Entre Trump et Carney, le courant ne passe plus : une invitation retirée sur fond de tensions
Adam David - 2026-01-23 10:33
credit : lemorning.ca (image IA)
Un revirement soudain sur les réseaux sociaux

credit : lemorning.ca (image IA)
On a parfois l’impression que la diplomatie se joue désormais autant sur les écrans de nos téléphones que dans les ambassades, n’est-ce pas ? C’est exactement ce qui s’est produit ce jeudi. Le président américain, Donald Trump, a décidé de retirer brusquement son invitation au premier ministre canadien, Mark Carney, qui devait initialement rejoindre son tout nouveau « Conseil de paix ».
Dans un message publié sur les réseaux sociaux — sa méthode de communication de prédilection, comme vous le savez — M. Trump n’a pas vraiment expliqué le pourquoi du comment, se contentant de qualifier ce groupe de « plus prestigieux conseil de dirigeants jamais réuni ». C’est du Trump tout craché, dirons-nous. Mais ne nous y trompons pas, cette décision ne sort pas de nulle part. Elle survient juste après le discours de M. Carney au Forum économique mondial de Davos, en Suisse. Un discours qui a été très applaudi, certes, mais qui a visiblement agacé Washington. Le premier ministre y avertissait que l’ancien ordre mondial était révolu et encourageait les puissances moyennes à se serrer les coudes face à la coercition économique des géants. Une allusion à peine voilée qui n’est pas passée inaperçue.
Une guerre des mots : gratitude et souveraineté

credit : lemorning.ca (image IA)
C’est là que les choses deviennent un peu plus personnelles, voire émotives. Mercredi déjà, Donald Trump avait réagi en disant avoir écouté le discours et trouvait que M. Carney manquait de reconnaissance. Il a lâché cette phrase, assez percutante : « Le Canada existe grâce aux États-Unis. Souvenez-vous-en, Mark, la prochaine fois que vous ferez des déclarations. » C’est dur, non ? On sent bien que l’ego a été piqué. On ne sait pas exactement ce qui a déclenché l’action finale du président jeudi soir, mais son équipe avait déjà commencé à critiquer les propos tenus à Davos.
De son côté, Howard Lutnick, le secrétaire américain au Commerce, n’y est pas allé de main morte non plus, qualifiant le discours de « bruit politique ». Il a même averti que l’accord récent entre Ottawa et la Chine pourrait venir chambouler les négociations de l’Accord de libre-échange (ACEUM) prévues cette année. Face à tout cela, Mark Carney a réagi depuis Québec plus tôt jeudi. Il a tenté de calmer le jeu en rappelant le partenariat remarquable entre nos deux nations — économie, sécurité, échanges culturels — mais il a tenu à mettre les points sur les i. « Le Canada ne vit pas grâce aux États-Unis », a-t-il lancé, ajoutant que notre prospérité vient du fait que « nous sommes Canadiens ». Une réponse fière, c’est certain, même si la Maison-Blanche n’a pas encore daigné répondre aux demandes de commentaires.
Le fameux Conseil de paix : ambitions et controverses

credit : lemorning.ca (image IA)
Mais au fond, c’était quoi cette histoire de Conseil de paix ? Le président Trump a présenté ce groupe jeudi lors du rassemblement international, mais on a vite remarqué que beaucoup de dirigeants, notamment du Canada et d’Europe, manquaient à l’appel. Au départ, l’idée semblait plus modeste : un petit groupe pour surveiller la situation à Gaza dans le cadre d’un plan de cessez-le-feu en 20 points.
Puis, comme souvent, le projet a gonflé. C’est devenu quelque chose de beaucoup plus ambitieux et, disons-le, controversé. Imaginez un peu : il a été confirmé que le président russe, Vladimir Poutine, avait été invité, et ce, malgré la guerre qui fait rage en Ukraine. Ça fait sourciller, c’est le moins qu’on puisse dire. Mark Carney, lui, s’était d’abord montré ouvert, mais il est devenu prudent. Il faut dire qu’il restait pas mal de flou, notamment sur cette histoire de cotisation permanente de 1 milliard de dollars. Oui, vous avez bien lu, un milliard. On ne sait pas combien de pays ont reçu le carton d’invitation, mais pour l’instant, M. Carney semble être le seul à s’être fait « désinviter » publiquement.
L’ombre sur l’économie : l’ACEUM et les tarifs douaniers

credit : lemorning.ca (image IA)
Tout ce brouhaha diplomatique pourrait bien avoir des conséquences bien réelles sur notre portefeuille. Cet incident risque de donner le ton pour la révision imminente de l’ACEUM. Vous vous souvenez ? Cet accord avait été négocié durant le premier mandat de Trump. Sauf que depuis son retour à la Maison-Blanche, il a changé de disque : il qualifie l’entente de « transitoire », dit qu’elle a peut-être fait son temps, voire qu’elle est sans importance à ses yeux.
C’est inquiétant car l’ACEUM nous a protégés des pires tarifs. Le Canada a été frappé par des droits de 35 %, mais — et c’est un gros « mais » — cela ne s’applique pas aux marchandises conformes à l’accord. Pourtant, certaines de nos industries souffrent encore. Il y a des droits distincts sur l’acier, l’aluminium, le cuivre, le bois d’œuvre et même les armoires. Carney avait pourtant essayé d’apaiser les choses l’an dernier lors de deux réunions à Washington où Trump l’avait couvert d’éloges. Mais voilà, les négociations bilatérales sont au point mort, gelées depuis octobre. La cause ? Une simple publicité commanditée par l’Ontario qui citait l’ancien président Ronald Reagan critiquant les droits de douane. Comme quoi, l’histoire a parfois de drôles de retours.
Conclusion

credit : lemorning.ca (image IA)
En somme, la relation entre nos deux pays traverse une zone de turbulences assez sérieuse. Entre les égos blessés, les désaccords sur la géopolitique mondiale et les menaces économiques concrètes, la suite des événements reste incertaine. Il faudra surveiller cela de très près, car comme on le voit, une simple déclaration ou une publicité peut tout faire basculer.
D’après les informations rapportées par Catherine Morrison à Québec et l’Associated Press.
Selon la source : ici.radio-canada.ca
Ce contenu a été créé avec l’aide de l’IA.