Bras de fer à Washington : la Justice américaine menace la Réserve fédérale
Adam David - 2026-01-12 10:16
credit : lemorning.ca (image IA)
Une convocation qui fait grand bruit

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C’est une nouvelle qui a de quoi surprendre, même pour ceux qui suivent la politique américaine depuis longtemps. Dimanche dernier, Jerome Powell, le patron de la Réserve fédérale – la fameuse Fed –, a lâché une véritable bombe. Il a annoncé que la banque centrale était sous la menace directe de poursuites par le département de la Justice. Vous avez bien lu. Powell affirme avoir reçu une convocation officielle. Apparemment, cela ferait suite à une audition qui s’est tenue en juin dernier.
Mais de quoi s’agit-il exactement ? Eh bien, officiellement, cette affaire tournerait autour d’un projet de rénovation du bâtiment de la Fed. Cela pourrait même, tenez-vous bien, mener à une mise en accusation au pénal. Cependant, pour Jerome Powell, tout cela ne serait qu’un écran de fumée. Il ne mâche pas ses mots : pour lui, c’est clairement un prétexte. Selon ses dires, cette menace judiciaire n’est rien d’autre que la conséquence du refus de la Fed de plier l’échine devant les exigences de Donald Trump.
Le nœud du problème, c’est toujours cette histoire de taux d’intérêt. L’inflation dépasse encore la cible des 2 %, et la Fed maintient le cap pour protéger l’économie, quitte à déplaire. Powell l’a écrit noir sur blanc dans un communiqué : la banque veut décider « dans le meilleur intérêt du public » et non pour satisfaire les « préférences du président ». C’est une déclaration forte, vous ne trouvez pas ?
Des travaux de rénovation au cœur de la discorde

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Alors, parlons un peu de cette histoire de travaux, parce que les chiffres donnent le tournis. Donald Trump accuse la Fed d’avoir complètement dérapé sur le budget de rénovation de son siège à Washington. Il va même jusqu’à suggérer qu’il pourrait y avoir des cas de fraude là-dessous. Le président américain avance un coût total faramineux de 3,1 milliards de dollars, alors que le budget initialement prévu était de 2,7 milliards. C’est sûr que vu comme ça, l’écart est important.
Mais attention, Jerome Powell dément formellement ces accusations. Pour lui, le débat est ailleurs. Il pose la question qui fâche : la politique monétaire doit-elle être guidée par les données économiques ou par des intimidations politiques ? C’est tout l’enjeu de son indépendance.
De son côté, Donald Trump joue la carte de l’innocence, ou presque. Interrogé sur la chaîne NBC, il a assuré ne rien savoir de cette procédure judiciaire. « Je ne penserais même pas à le faire de cette manière », a-t-il déclaré, jurant ses grands dieux qu’il n’y est pour rien. Pour lui, la seule pression que Powell devrait ressentir, c’est le fait que « les taux sont trop élevés ». C’est sa ligne de défense : il ne veut que baisser les taux, point final.
Une guerre des nerfs entre Trump et Powell

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Les relations entre les deux hommes n’ont jamais été au beau fixe, mais là, on atteint des sommets d’animosité. Donald Trump a affublé Powell d’un surnom peu flatteur : « Trop tard ». Il l’accuse sans cesse de ne pas agir assez vite pour baisser les taux et d’être motivé par la politique plutôt que par l’économie. Depuis son retour à la Maison-Blanche, le président républicain ne lâche rien. Il a même traité le président de la Fed de « nigaud » et chercherait activement un moyen de le licencier. Sympathique, l’ambiance…
Pourtant, on se souvient d’une image, prise le 24 juillet 2025 à Washington (oui, la date est précise !), où l’on voyait Donald Trump et Jerome Powell visiter ensemble le fameux chantier de rénovation. Comme quoi, les sourires de façade cachent parfois de lourds conflits.
Face à ces attaques, Jerome Powell se défend avec dignité. Il rappelle souvent qu’il a servi sous quatre gouvernements différents, aussi bien républicains que démocrates. « J’ai fait mon devoir sans peur ou faveur politique », insiste-t-il, affirmant vouloir poursuivre son travail tel que le Sénat l’a confirmé. Il n’a pas l’intention de bouger avant la fin de son mandat.
Succession et blocage politique en vue

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La suite des événements s’annonce compliquée. Le mandat de Jerome Powell doit se terminer en mai prochain. Donald Trump a déjà sa petite idée pour le remplacer : les analystes parlent beaucoup de Kevin Hassett, son principal conseiller économique, comme grand favori. D’ailleurs, le secrétaire au Trésor, Scott Bessent, a lui aussi mis son grain de sel en estimant que la Fed devait « changer de cap ».
Mais voilà, rien n’est simple à Washington. Le sénateur républicain Thom Tillis a jeté un pavé dans la mare. Il a prévenu que le siège pourrait bien rester vacant tant que l’enquête suit son cours. Il a été très clair : il ne confirmera aucune nomination, y compris pour la présidence de la Fed, tant que ce point juridique ne sera pas « pleinement réglé ». Pour lui, c’est la crédibilité du département de la Justice qui est en jeu, rien que ça.
Chez les démocrates, on crie au scandale. Chuck Schumer, leur chef au Sénat, parle d’une attaque directe contre l’indépendance de la banque centrale. Il dénonce le fait que quiconque ne suit pas Trump à la lettre se retrouve sous enquête. Il faut dire que l’administration Trump n’en est pas à son coup d’essai : le président a aussi tenté de révoquer Lisa Cook, une autre responsable de la Fed, une décision bloquée momentanément par la Cour suprême. Bref, avec la nécessité d’un vote du Sénat pour valider les candidats, la bataille institutionnelle ne fait sans doute que commencer.
Selon la source : ici.radio-canada.ca
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