L’amélioration de la sécurité de l’A-20 dans le Bas-Saint-Laurent reste au point mort

L’amélioration de la sécurité de l’A-20 dans le Bas-Saint-Laurent reste au point mort credit : lemorning.ca (image IA)

Une autoroute mortelle et un gouvernement silencieux

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Imaginez un tronçon d’autoroute où, depuis son inauguration en 2004, une vingtaine de personnes ont perdu la vie. C’est le triste bilan de l’Autoroute 20 entre Mont-Joli et Rimouski, un passage qui est loin d’être une priorité pour le gouvernement actuel, du moins selon Maïté Blanchette Vézina, l’ex-ministre et maintenant députée indépendante de la région.

Elle ne mâche pas ses mots, vous savez. Elle dénonce carrément le manque de priorité accordé à la sécurité des Bas-Laurentiens. C’est un peu comme si leurs vies ne comptaient pas assez pour que Québec se décide enfin à agir.

Et pourtant, le rapport est là, noir sur blanc. En juin 2024, la coroner Monique Tremblay a recommandé, dans la foulée d’un accident frontal qui a tué une jeune maman de 28 ans, l’élargissement à quatre voies de ce tronçon. Un appel clair qui, pour l’instant, semble rester lettre morte.

Les chiffres donnent froid dans le dos : entre 2004 et 2022, ce bout de route a connu 1203 incidents. Parmi eux, 13 accidents avec blessés graves et 22 accidents mortels. C’est quand même un constat accablant, vous ne trouvez pas ?

Le silence du ministre et les alertes des élus

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Maïté Blanchette Vézina, qui a pourtant défendu ce dossier de l’intérieur quand elle était au conseil des ministres, ne s’étonne même plus de l’inaction. Elle a confié à Radio-Canada que le nouveau ministre des Transports, Jonatan Julien, ne « se mouille » pas sur un échéancier pour les travaux. Et quand les journalistes l’ont contacté, son cabinet a simplement répondu, sans détour : « Nous ne commenterons pas, bonne journée. » Un silence radio assez éloquent, vous en conviendrez.

Elle, de son côté, se bat encore : « J’ai essayé de l’intérieur, j’essaie de l’extérieur aujourd’hui de faire avancer ce projet avec un échéancier clair afin que les citoyens puissent savoir quand ça sera fait », a-t-elle déclaré. Le ministère plancherait bien sur un projet d’ajout de voies de dépassement, mais selon les informations communiquées aux élus locaux, ce projet ne serait pas réalisé avant 2030. Un horizon bien lointain.

Et ce n’est pas une mince affaire. La députée rappelle qu’il faut compter de cinq à sept ans pour la planification, la conception et la construction de ces deux voies supplémentaires. Elle somme donc le gouvernement de fixer un échéancier maintenant, dès aujourd’hui. « Chaque décès mérite qu’on mette des investissements », martèle-t-elle. Difficile de lui donner tort.

Témoignages de citoyens : de la frustration à la peur au quotidien

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La parole n’est pas qu’aux politiciens. David-Alexandre Marier, un jeune homme de Pointe-au-Père, est devenu une voix sur les réseaux sociaux pour dénoncer l’insécurité du secteur. Il a même inventé un mot : pour lui, cet endroit n’est pas juste « accidentogène », il est « frustatogène ». Il raconte qu’un simple dépassement, même en respectant la limite des 100 km/h, devient une manœuvre risquée sur cette route.

Lui, il connaît bien le coin. Il était gamin quand l’autoroute est arrivée à Mont-Joli, un symbole de progrès à l’époque. Mais aujourd’hui, il voit les choses autrement : « Ce n’était pas un réel progrès parce qu’on a amené des nouveaux problèmes qui n’existaient pas, de nouveaux enjeux de sécurité ». Ses mots sont lourds de sens, surtout quand on sait qu’il a frôlé la mort.

Lors d’une soirée de grésil, son véhicule a traversé la voie inverse. Par miracle, il s’en est sorti indemne. Mais l’expérience l’a profondément marqué, au point qu’il a maintenant peur pour sa conjointe, qui utilise cette route tous les jours pour aller travailler. Il souhaiterait que la sécurisation de l’A-20 devienne une priorité nationale, pour que les touristes qui se rendent en Gaspésie puissent aussi rouler l’esprit tranquille.

L’urgence amplifiée par l’ouverture de Costco

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Un autre acteur entre en jeu pour compliquer l’équation : Costco. Le député péquiste de Matane–Matapédia, Pascal Bérubé, lance d’ailleurs : « Je pense qu’il faut rajouter Costco à l’équation ». Il anticipe une hausse significative du trafic sur ce tronçon déjà saturé et dangereux, avec l’arrivée du grand détaillant à Rimouski.

Il met le gouvernement au défi, et c’est un vrai défi public. Il affirme qu’il ne reste plus à Québec qu’à « fixer un horizon, un échéancier, des sommes disponibles, pour vrai », en proposant même de lancer les travaux dès l’été 2026. Une pression politique qui s’appuie sur une pétition qu’il a lui-même parrainée.

En effet, un peu plus de 10 000 personnes ont signé en 2024 pour demander l’élargissement à quatre voies. Un soutien populaire indéniable. Pendant ce temps, le ministère des Transports ne peut même pas encore fournir les données sur le débit depuis l’ouverture de Costco. On navigue un peu à l’aveugle, alors que la Sûreté du Québec a déjà identifié ce tronçon comme « accidentogène ».

Conclusion : Une attente qui devient insoutenable

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Alors, où en est-on ? Le constat est amer. D’un côté, une route qui tue, des citoyens qui ont peur, des élus qui s’agitent et une pétition qui circule. De l’autre, un ministère qui planche sur un dossier qui n’aboutira pas avant 2030 et un ministre qui ne souhaite même pas en parler. C’est un peu le dialogue de sourds, non ?

La recommandation de la coroner Monique Tremblay, les 22 vies perdues depuis 2004, les 1203 incidents, tout cela semble se heurter à un mur d’indifférence ou, à tout le moins, de lenteur bureaucratique. Les habitants du Bas-Saint-Laurent, comme David-Alexandre Marier, attendent que leur sécurité soit enfin traitée avec le sérieux qu’elle mérite.

Entre les promesses, les études et les silences, les années passent. Et pendant ce temps, les gens continuent de rouler sur ce tronçon, en espérant simplement rentrer chez eux sains et saufs. Il est peut-être temps que Québec écoute enfin les cris d’alarme qui montent de la région.

Selon la source : ici.radio-canada.ca

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