Le premier tronçon du train à haute vitesse reliera Montréal à Ottawa

Le premier tronçon du train à haute vitesse reliera Montréal à Ottawa credit : lemorning.ca (image IA)

Une annonce officielle imminente

Ce matin même, une annonce majeure concernant le fameux projet de train à grande vitesse au Canada devrait être faite. Enfin, c’est ce que rapportent nos confrères de Radio-Canada, vous savez. Le ministre fédéral des Transports, Steven MacKinnon, et le PDG d’Alto, Martin Imbleau, vont devoiler que la toute première section à être construite ne reliera pas Québec à Toronto d’un coup, mais bien Montréal à Ottawa. Vous l’attendiez, ce projet pharaonique ? Eh bien, il démarre par le milieu, si on peut dire.

Et figurez-vous que Laval, la grande banlieue nord de Montréal, est déjà dans les cartons pour un arrêt dans cette première phase. C’est une petite certitude dans un dossier encore plein de zones d’ombre. Pour le reste du tracé exact entre les deux métropoles, ça reste à déterminer. Les autorités veulent d’abord écouter la population, tenir des consultations publiques qui doivent démarrer dès le mois de janvier prochain. On ne construit pas une ligne de cette envergure sans en parler aux gens, c’est normal.

Le plan de construction : une première phase stratégique

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Alors, pourquoi commencer par là ? Les raisons sont assez terre à terre, si vous me passez l’expression. Une source proche du dossier, qui a bien sûr requis l’anonymat, l’explique simplement : c’est le segment le plus court et le plus plat. Le trajet entre Montréal et Ottawa fait dans les 200 kilomètres. Des collines, des vallées, des rivières à franchir, il y en a toujours, mais moins que sur les autres tronçons. En clair, c’est l’endroit où c’est le plus facile, le moins coûteux en défis techniques pour poser les premiers rails.

Mais il y a aussi une raison plus symbolique, politique même. Les développeurs du projet tenaient à lancer les travaux par un segment qui soit à cheval sur le Québec et l’Ontario. Comme ça, on pose les bases des deux côtés de la frontière provinciale. « C’est un projet qu’on voit comme unificateur, donc c’était logique d’avoir la métropole du Québec et la capitale fédérale en Ontario pour commencer », a confié cette même source. Une manière de montrer que ce train sert tout le monde.

La première pelletée de terre est prévue pour 2029. C’est dans cinq ans, ça passe vite. Par contre, pour les deux autres segments du grand projet Québec-Toronto – c’est-à-dire Québec-Montréal et Ottawa-Toronto –, il faudra encore patienter. Leur construction débutera plus tard, à une date qui n’est tout simplement pas connue aujourd’hui. Mais attention, les travaux préparatoires, comme les consultations ou les évaluations environnementales, elles, vont commencer bien avant que la première phase ne soit terminée. Et on nous prévient aussi : des expropriations de terrains sont à prévoir. Ça, c’est souvent la partie délicate de ces grands chantiers.

Un projet colossal aux délais et coûts monumentaux

Maintenant, la grande question que tout le monde se pose : quand est-ce qu’on pourra enfin monter dans ce train ? La réponse est… floue. « Ce n’est toujours pas clair », admet-on. Chaque segment de ligne pourrait prendre entre 7 et 8 ans à bâtir. Si on fait le calcul, même en commençant en 2029, il ne faudra pas s’attendre à un service complet avant de nombreuses années. C’est un projet pour nos enfants, et peut-être même nos petits-enfants, c’est le genre de chantier qui dépasse une législature.

L’ampleur du projet se mesure aussi à son coût, qui donne le vertige. On parle d’une facture estimée entre 60 et 90 milliards de dollars. C’est colossal. Ce projet a été lancé officiellement par l’ancien premier ministre Justin Trudeau en février dernier. Aujourd’hui, il figure en bonne place sur la liste des grands projets du gouvernement de Mark Carney. L’objectif affiché est de changer radicalement les déplacements dans le corridor le plus peuplé du pays.

Les gains de temps promis sont spectaculaires. Actuellement, le trajet en train entre Montréal et Toronto prend plus de 5 heures. Le TGV, lui, doit le ramener à 3 heures. Quant au trajet entre Montréal et Québec, il passerait d’environ 3h25 à seulement 1h30. Imaginez, partir de Montréal après le petit déjeuner et être à Québec pour le dîner, sans stress de circulation ou de stationnement. Ça changerait beaucoup de choses pour le tourisme et les affaires.

Les acteurs derrière le projet et les défis à venir

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Qui est aux commandes de cette gigantesque entreprise ? C’est la société d’État Alto qui a été chargée du développement et de la mise en œuvre du projet. Pour la construction, le contrat a été attribué à un consortium impressionnant nommé Cadence. Et dans ce groupe, on trouve des noms très lourds du secteur : CDPQ Infra (les gens derrière le REM à Montréal), AtkinsRéalis (l’ancien géant SNC-Lavalin), Systra Canada (une expertise française), Keolis Canada (aussi lié au groupe français CDP), Air Canada – oui, la compagnie aérienne – et enfin SNCF Voyageurs S.A., l’opérateur historique des trains français. Un vrai rêve d’ingénieur, mais aussi un défi de coordination incroyable.

Ce projet, vous l’aurez compris, est loin d’être une simple ligne sur une carte. C’est un engagement à long terme, avec des choix techniques, politiques et financiers monumentaux. Le fait de commencer par Montréal-Ottawa est un premier pas pragmatique, mais la route vers un TGV Québec-Toronto fonctionnel sera longue et semée d’embûches, des études environnementales aux expropriations. Reste à voir si la volonté politique et l’argent suivront jusqu’au bout. Pour l’instant, l’annonce d’aujourd’hui donne un cap. Le prochain rendez-vous concret avec les citoyens, ce sera en janvier, pour ces consultations publiques qui dessineront le tracé exact de ce premier tronçon.

Selon la source : ici.radio-canada.ca

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