Dans la tête de François Legault : les coulisses d’un départ pas si soudain

Dans la tête de François Legault : les coulisses d’un départ pas si soudain credit : lemorning.ca (image IA)

Une réflexion qui ne date pas d’hier

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On pourrait croire que la décision est tombée du ciel, un coup de tête après la dinde et les atocas, mais ce n’est pas tout à fait ça. En réalité, François Legault y pensait déjà très sérieusement l’été dernier. L’idée mûrissait, doucement mais sûrement, depuis des mois.

Pourquoi ne pas être parti plus tôt ? Parce qu’après sa réflexion estivale, il s’est dit qu’il avait encore quelques cartes dans sa manche, quelques atouts à jouer. Ses conseillers, ceux qui le connaissent par cœur, l’avaient d’ailleurs prévenu : « Si tu restes, tu restes. Pas question de changer d’idée en plein mois d’octobre. » Il fallait de l’ordre, du calme. Pas de chaos.

Alors, il a tenté le tout pour le tout. Il a sorti son jeu complet sur la table : constitution québécoise, grosse réforme syndicale, la rémunération des médecins, et même un remaniement ministériel. Il voulait prouver qu’il était sérieux. Il y a cru, sincèrement. Sa tournée médiatique avant Noël, où il jurait qu’il restait ? Ce n’était pas du bluff. Il pensait vraiment pouvoir reconquérir le cœur des Québécois. Mais ça, c’était avant que tout ne bascule pendant les Fêtes.

Le choc Christian Dubé : une rupture douloureuse

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S’il y a un moment clé, c’est bien ce 18 décembre. Christian Dubé débarque au bureau du premier ministre. Ce n’est pas une visite de courtoisie. Legault se doute que son ministre de la Santé a du mal à avaler l’entente signée quelques jours plus tôt avec les médecins de famille. Les rumeurs couraient déjà, mais la réalité a frappé plus fort.

Non seulement Dubé quitte son poste, mais il lâche la CAQ pour siéger comme indépendant. Pour Legault, c’est violent. On nous dit qu’il a vécu ça presque comme une trahison. Après lui avoir donné carte blanche, une confiance aveugle et un appui total depuis la pandémie, voir son « poids lourd » renier le travail accompli, ça fait mal. Le premier ministre était furieux.

C’est d’ailleurs pour ça que l’annonce s’est faite un peu n’importe comment, sur Facebook, quelques minutes plus tard. Comme un cheveu sur la soupe, sans aucune stratégie de com’. Une rupture sèche, bien loin du scénario Trudeau-Freeland. Là, c’était personnel.

La réalité du terrain : quand les députés et les proches s’en mêlent

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Ce n’est pas que Christian Dubé qui a pesé dans la balance. Il y a aussi les députés. Personne n’a osé lui dire « va-t’en » en pleine face, évidemment. La plupart lui doivent leur carrière, ils restent polis. Sauf peut-être ceux qui, comme Maïté Blanchette Vézina, avaient déjà claqué la porte. Mais durant les vacances de Noël, Legault a pris son téléphone. Il a appelé du monde.

Et là… le constat est brutal. Il réalise qu’il est devenu une distraction. Dans les comtés, son impopularité bloque les dossiers. Même son équipe de communication doit faire des acrobaties, des contorsions pas possibles pour trouver du positif dans le bilan. C’est lourd.

Entre Noël et le jour de l’An, les discussions avec sa garde rapprochée ont été franches. Très franches. Ses collaborateurs, après avoir tâté le pouls de leurs propres familles, ont joué les messagers. Sans le pousser vers la sortie, ils lui ont dit la vérité : malgré toute l’estime qu’ils ont pour lui, les chances d’avoir une main gagnante en 2026 sont minces. Trop faibles. Legault a vu les sondages. Pour la première fois, il a eu ces conversations difficiles avec ceux qui comptent le plus.

Conclusion : Une sortie pour sauver les meubles

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Il y a aussi l’air du temps. Avec le départ de Pablo Rodriguez et l’arrivée probable de Charles Milliard au PLQ, Legault voit bien que le décor change. En face, c’est la génération des quadragénaires. Ce n’est pas de l’âgisme, c’est un fait : une nouvelle ère politique s’installe. Face à cette « fraîcheur », son expérience à lui commence à ressembler à de l’usure.

Alors, il a commencé à écrire son discours d’adieu la semaine dernière. Il a pesé chaque mot. C’est sans doute pour ça qu’il avait l’air si serein lors de l’annonce. Au fond, orchestrer sa propre sortie, c’est l’option la plus élégante. Personne ne le met dehors littéralement, ni les électeurs (pas encore), ni ses députés. En partant de lui-même, il espère sauver ce mouvement, cette « troisième voie » qu’il a bâtie de ses mains. Il ne veut pas être celui qui coulera le navire. Il a abattu ses cartes, et il quitte la table en maître du jeu.

Selon la source : ici.radio-canada.ca

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