JPMorgan et Trump : la vérité éclate sur la fermeture des comptes après le 6 janvier
Simon Kabbaj - 2026-02-22 11:45
credit : lemorning.ca (image IA)
Une reconnaissance officielle après des mois de silence
C’est une première dans ce long feuilleton judiciaire et financier : JPMorgan Chase, la plus grande banque des États-Unis, a officiellement reconnu avoir procédé à la fermeture des comptes bancaires de l’ancien président Donald Trump et de plusieurs de ses entreprises. Cette décision, lourde de conséquences, a été prise à la suite des événements survenus lors des attaques du 6 janvier 2021 contre le Capitole.
Cette admission marque un tournant décisif dans le bras de fer qui oppose l’homme d’affaires à l’institution bancaire. Donald Trump a en effet déposé une plainte contre la banque et son dirigeant emblématique, Jamie Dimon, réclamant la somme colossale de 5 milliards de dollars US. Il allègue que ces fermetures ont été motivées par des raisons politiques et qu’elles ont considérablement perturbé ses activités commerciales.
L’information, révélée cette semaine, figure dans un document déposé auprès du tribunal. Elle vient confirmer ce qui n’était jusqu’alors qu’une supposition dans ce dossier complexe traitant de la « débancarisation », un phénomène qui suscite de vifs débats outre-Atlantique.
Les détails de la déclaration bancaire
Jusqu’à cette semaine, JPMorgan n’avait jamais admis par écrit avoir clôturé les comptes de l’ancien président spécifiquement après les événements du 6 janvier. La banque s’était contentée, par le passé, d’évoquer les dates et les motifs de ces fermetures de manière purement hypothétique, en s’abritant derrière les lois strictes sur la confidentialité bancaire.
Le voile a été levé par Dan Wilkening, ancien directeur administratif de l’établissement. Dans le document judiciaire, il écrit : «En février 2021, JPMorgan a informé les plaignants que certains comptes détenus auprès de JPMorgan CB et PB seraient fermés». Pour la bonne compréhension du dossier, il est précisé que les sigles « PB » et « CB » désignent respectivement la banque privée (Private Bank) et la banque commerciale (Commercial Bank) de JPMorgan.
Face à cette révélation écrite, la communication de la banque reste verrouillée. Une porte-parole de l’établissement a refusé d’apporter tout commentaire supplémentaire, s’en tenant strictement aux déclarations effectuées dans les documents juridiques officiels.
Bataille juridique entre la Floride et New York
Le conflit se joue également sur le terrain de la compétence territoriale. Donald Trump a initialement porté l’affaire devant un tribunal de l’État de Floride, où il a établi sa résidence principale. Cependant, les documents déposés cette semaine s’inscrivent dans une stratégie de JPMorgan Chase visant à transférer le dossier vers un tribunal fédéral et à déplacer la juridiction compétente à New York.
L’argument de la banque repose sur le fait que les comptes bancaires concernés se trouvaient à New York, ville où Monsieur Trump exerçait, jusqu’à récemment, la majeure partie de ses activités commerciales. Sur le fond, l’ancien président accuse l’établissement de diffamation commerciale ainsi que de violation des lois étatiques et fédérales régissant les pratiques commerciales déloyales et trompeuses.
La plainte initiale révèle également une tentative de résolution amiable infructueuse. Donald Trump soutient avoir tenté d’aborder le problème personnellement avec Jamie Dimon après avoir reçu les notifications de fermeture. Selon la plainte, bien que Monsieur Dimon l’ait assuré qu’il enquêterait sur la situation, il n’aurait finalement donné aucune suite aux demandes de son client.
L’accusation de la « liste noire » et la débancarisation
Au-delà de la simple fermeture de comptes, les avocats de Donald Trump avancent une accusation plus grave : l’existence d’une « liste noire » de réputation. Selon eux, JPMorgan aurait inscrit le président et ses entreprises sur ce registre, utilisé par l’établissement et d’autres banques pour dissuader leurs clients d’ouvrir des comptes à l’avenir. À ce stade, la nature exacte de cette liste n’a pas encore été définie par la défense de l’ancien président.
La réponse de la banque ne s’est pas fait attendre. Dans un document déposé auprès de la Cour, les avocats de JPMorgan ont indiqué : «Si et quand les plaignants expliqueront ce qu’ils entendent par cette « liste noire », JPMorgan répondra en conséquence». La banque maintient que la plainte est sans fondement, tout en exprimant ses regrets que Monsieur Trump ait jugé nécessaire d’engager des poursuites.
Cette affaire met en lumière la question de la rupture de contrat bancaire, ou « débancarisation ». Ce terme désigne la décision d’une banque de fermer les comptes d’un client ou de refuser de lui fournir des services, comme des prêts. Autrefois sujet technique et obscur, c’est devenu une question politiquement sensible, de nombreux élus conservateurs affirmant être discriminés par les institutions financières.
Un contexte de litiges bancaires multiples
Il est important de noter que ce litige n’est pas un cas isolé pour l’ancien président. Ce n’est pas la première fois que Donald Trump intente un procès contre une grande institution bancaire pour des motifs de fermeture de compte. Une procédure similaire est d’ailleurs en cours contre un autre géant du secteur.
En effet, la Trump Organization a poursuivi l’émetteur de cartes de crédit Capital One en mars 2025. Les raisons invoquées et les allégations formulées dans ce dossier sont similaires à celles opposées à JPMorgan. Cette affaire est toujours en cours de traitement par la justice.
Alors que la banque considère la plainte actuelle comme infondée, l’issue de ces différentes procédures pourrait créer un précédent important sur les droits des banques à choisir leurs clients face aux accusations de discrimination politique.
Selon la source : lactualite.com
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