Venezuela : 100 morts selon Caracas après la capture de Maduro par les États-Unis

Venezuela : 100 morts selon Caracas après la capture de Maduro par les États-Unis credit : lemorning.ca (image IA)

Un bilan lourd et une opération secrète révélée

L’information est tombée comme un pavé dans la mare, mercredi. Vous savez, le genre de nouvelle qui vous fait arrêter net ce que vous êtes en train de faire. D’après Caracas, l’incursion américaine ayant conduit à la capture de l’ancien président vénézuélien Nicolas Maduro aurait fait un nombre bien plus élevé de victimes que ce qu’on imaginait.

Le ministre de l’Intérieur, Diosdado Cabello, l’a annoncé sans détour lors de sa chronique télé hebdomadaire. Et son ton était lourd, très lourd. « Jusqu’à présent et je dis bien jusqu’à présent, il y a 100 morts, 100, et un nombre similaire de blessés », a-t-il martelé. Cent. Le chiffre est revenu deux fois, pour qu’on ne l’oublie pas. Il a qualifié l’attaque contre son pays de « terrible ». Difficile de trouver les mots face à ça, vraiment.

Et ce n’est pas tout. Il a aussi donné des nouvelles de Maduro et de son épouse, Cilia Flores, blessés durant cette opération qui ressemble de plus en plus à un scénario de film d’action, mais avec des conséquences bien réelles. « Cilia a été blessée à la tête et a reçu un coup au corps », a-t-il précisé. « Le ‘frère’ Nicolas a été blessé à une jambe. » Il a ajouté, presque comme un soulagement dans la tourmente, qu’ils se remettaient de leurs blessures. On imagine la scène, confuse, violente… c’est glaçant.

Deuil national et un autre bilan, celui de l’AFP

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Le choc, dans le pays, se traduit par un deuil visible. Les forces armées vénézuéliennes ont diffusé, toujours ce mercredi, de nombreuses vidéos des funérailles des militaires tués. Des images poignantes qui, d’après les descriptions, montraient des dizaines de proches en larmes, des cercueils recouverts du drapeau jaune, bleu et rouge, et des discours célébrant le courage et la loyauté des défunts. C’est le visage humain, déchirant, d’un conflit géopolitique.

Avant cette annonce officielle du gouvernement Maduro, l’Agence France-Presse (AFP) avait tenté de faire le point. En l’absence de bilan officiel à ce moment-là, elle avait recensé, de son côté, au moins un civil, un milicien, 23 militaires vénézuéliens et 32 Cubains tués. Ce dernier chiffre, 32 Cubains, interpelle, non ? Il montre à quel point les alliances et les présences étrangères sont imbriquées dans cette crise. Le bilan de Caracas est donc plus élevé, et on se demande quelle est la vérité exacte entre les deux. Comme souvent dans ces situations, le brouillard de la guerre rend tout flou.

Dans le même temps, la nouvelle présidente par intérim, Delcy Rodriguez, investie lundi 5 janvier 2026 devant l’Assemblée nationale, a pris des mesures symboliques fortes. Elle a décrété sept jours de deuil national en hommage aux victimes. Lors d’une cérémonie, elle a aussi utilisé une métaphore puissante, parlant d’une « tache qui ne s’était jamais produite dans notre histoire dans les relations entre le Venezuela et les États-Unis ». Une tache. Le mot est choisi, il marque les esprits.

Pétrole et diplomatie : L’étonnante poursuite des écommerce

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Et c’est là que ça devient presque surréaliste. Alors que le pays pleure ses morts et que son ancien président est détenu, les affaires, elles, semblent devoir continuer. C’est un paradoxe qui laisse perplexe. Mme Rodriguez a tenu à préciser que l’échange commercial avec les États-Unis « n’a rien d’extraordinaire ni d’irrégulier ». Cette déclaration fait suite à l’annonce de la compagnie pétrolière d’État PDVSA, qui a entamé des négociations pour vendre du brut… justement aux États-Unis.

Du côté américain, l’administration a confirmé le coup. Le président a assuré que les responsables vénézuéliens par intérim allaient remettre aux États-Unis entre 30 et 50 millions de barils de pétrole. Pour se faire une idée, c’est l’équivalent d’un à deux mois de production du pays. Pas une petite somme, donc. Mercredi, son gouvernement a enfoncé le clou en parlant d’un « accord historique avec Caracas, qui ne s’arrêtera pas aux millions de barils qu’il a évoqués ».

Le ton est donné : on passe des armes au commerce, presque sans transition. Donald Trump est ensuite monté au créneau sur son réseau social préféré pour ajouter une condition. Il a affirmé, en majuscules comme il sait si bien le faire, que « la part que recevra le Venezuela servira UNIQUEMENT à acheter des produits américains, notamment des produits agricoles et des médicaments ». Une façon de garder la main, de contrôler les flux.

La réponse de Delcy Rodriguez, lors de son discours du mercredi soir, a été plus ouverte, peut-être plus diplomatique. « Nos mains sont tendues vers tous les pays du monde, pour des relations, pour une coopération économique, commerciale et énergétique », a-t-elle déclaré. Une main tendue, après tout ce qui s’est passé… le contraste est saisissant.

Conclusion : Sanctions, pétrole et l’ombre d’un conflit qui se transforme

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Pour comprendre cette soudaine ouverture commerciale, il faut revenir en arrière. Donald Trump avait imposé des sanctions très dures sur le pétrole vénézuélien pendant son premier mandat, créant ce qu’on appelle un embargo de fait. Un embargo que certains acheteurs arrivaient quand même à contourner, paraît-il, en utilisant des « flottes fantômes » – un terme qui fait rêver, mais qui décrit une réalité bien opaque.

Aujourd’hui, la position américaine semble évoluer avec pragmatisme. Washington se dit prêt à lever ces sanctions, mais de manière « sélective », dans le but avoué de pouvoir commercialiser le pétrole vénézuélien sur le marché traditionnel. En clair, reprendre le contrôle d’une ressource précieuse dans des circuits officiels.

Alors voilà où nous en sommes. Une opération militaire secrète qui a fait, au minimum, des dizaines de morts et blessé un président déchu. Un deuil national décrété. Et, dans le même temps, des négociations pétrolières qui s’ouvrent comme si de rien n’était, sur fond de levée possible de sanctions. C’est un mélange déroutant de violence, de tragédie humaine et de *realpolitik* économique. On est loin d’une simple nouvelle en bref. Cette histoire, centrée sur le pétrole vénézuélien comme l’indique un article à lire en complément, est le cœur battant d’une crise bien plus complexe qu’il n’y paraît. Et malheureusement, pour les familles des 100 victimes évoquées par Caracas, les comptes et les négociations sont une bien pauvre consolation.

Selon la source : ici.radio-canada.ca

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