La CAQ face à un effondrement annoncé, malgré Christine Fréchette
Adam David - 2026-03-05 12:54
credit : Side-by-side fusion: "François Legault (portraitcrop 2).jpg" by LouisRoyQc licensed under CC BY-SA 4.0 via Wikimedia Commons + "Christine Fréchette (cropped).jpg" by TVA Nouvelles licensed under CC0 via Wikimedia Commons
Un château de sable sur le point d’être balayé
Une analyse politique suggère que la Coalition Avenir Québec (CAQ) serait dans une position critique, voire irrémédiable. Selon cette perspective, le parti serait destiné à être « balayé, liquéfié comme un château de sable sur lequel déferle une puissante vague ». Le sentiment d’un déclin inéluctable pèse lourdement sur l’avenir de la formation politique.
Dans ce contexte, la candidature de Christine Fréchette à la direction du parti est perçue non comme une solution, mais comme une figure « gonflée par l’hélium médiatique » qui ne pourra rien changer à la trajectoire actuelle. L’auteur de cette analyse, tout en admettant la possibilité de se tromper, maintient une conviction forte : pour la CAQ, le sort en serait déjà jeté.
L’hémorragie des départs et la relève sacrifiée
La liste des départs au sein du parti est qualifiée d' »hallucinante ». Si les raisons invoquées pour quitter la vie politique peuvent être multiples, l’analyse avance une hypothèse : si ces élus avaient cru en leurs chances de réélection, ils auraient probablement trouvé le moyen de convaincre leur famille de patienter encore un peu. Ce mouvement de départs massifs est interprété comme un signe de défaite anticipée.
La conséquence directe de cette vague de retraits est que la CAQ pourrait se présenter aux prochaines élections avec un « alignement de frappeurs composé de parfaits inconnus ». Il s’agirait essentiellement de jeunes attachés politiques ou de militants dévoués, prêts à se sacrifier pour la cause. Dans le jargon politique, ces candidatures sans espoir de victoire sont qualifiées de « poteaux » : des personnes qui acceptent de figurer sur un bulletin de vote pour rendre service au parti, sachant pertinemment qu’elles n’ont aucune chance de l’emporter.
Ainsi, les futurs candidats caquistes s’apprêteraient à vivre une expérience bien connue d’autres formations politiques. Leur situation serait comparable à celle des candidats du Parti Québécois dans la circonscription de Westmount ou à celle des candidats du Parti Libéral dans Terrebonne, des bastions imprenables pour leurs adversaires respectifs.
Une coalition fragile privée de son « mortier »
La survie des partis politiques traditionnels repose sur des fondations solides. Le Parti Québécois, par exemple, survit aux cycles électoraux car il s’appuie sur un idéal qui le transcende. De son côté, le Parti Libéral du Québec (PLQ) bénéficie d’un socle électoral stable, avec une base garantie d’environ 25 circonscriptions grâce au vote des allophones et des anglophones, ce qui lui permet de survivre même après une défaite électorale cuisante.
La CAQ, en revanche, ne disposerait d’aucun de ces atouts. L’analyse la décrit comme une « construction bancale » dont la cohésion ne tenait qu’à un seul élément : un « mortier qui s’appelait François Legault ». Sans son chef fondateur, la fragilité de l’édifice apparaît désormais au grand jour, exposant les failles de sa structure interne.
Le duel pour sa succession entre Christine Fréchette et Bernard Drainville illustre cette absence de cohérence fondamentale. Cette course, qualifiée de confrontation entre « rouge c. bleu » ou entre une vision « économique c. identitaire », révèle que les forces restantes au sein du parti manquent d’un projet commun unificateur.
L’énigme Christine Fréchette : un effet qui se fait attendre
Malgré une victoire qui semble assurée dans la course à la direction, Christine Fréchette ne parviendrait pas à inverser la tendance. Depuis l’annonce du départ de François Legault le 14 janvier, aucun « effet Fréchette » n’a été observé dans l’opinion publique, et ce, en dépit d’une couverture médiatique qualifiée de « massive et parfois complaisante ». Les chiffres des sondages sont éloquents : la moyenne des dernières enquêtes place la CAQ à seulement 15 % des intentions de vote, avec une possibilité réelle de ne remporter aucun siège.
Le parti est même désormais devancé par le Parti conservateur du Québec. Le résultat de l’élection partielle dans Chicoutimi, jadis un château fort caquiste, est un autre signal d’alarme : la CAQ n’y a récolté que 12 % des voix, alors même que Christine Fréchette était omniprésente dans les médias. L’analyse questionne aussi l’étiquette de « super ministre de l’Économie », reprise de manière réflexive, en demandant ce qui la justifie dans son parcours, par ailleurs jugé « parfaitement honorable ».
Son avance sur Bernard Drainville pourrait s’expliquer par plusieurs facteurs. Il est possible que ce dernier soit perçu comme trop « abrasif », trop associé à la question identitaire par l’aile affairiste du parti, ou simplement que l’image plus lisse de Christine Fréchette joue en sa faveur.
Le bilan d’un « étrange détour » politique
La future cheffe ne pourra pas bénéficier d’un « effet Carney », car elle héritera de toutes « les casseroles d’un gouvernement que la population n’écoute plus ». Elle sera indissociable du bilan d’une administration en fin de cycle, ce qui limitera sa capacité à incarner un véritable renouveau.
Selon cette analyse, l’aventure de la CAQ restera dans la mémoire collective comme un « étrange détour par un sentier sinueux qui ne menait nulle part ». L’arrivée au pouvoir du parti répondait à un désir des électeurs d’essayer « autre chose ». Le verdict de l’auteur est sans appel : l’expérience a été menée à son terme. « Voilà, c’est fait. Merci, bonsoir. »
Selon la source : journaldemontreal.com