Un pas décisif vers une paix durable en Ukraine : la Coalition valide des garanties de sécurité robustes
Simon Kabbaj - 2026-01-07 10:11
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Un accord historique à Paris pour la sécurité ukrainienne
Un moment assez historique, si vous voulez mon avis. Mardi, le 6 janvier 2026 pour être précis, dans la grande salle de l’Élysée à Paris, quelque chose de concret s’est passé. Les 35 pays de ce qu’on appelle la « Coalition des volontaires » ont validé la fameuse « déclaration de Paris ». C’est un document qui décrit, avec des mots forts, des garanties de sécurité robustes pour une paix solide et durable en Ukraine. Emmanuel Macron, le président français, en personne a annoncé la nouvelle, et il a parlé d’une « convergence opérationnelle » entre les membres. Vous sentez l’importance ? C’est la première fois qu’une telle unité se concrétise sur le papier depuis le début de cette terrible guerre.
La coalition, faut-il le rappeler, c’est un groupe un peu particulier. Il rassemble la quasi-totalité des pays européens, le Canada, l’OTAN et l’Union européenne. Et pour montrer que c’est sérieux, les deux émissaires spéciaux de l’ancien président américain Donald Trump sur ce dossier, Steve Witkoff et Jared Kushner, étaient présents. C’est dire que les États-Unis, même s’ils ne sont pas formellement dans la coalition, ont un œil très attentif. Le but de tout ça ? Une seule chose : empêcher que l’Ukraine ne se retrouve à la merci de la Russie une fois les armes tombées.
L’accord principal, c’est la signature d’une déclaration d’intention conjointe pour déployer une force multinationale après un éventuel cessez-le-feu. Une force qui sera menée par les Européens, mais soutenue par les Américains. M. Macron l’a présentée comme une « force de réassurance » pour le fameux « jour d’après ». Alors oui, c’est un acte de diplomatie, mais c’est aussi un acte politique de grande portée, qui veut dire à la Russie qu’on ne lâchera pas Kiev. Après près de quatre ans de conflit qui a débuté en février 2022, c’est un signal fort, et Volodymyr Zelensky l’a bien compris.
Les détails de l’accord et la fermeté des alliés

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Alors, que contient vraiment cette déclaration ? Des choses très concrètes, enfin, aussi concrètes qu’on peut l’être en diplomatie. Elle intègre des mécanismes de surveillance du cessez-le-feu, et ce sera sous leadership américain, a précisé M. Macron. Ce n’est pas rien. Il y a aussi des dispositifs de solidarité et d’intervention, pour le cas, hypothétique mais qu’il faut prévoir, où la Russie reprendrait les hostilités. Après, à quel niveau exactement les Américains s’impliqueraient dans ce scénario catastrophe ? Ça, on ne le sait pas encore. Mais l’essentiel est là : c’est un filet de sécurité.
Du côté ukrainien, le soulagement est palpable. Volodymyr Zelensky a été très clair lors de sa conférence de presse. Il a salué l’élaboration de documents substantiels, pas juste des paroles. Il a insisté : aujourd’hui, on a déterminé quels pays sont prêts à prendre la tête des garanties de sécurité sur terre, dans les airs, en mer, et même pour la reconstruction. C’est du concret, enfin ! Il a aussi parlé de la future force et de la taille de l’armée ukrainienne, qui devra être soutenue et financée par les alliés. Et ce n’est pas tout : il a fait état de progrès significatifs avec les négociateurs américains Witkoff et Kushner, notamment sur des garanties de sécurité bilatérales et des mécanismes pour surveiller d’éventuelles violations de la paix. Il a tout de même ajouté, avec son réalisme habituel, que c’était un grand pas mais que ce n’était « pas suffisant, pas encore ». Il veut des obligations juridiques pour sceller tout ça.
Mark Carney, notre premier ministre canadien, était aussi présent à Paris. Lui s’est montré optimiste, affirmant que les négociations sur la paix et ces garanties de sécurité étaient « à 90 % de l’objectif », selon l’avis même de M. Zelensky. Mais il a tempéré les attentes sur un point : l’envoi de troupes canadiennes sur le terrain n’est « qu’une possibilité à ce moment ». Ce n’est pas un engagement ferme. Le Canada promet son soutien, certes, et s’engage à protéger l’Ukraine contre de nouvelles invasions, mais la forme exacte de son aide militaire post-conflit reste à définir.
Le ton était différent, par contre, chez certains de nos alliés. Prenez l’Italie. Giorgia Meloni, sa première ministre, a été catégorique. Elle a informé tout le monde que l’envoi de troupes italiennes au sol en Ukraine était exclu. Point final. Elle soutient Kiev, elle est pour les garanties, mais pas de soldats italiens pour défendre un accord de paix. L’Allemagne, avec le chancelier Friedrich Merz, a aussi fait preuve de prudence. Il a déclaré qu’il faudrait « sûrement faire des compromis pour atteindre la paix », ce qui est un euphémisme, et a précisé que les troupes allemandes ne pourraient participer à la force multinationale que dans un pays membre de l’OTAN voisin de l’Ukraine. Donc pas en Ukraine même. Chacun avance à son rythme, c’est le moins qu’on puisse dire.
Les ombres portées de Trump, du Groenland et du Venezuela
Derrière les beaux discours, il y a les réalités géopolitiques, et elles sont… compliquées. Donald Tusk, le premier ministre polonais, a rappelé avant de partir pour Paris que cette déclaration d’intention était « évidemment suspendue à la fin des hostilités ». En clair, tant qu’il n’y a pas d’accord de paix ou de cessez-le-feu, ce n’est que du papier. Il a aussi pointé du doigt le principal obstacle : « cela requiert de toute évidence de la bonne volonté du côté de l’agresseur russe également ». Ça, c’est le cœur du problème.
Et puis il y a l’éléphant dans la pièce : les actions de l’allié américain. Donald Trump a envoyé ses émissaires à Paris, c’est bien. Mais en même temps, son administration mène une opération au Venezuela et il a fait des déclarations fracassantes sur le Groenland, ce territoire autonome danois qu’il voudrait bien mettre la main dessus. Tusk l’a dit : ça sera « sans aucun doute un sujet » en marge des discussions. Les Européens, pour ne pas froisser Washington au moment crucial des négociations sur l’Ukraine, ont choisi de ne pas condamner fermement l’intervention au Venezuela. Mais ils ont quand même publié, le même jour, une déclaration commune de soutien au Groenland et au Danemark. Un sacré numéro d’équilibriste.
En fait, les États-Unis ne font pas partie de la Coalition des volontaires, créée en mars par la France et le Royaume-Uni. Mais leur soutien, comme l’a noté un conseiller de l’Élysée, reste crucial pour convaincre les autres alliés de s’engager. C’est un jeu subtil et tendu. Pour couronner le tout, les ministres des Affaires étrangères du G7 devaient tenir une réunion téléphonique le soir même, à 20 h heure d’Europe centrale, soit 14 h HNE. La machine diplomatique tourne à plein régime.
Et puis il y a le secret militaire. On ne saura pas tout, et c’est normal. Un conseiller de Macron a prévenu : les dirigeants ont acté les contributions des pays, mais ils ne dévoileront que « ce que le secret militaire permet de dire ». Donc, inutile d’espérer connaître les effectifs précis de cette future force ou les contributions détaillées de la France et du Royaume-Uni. Le président français pourrait en dire un peu plus jeudi, lorsqu’il recevra la classe politique française pour un point d’étape.
Les négociations avec la Russie dans l’impasse et la menace persistante

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Pendant que l’Occident se structure, de l’autre côté, le front diplomatique est bloqué. Une rencontre entre Zelensky et Trump fin décembre, des appels entre Trump et Poutine… rien n’a fait avancer le principal nœud : les concessions territoriales exigées par Moscou. Et le Kremlin, ces derniers jours, a fait savoir qu’il voulait durcir sa position. La raison ? Il accuse Kiev d’avoir voulu viser avec des drones une résidence de Vladimir Poutine, ce que l’Ukraine dément catégoriquement.
Poutine, lui, répète son mantra depuis des semaines : la Russie atteindra ses objectifs en Ukraine « par la voie des négociations ou par celle des armes ». Et les armes, elles parlent encore. Lundi, des frappes russes ont touché une clinique à Kiev, tuant deux personnes. C’est un rappel brutal et tragique que la guerre est loin d’être finie, malgré les avancées diplomatiques à Paris.
Finalement, la réunion de la Coalition des volontaires a montré une belle unité de façade sur les principes, mais des divergences persistent sur la manière de faire la paix. Une « convergence des opinions » semble moins complète dès qu’on aborde les négociations de paix menées parallèlement par les États-Unis avec l’Ukraine et la Russie. C’est un peu comme si on préparait activement l’après-guerre, sans être sûr que la guerre veuille bien s’arrêter. C’est tout le paradoxe de cette journée du 6 janvier 2026. On a posé les jalons d’une sécurité future pour l’Ukraine, mais le chemin vers la paix elle-même reste semé d’embûches et dépend toujours, en dernier ressort, de la volonté du Kremlin. La route sera encore longue.
Selon la source : ici.radio-canada.ca
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