Détroit d’Ormuz : pourquoi Washington menace l’Iran d’une riposte militaire sans précédent

Détroit d’Ormuz : pourquoi Washington menace l’Iran d’une riposte militaire sans précédent credit : lemorning.ca (image IA)

Washington lance un ultimatum à Téhéran

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La tension est montée d’un cran ce mardi. Washington a directement menacé l’Iran, le suspectant de vouloir miner le détroit d’Ormuz, un point de passage maritime absolument vital pour le commerce mondial du pétrole. La menace est directe et sans équivoque : le président américain a prévenu que toute tentative iranienne de déposer des mines dans ce corridor entraînerait des « conséquences militaires (…) sans précédent ».

Cette déclaration forte n’est pas restée lettre morte. Peu de temps après cet avertissement, l’armée américaine a joint le geste à la parole. Elle a communiqué avoir détruit un total de 16 bateaux poseurs de mines appartenant à l’Iran, localisés « près du détroit ». Ces actions illustrent la gravité avec laquelle les États-Unis considèrent la situation dans cette zone de facto sous contrôle iranien.

Un enjeu économique planétaire

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Pourquoi ce détroit cristallise-t-il autant de tensions ? En temps de paix, cet étroit passage voit transiter un cinquième de toute la production mondiale de pétrole et de gaz naturel liquéfié. Son blocage, même partiel, aurait des répercussions immédiates sur l’économie globale. Pour le gouvernement américain, la pression est double : il s’agit de rouvrir au plus vite cette artère à la circulation maritime pour tenter de calmer la flambée des prix du pétrole, mais aussi pour apaiser son opinion publique, particulièrement sensible au coût de l’essence à la pompe.

Du côté de Téhéran, le contrôle de ce passage est perçu comme un levier d’influence majeur. Les Gardiens de la révolution, l’armée idéologique de la République islamique, n’ont pas manqué de le souligner, saluant le fait que « le contrôle du détroit d’Ormuz a permis à l’Iran de peser sur les relations économiques internationales ». La menace qui pèse sur les hydrocarbures a été rendue très concrète par la fermeture de la raffinerie de Ruwais aux Émirats arabes unis, l’une des plus vastes au monde, suite à une attaque de drones. Après avoir frôlé les 120 dollars le baril lundi, les cours ont chuté mardi avant de se stabiliser autour de 88 dollars.

Sur le terrain, la guerre s’intensifie

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Engagé dans le conflit aux côtés de Washington depuis le 28 février, Israël a confirmé avoir poursuivi ses frappes dans la nuit de mardi à mercredi. Ses cibles : l’Iran, mais aussi la banlieue sud de Beyrouth, considérée comme un bastion du Hezbollah pro-iranien. Les conséquences humanitaires sont déjà lourdes. Le gouvernement libanais a annoncé mardi avoir enregistré « près de 760 000 déplacés » depuis le début des combats entre le Hezbollah et Israël, le 2 mars.

À Téhéran même, plusieurs séries d’explosions ont secoué la ville mardi soir. Un journaliste de l’AFP habitant dans le nord de la capitale a rapporté que certaines déflagrations étaient assez puissantes pour faire vibrer les vitres de son appartement. Une habitante, interrogée un peu plus tôt par l’agence de presse, tentait de se rassurer en se disant que les bombardements « ne visent pas les immeubles ordinaires », mais plutôt des cibles précises comme « les commissariats, les mosquées, les sites militaires ». Elle a cependant décrit la peur ambiante : « Mais imaginez : un commissariat est touché au bout de votre rue. Toutes vos fenêtres volent en éclats. C’est ce que beaucoup de gens ont vécu ».

Une population entre peur et détermination

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L’atmosphère de fête a disparu. C’est le constat de Mohmmad Kabir Nazari, un Afghan de 48 ans rencontré par l’AFP à la frontière. Après avoir travaillé onze mois en Iran, il témoigne du changement radical depuis le début de la guerre : « je n’ai assisté à aucun rassemblement festif ». Selon lui, l’inquiétude domine toutes les conversations. « Les gens ne faisaient que s’interroger sur quoi faire, où aller », a-t-il ajouté.

Pourtant, le régime iranien affiche sa ferme résolution à poursuivre le combat. Après la mort de son père dans des frappes israélo-américaines au premier jour de la guerre, l’ayatollah Mojtaba Khamenei a été désigné guide suprême dimanche. Cet héritier reste cependant invisible. La télévision d’État a simplement mentionné, sans plus de détails, qu’il avait été « blessé » dans le conflit. Son épouse a également été tuée. Téhéran rejette catégoriquement l’idée d’un cessez-le-feu, défiant les États-Unis et Israël. « Nous pensons que l’agresseur doit être puni », a ainsi déclaré l’influent président du Parlement iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf.

En parallèle, l’armée iranienne continue de lancer des salves de missiles et de drones en direction d’Israël et de pays voisins du Golfe, grands producteurs d’hydrocarbures qui abritent pour certains d’importantes bases américaines. Des explosions ont de nouveau été entendues mardi soir à Manama, la capitale de Bahreïn, selon deux journalistes de l’AFP présents sur place.

Le G7 face au risque d’une « guerre sans fin »

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Face à cette escalade, la communauté internationale s’inquiète. Le chancelier allemand, Friedrich Merz, a mis en garde contre le risque d’une « guerre sans fin ». Il a notamment déploré l’absence d’un « plan » clair de la part de la coalition américano-israélienne pour mettre un terme au conflit.

L’urgence est avant tout économique et énergétique. Le président français Emmanuel Macron a pris l’initiative de convoquer une réunion des chefs d’État et de gouvernement du G7. Cette réunion se tiendra ce mercredi à 15h. L’ordre du jour est précis : évaluer « les conséquences économiques » de la guerre en Iran. Les discussions porteront plus particulièrement sur la « situation énergétique » et sur les « mesures pour les atténuer », alors que le spectre d’une crise pétrolière majeure plane sur le monde.

Selon la source : tvanouvelles.ca