Simon Kabbaj - 2026-01-15 11:33
credit : lemorning.ca (image IA)
Une fin de mandat sous le signe du paradoxe

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C’est donc annoncé, François Legault quittera son poste dès que la CAQ lui aura trouvé un remplaçant. Mais au-delà de l’annonce politique du 14 janvier, ce qui frappe, c’est le fossé immense entre le discours officiel et ce que vivent les gens au quotidien. Le premier ministre peut bien répéter que le revenu disponible a augmenté, mais franchement, qui le ressent vraiment ? Pour beaucoup de ménages, l’inflation post-pandémie a eu l’effet d’un véritable coup de massue.
Quand il est passé à l’émission Zone économie fin novembre, on sentait déjà qu’il voulait peaufiner son image de bâtisseur économique, peut-être parce qu’il savait déjà qu’il allait partir… qui sait ? Il voulait sans doute qu’on retienne l’histoire d’un Québec enrichi. Mais la réalité est un peu plus rude : entre les ratés de Northvolt, les déficits qui se creusent et nos écoles qui craquent, le bilan est, disons, mitigé.
La guerre des chiffres : statistiques flatteuses contre vie chère

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Il faut être juste et rendre à César ce qui est à César : sur le papier, les chiffres sont là. Dans son document de novembre intitulé « Le pouvoir québécois », François Legault affirme que le PIB réel par habitant chez nous a grimpé de 3,2 % de 2018 à 2024. C’est d’autant plus notable qu’ailleurs au Canada, il a chuté de 2,2 %. C’est un fait.
Même chose pour la paie. La rémunération hebdomadaire moyenne a bondi de 29,7 % au Québec, contre 24,9 % dans le reste du pays. Et si on parle de pouvoir d’achat, on note une hausse de 10,3 % sur cette même période (2018-2024), alors que les autres provinces plafonnent à 4,3 %. C’est impressionnant, non ?
Mais voilà le hic… ce ne sont que des moyennes. Et comme on le sait, les moyennes cachent souvent les drames individuels. Allez dire à quelqu’un qui n’arrive plus à payer son épicerie ou son loyer que son « pouvoir d’achat moyen » a monté ! Le coût de la vie a explosé, surtout pour se nourrir et se loger, et ça, ça change tout. D’ailleurs, François Legault a eu l’honnêteté, dans son discours de départ, d’admettre que les Québécois ne sentent pas cette amélioration.
Défis structurels et le mur démographique

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Il y avait aussi cette obsession de rattraper l’Ontario. L’écart s’est resserré, c’est vrai, mais est-ce que ça change le quotidien des gens ? Pas vraiment. Les problèmes de fond, eux, sont toujours bien ancrés. Notre productivité reste faible et on manque cruellement d’investissements en automatisation et en numérisation. Et je ne parle même pas de l’état de nos infrastructures qui manquent de financement.
Mais le plus inquiétant, c’est peut-être la démographie. C’est une réalité un peu triste, mais il y a désormais plus de décès que de naissances au Québec. Regardez ces prévisions de l’Institut de la statistique : entre 2024 et 2051, le nombre de personnes de 65 ans et plus va exploser de 26 %. Pendant ce temps, ceux qui travaillent, les 20-64 ans, vont diminuer de 4 %. C’est mathématique, et ça fait peur pour notre économie.
Quand j’ai abordé ce risque de déclin économique avec M. Legault, il m’a répondu que sa priorité restait le déclin du français à Montréal. C’est un enjeu crucial, certes, mais ignorer la bombe à retardement démographique me semble… risqué.
Paris risqués : Hydro, batteries et finances dans le rouge

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Côté énergie, François Legault laisse un chantier colossal : doubler la production d’hydroélectricité d’ici 25 ans. Si ça marche, on se souviendra de lui en 2040 ou 2050 comme d’un visionnaire. L’entente avec Terre-Neuve sur Churchill Falls et Gull Island est un bon coup, à condition que le nouveau gouvernement là-bas ne vienne pas tout bousiller.
Par contre, la stratégie de « choisir les gagnants » a montré ses limites. Regardez la filière batterie et la débâcle Northvolt. Des centaines de millions d’argent public engloutis dans des entreprises soutenues par le duo Legault-Fitzgibbon. Cette vision interventionniste, où l’État joue au banquier, a essuyé beaucoup de critiques. Ne vaudrait-il pas mieux investir dans les bases : éducation, transport, productivité ?
Et puis, il y a la facture finale… c’est peut-être là le plus gros échec. François Legault a hérité d’un surplus de 8 milliards. Aujourd’hui ? Le ministre Eric Girard se débat avec un déficit record annoncé à 14 milliards en mars dernier (qui devrait finir autour de 12 milliards). Entre les baisses d’impôts, les chèques envoyés à tout vent et les projets coûteux, les finances ont dérapé, au point que l’agence S&P Global a décoté le Québec en avril. C’est un héritage lourd, très lourd pour les générations futures.
Selon la source : ici.radio-canada.ca
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