Après Pablo Rodriguez, quel avenir pour le Parti libéral du Québec ?
Adam David - 2025-12-18 10:25
credit : lemorning.ca (image IA)
Une démission et une bulle d’illusions

credit : lemorning.ca (image IA)
Pablo Rodriguez a perdu le contrôle, c’est le moins qu’on puisse dire. D’abord de sa propre course à la direction, puis de la crise qui a suivi, et finalement de son parti. Maintenant qu’il part, le voilà qui tente de contrôler au moins le moment de l’annonce… même si tout a déjà fuité la veille. La vraie question, celle qui brûle les lèvres, c’est : est-ce que le Parti libéral du Québec peut reprendre le contrôle de sa destinée avec un nouveau chef ?
Si certains libéraux répondent « oui » à ça, regardez bien autour d’eux. Vous verrez peut-être une petite sphère transparente, subtile mais parfaitement ronde. Une bulle. Dans cette bulle, tout semble possible, même les scénarios les plus improbables. Comme un sauveur qui débarquerait à la Mark Carney, connaîtrait une ascension fulgurante et remporterait des élections générales un mois et demi plus tard. On en rêve, c’est sûr. Mais la réalité politique québécoise, elle, est bien différente.
Le mirage du sauveur et un héritage empoisonné

credit : lemorning.ca (image IA)
Comparer la situation du PLQ à celle du Parti libéral du Canada au moment de l’arrivée de Mark Carney, c’est comparer des pommes et des oranges, je trouve. Il faut crever cette bulle tout de suite. Carney a repris un parti usé par dix années de pouvoir, où le nom de Justin Trudeau donnait carrément de l’urticaire à une partie de l’électorat. Le problème, c’était surtout une immense fatigue, une lassitude.
Le PLQ, lui, souffre de quelque chose de plus profond, de plus inquiétant. Beaucoup d’électeurs ont l’impression que le parti est gangrené. L’argent en échange de votes, les prête-noms, les enquêtes de l’Unité permanente anticorruption (UPAC) qui planent… Tout ça, ce fardeau, il risque de survivre au départ de Pablo Rodriguez. Même si les scandales sont liés à sa course à la direction, l’odeur va rester.
Et puis, soyons honnêtes. Dans le tumulte de décembre, entre la chasse aux cadeaux, la gastro des enfants et la gadoue, beaucoup de gens n’ont pas suivi tous les rebondissements, qui étaient franchement complexes. Ceux qui ont perdu le fil risquent de retenir une seule chose : le Parti libéral du Québec est encore et toujours empêtré dans les magouilles. Peu importe qui sera le prochain chef.
La prochaine course : candidats, règles et défis immenses
Alors, que va-t-il se passer maintenant ? Beaucoup de militants le disent : ils veulent une nouvelle course, et vite. Mais le risque, c’est de revoir les mêmes têtes et que l’exercice paraisse totalement vain. Charles Milliard, qui était arrivé deuxième derrière Rodriguez, réfléchit à se représenter. Plusieurs aimeraient le revoir débattre avec Karl Blackburn, troisième de la dernière course, qui a lui manifesté plus clairement son intention de revenir. Marwah Rizqy, elle, a fermé la porte à double tour, mettant fin aux rumeurs.
Beaucoup au sein du parti pensent qu’il faut absolument éviter un couronnement. Il faut un vote, une légitimité pour le nouveau chef. Un militant est même allé jusqu’à s’offrir comme « chaise », comme candidat de complément, juste pour qu’il y ait au moins deux noms sur le bulletin. Parce qu’un candidat unique, ce serait un désastre pour l’image.
Et le défi qui attend le futur chef est colossal, c’est le moins qu’on puisse dire. Il ou elle devra défendre l’intégrité du parti pendant les dix prochains mois. Défendre la probité des élus, de leur entourage. Et peut-être même défendre Pablo Rodriguez lui-même si de nouvelles révélations éclaboussent encore le parti. Une mission quasi impossible, si vous voulez mon avis.
L’ancien président de la commission politique, André Pratte, a lancé un avertissement qui semble pourtant d’une évidence criante. Il a déclaré en entrevue à RDI : « Il faut absolument que le parti envoie un signal plus clair que jamais. On l’a déjà fait à de nombreuses reprises, mais il faut le faire encore. Dire clairement à tout le monde, y compris aux simples militants, que s’ils veulent aider, ce n’est pas en passant autour de la loi électorale. » Un rappel à l’ordre nécessaire.
Car les exemples de ce qu’il ne faut plus faire sont là. L’homme d’affaires Emmanuel Cabral, qui aurait versé 500 $ à des employés pour rembourser leur don politique. Ceux qui donnaient des « brownies » (des billets de 100$) en échange de votes, même si c’était légal à l’époque. Ou encore l’idée de louer le local d’un membre de sa famille pour la campagne. Si les gens concernés ne voient pas le problème, c’est qu’ils sont dans une bulle, eux aussi. Le parti devra mieux encadrer les candidats, les protéger d’eux-mêmes. On peut espérer qu’ils aient appris des déboires de Rodriguez, mais faut-il vraiment tenir ça pour acquis ?
Une confiance à reconstruire, à l’intérieur et à l’extérieur de la bulle
Est-ce que ça veut dire qu’il faut tout brûler et repartir de zéro ? Pas nécessairement, non. Il faut reconnaître que le bureau de direction a donné un sacré coup ces dernières années. Il y a eu du travail en coulisses pour revoir la plateforme, rebâtir l’organisation, reconstruire les associations locales. Du vrai boulot de réforme, avant même l’arrivée de Pablo Rodriguez.
Le hic, c’est que tout ce travail, le grand public ne le voit pas. Ça reste confiné à l’intérieur de la bulle libérale. Et rebâtir la confiance des Québécois, ça, c’est une toute autre histoire. L’image du parti est entachée, et ce, peu importe les conclusions des enquêtes de l’UPAC, de la commissaire à l’éthique ou du Directeur général des élections. Peut-être qu’il n’y aura même pas d’accusations au final. Mais le mal est fait.
Une chose est certaine : la prochaine course à la direction sera scrutée à la loupe par les journalistes. Chaque pas, chaque don, chaque rencontre sera passé au crible. Et les adversaires politiques ne manqueront pas une occasion de semer le doute sur l’honnêteté du nouveau chef. Les électeurs, eux, le regarderont avec suspicion, c’est inévitable. Parce que c’est comme ça que ça marche, dans la bulle politique. Tout le monde est soupçonneux, tout le monde guette la moindre faille.
Alors, et quoi, après ? Après Pablo Rodriguez, le chemin est étroit, semé d’embûches et de regards méfiants. Le parti devra réussir l’exploit de se réformer en pleine lumière, avec un nouveau visage qui devra être plus blanc que blanc. Une mission périlleuse, pour ne pas dire quasi héroïque. Et la première étape sera de faire éclater cette bulle d’illusions dans laquelle certains semblent encore se complaire.
Selon la source : ici.radio-canada.ca
Ce contenu a été créé avec l’aide de l’IA.