Tarifs Trump à 15 % : L’onde de choc qui fait trembler le Québec inc.

Tarifs Trump à 15 % : L’onde de choc qui fait trembler le Québec inc. credit : lemorning.ca (image IA)

Une nouvelle hausse surprise qui inquiète

L’inquiétude est palpable au sein de la communauté d’affaires québécoise depuis samedi matin. Les sautes d’humeur du président américain Donald Trump ont une nouvelle fois provoqué des secousses économiques majeures. En effet, le locataire de la Maison-Blanche a décidé de revoir à la hausse ses nouveaux tarifs mondiaux, les portant désormais à 15 %. Cette décision soudaine donne des sueurs froides aux entrepreneurs et décideurs situés de notre côté de la frontière, qui craignent les répercussions directes sur les échanges commerciaux.

Cette volatilité décisionnelle complique la tâche des acteurs économiques qui tentent de naviguer dans un climat déjà tendu. Julie White, la Présidente-directrice générale des Manufacturiers & Exportateurs du Québec, n’a pas caché son inquiétude face à cette imprévisibilité chronique. Elle souligne l’impact psychologique et stratégique de ces revirements constants sur le milieu des affaires.

Interrogée sur la situation, Mme White a déclaré : « Tout ça ramène de l’instabilité. C’est sûr qu’à chaque fois que Donald Trump réagit, change d’idée, ou brasse les cartes ça vient avec de l’incertitude et ça, c’est bon pour personne ». Une déclaration qui résume le sentiment général d’une industrie suspendue aux tweets et aux décrets présidentiels américains.

La riposte juridique et la colère présidentielle

Pour comprendre cette escalade, il faut remonter au 20 février dernier. Ce jour-là, la Cour suprême des États-Unis a invalidé les tarifs réciproques que Donald Trump avait initialement imposés le 2 avril 2025. Le président avait pourtant baptisé cette date le « jour de la libération ». À ce moment-là, le Canada avait réussi à être grandement épargné par ces mesures punitives, protégé par l’accord de libre-échange toujours en vigueur entre les deux nations.

Cependant, cette défaite juridique a provoqué la colère du président américain. En réaction, il a choisi de contourner l’obstacle en invoquant une autre législation : la section 122 du Trade Act de 1974. Cette manœuvre lui a permis d’imposer, dans un premier temps, un tarif global mondial de 10 %. Mais samedi matin, jugeant vraisemblablement cette mesure insuffisante, il a décidé d’en rajouter une couche.

Donald Trump a ainsi fait monter ces taxes à 15 % « avec effet immédiat ». Le 47e président des États-Unis a tenu à préciser que l’ensemble de ces nouveaux tarifs s’appliqueraient à « tous les pays du monde ». De plus, il a averti qu’il comptait étudier d’autres avenues pour potentiellement imposer davantage de droits de douane à l’avenir.

L’ACEUM comme bouclier partiel

Malgré cette offensive tarifaire généralisée, certaines protections demeurent actives pour l’économie canadienne. Julie White tient à apporter une nuance importante concernant les produits régis par les ententes continentales. Elle souligne que « Les produits protégés par l’Accord Canada États-Unis Mexique (ACEUM) ne sont pas touchés ». Cette précision offre un mince répit aux secteurs couverts par ce traité trilatéral.

Toutefois, la situation reste critique pour de nombreux pans de l’économie. La présidente-directrice générale des Manufacturiers & Exportateurs du Québec insiste sur le fait que les tarifs sectoriels, eux, sont toujours en place. Ces mesures spécifiques continuent de faire mal aux entreprises québécoises concernées. Mme White rappelle que ces derniers demeurent en vigueur, s’ajoutant au climat d’incertitude global.

L’article de loi invoqué par le président pour justifier cette hausse à 15 % comporte des limites spécifiques. Il permet d’imposer ce taux maximum sur les produits entrant aux États-Unis, notamment « pour corriger un déséquilibre de la balance des paiements internationaux ». Cependant, cette mesure est temporaire et ne peut excéder une durée de 150 jours sans intervention législative.

Le bras de fer politique à Washington

La pérennité de ces tarifs dépendra ultimement du Congrès américain, qui devra approuver toute extension au-delà de la période initiale de 150 jours. Le contexte politique est d’autant plus explosif que les élections de mi-mandat arrivent à grands pas. La popularité des mesures protectionnistes du président est loin de faire l’unanimité au sein de sa propre population.

Selon une étude du Pew Research Center datant d’août 2025, une majorité d’électeurs voit ces décisions d’un mauvais œil : 61 % des Américains désapprouvaient alors les politiques tarifaires de leur président. Ce désaveu de l’opinion publique pourrait peser lourd dans la balance lors des prochaines échéances électorales.

Face à ces contraintes institutionnelles, Donald Trump affiche une désinvolture caractéristique. Il a estimé « ne pas avoir besoin » du Sénat et de la Chambre des représentants pour imposer des tarifs, et ce, quoi qu’en dise la Cour suprême. Cette posture laisse présager de nouveaux affrontements juridiques et politiques à Washington.

La Fédération des chambres de commerce tire la sonnette d’alarme

Au Québec, l’instabilité et l’incertitude imposées par Donald Trump continuent d’ébranler le tissu économique. La Fédération des chambres de commerce du Québec (FCCQ) a vivement réagi à cette nouvelle annonce, confirmant les pires craintes du milieu des affaires. Véronique Proulx, présidente-directrice générale de l’organisation, a commenté la situation sans détour : « C’est exactement ce qu’on redoutait ».

Face à cette menace extérieure, Mme Proulx appelle à une mobilisation interne et propose des solutions concrètes pour soutenir l’économie locale. Elle exhorte les autorités à utiliser les outils à leur disposition pour renforcer la résilience des entreprises québécoises face au protectionnisme américain.

Elle a ainsi formulé une demande claire aux décideurs politiques : « Nos gouvernements doivent agir pour aider nos entreprises avec leurs propres leviers : il faut baisser les impôts des sociétés, favoriser le contenu local dans les contrats publics et renouveler les permis des travailleurs étrangers temporaires ».

Québec appelle à réduire la dépendance américaine

Le gouvernement du Québec n’a pas tardé à réagir par la voix de son ministre du Travail, Jean Boulet. Sa prise de parole a eu lieu dans un contexte politique particulier, lors du rassemblement de Christine Fréchette, candidate à la chefferie de la Coalition Avenir Québec. Le ministre a mis l’accent sur le besoin vital de visibilité pour l’économie de la province.

Jean Boulet a exprimé son désarroi face à la méthode Trump. Il a déclaré : « Nos entreprises, nos travailleurs et travailleuses ont besoin de prévisibilité, de stabilité. Et quand monsieur Trump s’exprime malheureusement, c’est tout à fait le contraire […] Ce que nous devons faire, c’est évidemment de continuer à diversifier nos marchés, à devenir plus compétitifs et à réduire notre dépendance au marché américain ».

Cette déclaration souligne la stratégie à long terme que Québec souhaite adopter : s’affranchir progressivement de l’imprévisibilité du voisin du Sud en ouvrant de nouvelles voies commerciales, tout en renforçant la compétitivité interne des entreprises québécoises.

Selon la source : journaldequebec.com

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