Ottawa rouvre les vannes vers l’Inde : entre pétrole, oubli diplomatique et nouveaux marchés

Ottawa rouvre les vannes vers l’Inde : entre pétrole, oubli diplomatique et nouveaux marchés credit : lemorning.ca (image IA)

Un changement de cap radical

credit : lemorning.ca (image IA)

C’est fou comme le vent tourne vite en politique, vous ne trouvez pas ? L’Inde a une soif dévorante d’énergie, que ce soit du pétrole, du gaz ou ces fameux minéraux critiques dont tout le monde parle. Et bien, le Canada est de retour dans la partie. Fini le temps de la brouille sous l’ère Trudeau ; le gouvernement de Narendra Modi et celui de notre premier ministre actuel, Mark Carney, semblent prêts à refaire des affaires, et pas qu’un peu.

Pour concrétiser tout ça, c’est le ministre de l’Énergie, Tim Hodgson, qui s’y colle. Il part pour une mission économique assez intense de trois jours, du 27 au 30 janvier. Ce n’est pas un voyage anodin : il prépare le terrain, on va dire, pour une visite plus officielle de M. Carney plus tard cette année. J’ai lu qu’avant de faire ses valises, le ministre a confié à Radio-Canada que l’Inde est « évidemment une cible pour nous ». Et on le comprend… c’est l’un des pays où la demande énergétique explose le plus. Les opportunités là-bas ? Elles sont juste énormes.

Ce brave M. Hodgson sera d’ailleurs le tout premier membre du gouvernement canadien à se montrer à la conférence India Energy Week, qui se tient à Goa – un endroit magnifique dans le sud-ouest de l’Inde, soit dit en passant. Son but est clair : vendre les mérites de notre industrie. Il faut dire que ça change de l’ambiance glaciale des dernières années.

Diplomatie et pétrole russe : on efface tout et on recommence

credit : lemorning.ca (image IA)

On dirait bien que les vieux dossiers qui fâchent ont été mis au placard. Vous vous souvenez sûrement de toute cette histoire d’ingérence étrangère et du terrible assassinat du citoyen canadien Hardeep Singh Nijjar à Surrey ? Il avait été tué par balles sur le parking de son temple sikh. À l’époque, ça avait jeté un froid polaire, surtout avec les soupçons pesant sur des liens avec le gouvernement Modi. Mais bon, pour le gouvernement Carney, ça semble être de l’histoire ancienne, ou du moins, on préfère regarder ailleurs. Le ministre Hodgson insiste sur le fait que cette mission va créer des emplois bien payés ici et rendre la vie plus abordable pour nous. C’est l’argument massue, n’est-ce pas ?

Il faut dire que les deux premiers ministres, Carney et Modi, ont déjà bien balisé le terrain. Ils se sont vus en tête-à-tête deux fois l’an dernier : une fois chez nous, à Kananaskis pour le sommet du G7 en juin 2025, et une autre fois en Afrique du Sud, à Johannesburg pour le G20 en novembre. Le but est de relancer les négociations pour un Accord de partenariat économique global, un truc qui avait été stoppé net par Trudeau en 2023 à cause de l’affaire Nijjar.

Et puis, il y a la question russe. C’est un peu le nœud du problème. L’Inde est le deuxième plus gros acheteur de pétrole russe au monde – c’est moins cher, forcément. Hodgson espère que le Canada pourra grignoter une part de ce marché et remplacer l’approvisionnement russe. Il va rencontrer les patrons de la Indian Oil Corporation (qui appartient à l’État indien) et ceux de la compagnie privée Reliance. C’est assez ironique quand on y pense : la India Oil Corporation achète massivement du pétrole russe malgré les sanctions du G7, mais le Canada flaire quand même la bonne affaire. Reliance, eux, semblent vouloir sortir un peu du giron russe. « Nous allons bâtir de nouvelles relations », dit le ministre. On sent bien l’opportunisme, non ?

Pas que de l’or noir : virage vert et minéraux critiques

credit : lemorning.ca (image IA)

Mais attention, il ne s’agit pas seulement de vendre du pétrole à l’ancienne. L’Inde, c’est aussi le quatrième producteur mondial d’énergie renouvelable. C’est vrai, 63 % de leur énergie vient encore du charbon – ce qui est énorme – mais New Delhi veut doubler sa production d’énergie verte pour passer de 20 % à 40 % d’ici 2035. C’est là qu’on intervient. Le ministre a précisé que la mission va aussi mettre l’accent sur les énergies renouvelables et surtout sur la capture et le stockage du carbone. C’est un domaine où nos entreprises canadiennes se débrouillent plutôt bien et ont une vraie expertise à revendre.

On parle quand même d’un marché potentiel de 30 milliards de dollars pour cette transition rapide. Et ce n’est pas tout. L’Inde est affamée de minéraux critiques : cuivre, lithium, cobalt, terres rares… tout ce qu’il faut pour fabriquer des voitures électriques ou des panneaux solaires. Tim Hodgson pense, à juste titre je suppose, que nous avons exactement ce qu’il leur faut pour leur transition vers une énergie propre.

D’ailleurs, le ministre ne part pas seul. Il y a une belle délégation d’entreprises qui l’accompagne à la India Energy Week. On compte une trentaine de boîtes de l’Alberta et quelques-unes de l’Ontario, comme Emerson, Palliser Group et Alco Energy Solutions. Et n’oublions pas le Québec ! L’entreprise québécoise Velan Vales sera aussi de la partie. Le ministre avance que nos PME sont « idéalement adaptées » pour répondre aux besoins indiens. Espérons pour elles que le voyage en vaille la peine.

Conclusion : En attendant Monsieur Carney

credit : lemorning.ca (image IA)

Au final, toute cette agitation ministérielle n’est qu’une préface. Une source au gouvernement a confirmé que le premier ministre Mark Carney doit se rendre lui-même en Inde dans les semaines ou les mois qui viennent, probablement début 2026 puisqu’il a accepté l’invitation de Modi en novembre dernier. La date exacte reste floue, mais ça se précise.

Comme le souligne Tim Hodgson, l’idée est de « jeter les bases » et de montrer au secteur privé indien que le Canada est redevenu un partenaire fiable. Après les turbulences des dernières années, il va falloir un peu plus que des sourires pour convaincre tout le monde, mais c’est un début.

Selon la source : ici.radio-canada.ca

Créé par des humains, assisté par IA.