Un chantier essentiel qui patine

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Le remplacement du tablier routier du pont de Québec, ce chantier vital pour la sécurité de 30 000 usagers quotidiens, semble bel et bien s’enliser dans les sables mouvants de l’inaction. Pendant ce temps, le gouvernement caquiste de François Legault semble avoir le regard braqué ailleurs, vers la construction d’un troisième lien. C’est un paradoxe qui interroge, voire inquiète.Le pont, avec son tablier datant des années 50, est pourtant un ouvrage essentiel. Le fédéral a promis un milliard sur 25 ans pour la structure, mais c’est à Québec de payer pour la chaussée. Et là, depuis 2019, plus rien ne bouge. Un spécialiste comme Mario Fafard, professeur retraité en génie civil, s’énerve : le tablier est « fini », dit-il. On ne peut pas attendre indéfiniment.
La priorité caquiste : un nouveau lien pour 2028

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Pendant que le pont historique se dégrade, la Coalition Avenir Québec avance à grands pas sur son projet phare. Elle a dévoilé un plan détaillé pour un troisième lien entre Québec et Lévis, avec un démarrage des travaux espéré pour 2028. L’été dernier, pas moins de 275 millions ont été débloqués pour faire avancer les études.François Legault et son ministre des Transports, Jonatan Julien, sont déterminés. Un tracé précis et une estimation des coûts sont attendus pour 2026. L’énergie politique est palpable, concentrée sur ce nouvel ouvrage. Mais cette focalisation suscite des questions. Est-ce au détriment de l’entretien de l’existant ? La question est sur toutes les lèvres à Québec.
Colère des experts et des oppositions

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« Ça n’a aucun sens ! » tonne Mario Fafard. Pour lui, l’urgence est claire : sécuriser l’infrastructure qu’on a déjà. Il appelle les citoyens et les maires à se mobiliser. « C’est le pont de Québec, la priorité, pas le troisième lien ! » Sa voix rejoint celle de l’opposition officielle à l’Assemblée nationale.Étienne Grandmont, de Québec solidaire, est sur la même ligne. « Leur attention est entièrement dédiée au troisième lien », peste-t-il. Il fustige l’idée de « pelleter de l’argent » dans un projet encore hypothétique alors qu’un ouvrage centenaire a besoin d’être sauvé. Son message est simple : occupons-nous d’abord de ce qui existe.
Un blocage technique entre Québec et Ottawa

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Les choses ne sont pas si simples. L’an dernier, Québec a soumis un projet de remplacement à Ottawa, qui l’a refusé. Le gouvernement Legault proposait un tablier lourd, en béton et acier. Le fédéral, de son côté, aurait préféré des matériaux plus légers, comme l’aluminium, pour préserver la structure patrimoniale.Depuis, le dossier est au point mort. Le ministère des Transports se contente de dire qu’il est « trop tôt » pour s’avancer sur un échéancier. Les discussions se poursuivent, mais dans le plus grand secret. Personne ne sait vraiment où elles en sont. Un vrai dialogue de sourds, ou un bras de fer politique ? C’est difficile à dire.
Une urgence connue depuis une décennie

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Le problème, en réalité, n’est pas nouveau. C’est en 2014, sous le gouvernement Marois, qu’une première inspection a sonné l’alarme : le tablier était en fin de vie. Sous Philippe Couillard, des travaux d’urgence ont été menés pour colmater les brèches, pour un total de 28 millions.Mais depuis l’arrivée de la CAQ au pouvoir en 2018, les investissements majeurs ont quasiment cessé. Seulement 6 millions pour des réparations mineures. On a l’impression de gérer au jour le jour, en attendant que le gros œuvre soit enfin décidé. Une attente qui s’éternise, année après année.
Conclusion : Des réparations mineures face à un enjeu majeur

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Face à cette impasse, le ministère a procédé à une nouvelle inspection en 2025. Le verdict ? Aucun défaut majeur, juste des réparations mineures à prévoir pour l’année à venir. Une conclusion qui rassure à court terme, mais qui ne résout pas le fond du problème. Le cabinet du ministre Julien, lui, n’a pas souhaité s’exprimer.Alors, la CAQ priorise-t-elle le troisième lien au détriment du pont de Québec ? Les faits sont têtus : l’argent et l’attention politique affluent vers le nouveau projet, tandis que l’ancien, pourtant crucial, attend son tour depuis trop longtemps. Pour les usagers et les experts, le vrai lien à sauver en premier, c’est peut-être bien celui qui existe déjà.
Selon la source : ici.radio-canada.ca
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