Succession à la CAQ : Christine Fréchette vise le poste de première ministre
Mathieu Gagnon - 2026-02-07 11:26
credit : Portrait officiel de Christine Fréchette, politicienne québécoise, lors d'une conférence de presse,
Québec — Suite à la démission surprise de François Legault à la mi-janvier, la course à la chefferie de la Coalition Avenir Québec (CAQ) s’organise. Christine Fréchette, actuelle ministre de l’Économie et de l’Énergie, s’impose comme une candidate sérieuse pour devenir la deuxième femme à diriger la province.
Une ascension méthodique
L’annonce du départ de François Legault n’a pas pris Christine Fréchette au dépourvu. Celle qui est entrée en politique active il y a moins de quatre ans s’est rapidement positionnée comme une dauphine potentielle. Selon son conjoint, Guy Nadeau, l’idée de succéder au chef caquiste faisait déjà l’objet de discussions privées depuis environ deux ans, encouragée par l’entourage du premier ministre.
En octobre dernier, François Legault lui-même évoquait publiquement le « potentiel extraordinaire » de Mme Fréchette. Une préparation minutieuse qui semble porter ses fruits : à l’aube de la course officielle, elle bénéficierait déjà de l’appui d’une moitié du Conseil des ministres, une force de frappe qui a dissuadé plusieurs adversaires potentiels.

credit : lemorning.ca (image IA)
Christian Yaccarini, président de la Société de développement Angus, reconnaît dans cette stratégie la marque de fabrique de l’ancienne PDG de la Chambre de commerce de l’Est de Montréal : une capacité à faire avancer ses pions sans faire de vagues.
Des racines souverainistes au pragmatisme caquiste
Le parcours de Christine Fréchette ne suit pas une ligne droite. Militante au sein de la Fédération étudiante universitaire du Québec au début des années 2000, elle a longtemps gravité dans la sphère du Parti Québécois. Elle fut notamment directrice adjointe au cabinet de Jean-François Lisée. Ce dernier l’a d’ailleurs qualifiée de « Madame Pas-de-vagues » pour sa tendance à éviter les controverses publiques.
Sa rupture avec le PQ s’est cristallisée autour de la Charte des valeurs proposée par Bernard Drainville, un projet qu’elle ne pouvait cautionner. Paradoxalement, elle a rejoint la CAQ quelques années plus tard, acceptant le compromis de la loi 21 sur la laïcité de l’État.

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Un bilan ministériel marqué par l’économie et l’immigration
Propulsée à des postes clés dès son élection, Christine Fréchette a laissé sa marque au ministère de l’Immigration. Contrairement aux engagements électoraux initiaux de la CAQ qui prônaient une réduction des seuils, elle a orchestré une hausse des admissions permanentes à 60 000 par année et assoupli le Programme de l’expérience québécoise (PEQ).
Son passage à l’Immigration a également été marqué par le dossier du chemin Roxham. D’abord réticente à sa fermeture immédiate pour des raisons de sécurité et d’humanisme — son conjoint évoquant sa sensibilité face à la détresse des migrants —, elle a dû s’aligner sur la position plus ferme de François Legault, privilégiant la renégociation de l’Entente sur les tiers pays sûrs.
Désormais aux commandes de l’Économie et de l’Énergie, succédant à Pierre Fitzgibbon, elle pilote la réforme majeure visant à doubler la production d’Hydro-Québec. Si elle remporte la course à la chefferie, elle aura la lourde tâche de défendre le bilan caquiste tout en imposant sa propre vision, celle d’une gestionnaire calme mais déterminée.
Selon la source : https://www.journaldequebec.com
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