Choc à la Fed : Quand Jerome Powell brise le silence face à l’offensive Trump

Choc à la Fed : Quand Jerome Powell brise le silence face à l’offensive Trump credit : lemorning.ca (image IA)

Une sortie totalement inédite et une enquête criminelle

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On ne va pas se mentir, c’est du jamais vu. Habituellement, un banquier central, c’est un peu comme un moine : stoïque, avare de mots, et surtout, imperméable aux émotions publiques. Pourtant, dimanche dernier, Jerome Powell a fait voler en éclats cette image d’austérité. Dans une vidéo qui a laissé plus d’un expert pantois, le président de la Réserve fédérale s’est permis de critiquer ouvertement Donald Trump. C’est… renversant. Mais pourquoi une telle sortie ? Eh bien, il semblerait que le département américain de la Justice ait décidé d’ouvrir une enquête criminelle sur M. Powell. Rien que ça. Washington s’intéresse de très près à un témoignage qu’il a livré l’été dernier concernant la rénovation des édifices de la banque centrale. On parle ici d’un dépassement de coûts faramineux de 700 millions de dollars américains, et on soupçonne Powell de ne pas avoir été tout à fait transparent sur l’ampleur de la facture.

Powell, lui, ne l’entend pas de cette oreille. Pour lui, cette menace de poursuites n’est qu’une tentative d’intimidation politique. Il l’a dit clairement dans sa vidéo : la Fed fixe les taux selon l’intérêt public, pas selon les caprices du président. C’est une question de survie pour l’institution : les décisions seront-elles basées sur des données factuelles ou dictées par la peur ? Depuis sa nomination en 2018, lors du premier mandat Trump, Powell en a vu de toutes les couleurs — traité de « nigaud », d’« abruti » ou d’incompétent par le républicain. Jusqu’ici, il avait encaissé sans broncher, expliquant ses décisions avec flegme, soutenu d’ailleurs cette semaine par son homologue canadien Tiff Macklem. Mais là, face à une enquête criminelle, il semble que la coupe soit pleine. Il défend sa réputation, c’est sûr, mais surtout l’indépendance sacro-sainte de la Réserve fédérale.

La bataille pour le contrôle du bureau des gouverneurs

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Ce qui se joue en coulisses est une véritable partie d’échecs politique. Il faut savoir que Jerome Powell quittera la présidence de la Fed en mai, mais — et c’est là que ça devient croustillant — il compte bien rester à la table des gouverneurs jusqu’en 2028. Donald Trump, qui rêve de taux d’intérêt plus bas pour booster l’économie, doit absolument contrôler ce bureau. Ce sont ces sept membres (plus cinq régionaux) qui décident de tout. Pour imposer sa volonté, Trump doit modifier la composition du groupe. Il a déjà essayé de faire sauter Lisa Cook en l’accusant de fraude immobilière (sans preuve, notons-le), mais elle a refusé de démissionner. C’est une guerre de tranchées.

Le sort de l’indépendance de la Fed pourrait bien se décider devant la Cour suprême le 21 janvier prochain, date à laquelle sera débattue la question cruciale : le président peut-il virer un gouverneur ? Actuellement, le comité compte trois démocrates et quatre républicains. Mais attention, l’étiquette ne fait pas le moine : Powell est républicain mais refuse d’obéir au doigt et à l’œil. Les démocrates, dont Mme Cook, ne sont pas non plus des alliés de Trump. En réalité, le président n’a pour l’instant qu’une seule vraie voix qui porte sa parole à l’intérieur : Stephen Miran.

L’économie réelle face aux pressions politiques

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Parlons-en de ce Stephen Miran. Nommé le 16 septembre 2025, c’est lui l’architecte de la politique tarifaire de Trump. Depuis son arrivée, il joue les troubles-fêtes : lors des réunions de septembre, octobre et décembre, il a systématiquement voté contre le comité, réclamant des baisses de taux agressives de 50 points de base. Sauf que… quand on regarde les chiffres froidement, cette urgence ne saute pas aux yeux. L’inflation frôle encore les 3 % et le taux de chômage est très bas, à 4,4 %. Dans ce contexte, baisser les taux massivement ne semble pas nécessaire, voire risqué. C’est pour ça que Powell reste prudent. Les experts, eux, ne voient qu’une ou deux baisses en 2026, pas plus.

Mais cette prudence agace prodigieusement la Maison-Blanche. L’interférence politique commence à avoir des effets toxiques sur la confiance des marchés. Lundi, ça a tangué : le Dow Jones a lâché 500 points en début de séance avant de remonter péniblement. Plus inquiétant, le dollar a chuté et les coûts d’emprunt des États-Unis grimpent. Et que font les investisseurs quand ils ont peur ? Ils se ruent sur l’or. Le métal jaune a touché un sommet hallucinant à plus de 4600 $ US l’once. C’est un signal d’alarme clignotant rouge vif.

Conclusion : Vers une république de bananes ?

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On a un peu une impression de déjà-vu, non ? Rappelez-vous avril dernier et l’annonce des tarifs douaniers mondiaux : panique boursière, chute des obligations. Là, on risque de revivre le même scénario en pire si Trump gagne à la Cour suprême ou réussit à placer un fidèle à la tête de la Fed. Clément Gignac, économiste et sénateur, n’y est pas allé par quatre chemins lundi à Zone info. Il a carrément évoqué les « républiques de bananes » où le chef de l’État dicte la politique monétaire. Le résultat ? Une devise qui s’effondre et des investisseurs qui fuient. Paul Beaudry, ex-sous-gouverneur de la Banque du Canada, est du même avis : politiser ces décisions, c’est sacrifier le contrôle de l’inflation sur l’autel du court terme. La question qui reste en suspens est vertigineuse : jusqu’où Donald Trump ira-t-il dans sa mainmise sur les institutions sans ébranler définitivement la confiance mondiale envers les États-Unis ?

Selon la source : ici.radio-canada.ca

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