Trump appelle les géants du pétrole à se presser vers l’or noir du Venezuela

Trump appelle les géants du pétrole à se presser vers l’or noir du Venezuela credit : lemorning.ca (image IA)

Une réunion à haut risque pour exploiter les richesses vénézuéliennes

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Vous savez, quand on voit les nouvelles, il y a des moments qui font vraiment tiquer. L’autre jour, le président américain Donald Trump a fait quelque chose de plutôt… direct, disons. Le vendredi 9 janvier 2026, il a réuni autour de lui à la Maison-Blanche les grands patrons des géants pétroliers mondiaux. On parle d’Américains, bien sûr, mais aussi de l’italien Eni et de l’espagnol Repsol.

Le contexte ? Eh bien, c’est pas anodin. Ça faisait à peine une semaine que les États-Unis avaient mené une opération militaire ayant abouti à la capture de l’ancien président vénézuélien, Nicolas Maduro, à Caracas. Alors, on peut dire que l’ambiance était particulière. Trump, lui, avait une idée bien précise en tête : il a poussé, ou plutôt pressé, ces entreprises à se lancer « à l’assaut » des vastes réserves pétrolières du Venezuela.

Mais voilà, malgré ses grands discours, il ne semble pas avoir convaincu tout le monde autour de la table. C’est une histoire de pétrole, de pouvoir, et de promesses qui sonnent peut-être un peu creuses pour ceux qui ont déjà eu des déboires là-bas.

Les promesses de Trump et la méfiance des pétroliers

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Bon, alors qu’est-ce qu’il a dit exactement, Trump ? Il a affirmé que ces entreprises étaient prêtes à investir au moins 100 milliards de dollars américains au Venezuela. Pour les rassurer, il a lancé : « Vous aurez une sécurité totale pour agir. » Mais là, c’est le genre de phrase qui laisse songeur… Parce qu’il n’a pas précisé du tout quelle forme prendrait cette fameuse « sécurité ». Et en plus, il a catégoriquement exclu une présence militaire américaine sur le terrain pour protéger les puits et les installations. Alors, comment ça marche ? C’est une bonne question.

Le plus frappant, c’est peut-être son approche du pays lui-même. Il a été très clair : « Tout se fera sous la direction des États-Unis, qui décideront quelles entreprises pétrolières pourront exploiter les énormes ressources du pays. Dans son plan, Caracas n’a pas son mot à dire. » Et il a même insisté lourdement : « Vous traitez directement avec nous, vous ne traitez pas du tout avec le Venezuela, nous ne voulons pas que vous traitiez avec le Venezuela. » On imagine la tête des représentants vénézuéliens, s’il y en avait… Enfin, à la fin, il s’est félicité, disant que c’était « une très bonne réunion avec les plus grandes entreprises de partout dans le monde ».

Mais du côté des patrons, l’enthousiasme était… mitigé, pour rester poli. Prenez Darren Woods, le PDG d’ExxonMobil. Lui, il n’a pas l’air chaud du tout pour se précipiter. Et on le comprend un peu, franchement. « Nos actifs ont été saisis à deux reprises dans ce pays », a-t-il rappelé. « Vous pouvez donc imaginer que, pour y revenir une troisième fois, des changements assez importants seraient nécessaires. » Il a même estimé qu’il était « impossible d’y investir en l’état. » Son intervention, paraît-il, a « jeté un certain froid » dans la salle. Pas étonnant.

Chevron, son concurrent américain, était un peu plus positif, mais sans plus. C’est la seule multinationale à avoir gardé une licence d’exploitation au Venezuela. Son vice-président, Mark Nelson, a assuré que la compagnie était « très impatiente d’aider [le Venezuela] à construire un meilleur avenir ». Sympathique, mais il n’a donné aucun détail concret. Ça ressemble à de la communication, vous ne trouvez pas ?

Pour bien comprendre la prudence d’ExxonMobil, il faut se souvenir que cette entreprise, ainsi que ConocoPhillips, ont quitté le Venezuela en 2007. Pourquoi ? Ils refusaient les conditions imposées par l’ancien dirigeant Hugo Chavez, qui exigeait que l’État vénézuélien devienne l’actionnaire majoritaire de toutes les entreprises présentes. ConocoPhillips, dans une déclaration à l’AFP après la réunion, a juste dit avoir « apprécié la discussion sur la préparation du Venezuela à accueillir des investissements ». C’est gentil, mais ce n’est pas un chèque en blanc.

Même le secrétaire américain à l’Énergie, Chris Wright, a reconnu après la rencontre que « cela prendrait du temps pour relancer la production au Venezuela ». C’est le moins qu’on puisse dire.

Le paradoxe vénézuélien : des réserves immenses mais une exploitation très difficile

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Là, on touche au cœur du problème. Le Venezuela, c’est un cas d’école. Le pays possède tout simplement les plus grandes réserves prouvées de pétrole brut du monde. Selon l’OPEP (l’Organisation des pays exportateurs de pétrole), on parle de plus de 300 milliards de barils. C’est colossal. Pour vous donner une idée, c’est plus que l’Arabie saoudite (267 milliards) et l’Iran.

Pourtant, malgré cette richesse sous ses pieds, sa production actuelle est… modeste, pour ne pas dire faible. Elle est plafonnée à environ un million de barils par jour. Comment expliquer un tel écart ? C’est le résultat de années de sous-investissement chronique et, il faut le dire, des sanctions américaines qui ont étranglé l’économie. L’industrie est à bout de souffle.

Et ce n’est pas tout. Le pétrole vénézuélien n’est pas simple à traiter. Il est plus visqueux que celui qu’on extrait aux États-Unis par exemple. Traduction : son raffinage est plus compliqué, plus coûteux et plus polluant. Pour remettre à niveau les installations vénézuéliennes, qui sont dans un état déplorable, il faudrait investir des dizaines de milliards de dollars. Et cela, dans un contexte politique toujours très instable, malgré la capture de Maduro.

D’ailleurs, Washington a un plan très précis pour la gouvernance du pays. Pour l’instant, ils excluent d’organiser des élections. Ils préfèrent traiter avec la présidente par intérim, Delcy Rodriguez, à qui la Maison-Blanche, selon toute vraisemblance, entend dicter toutes ses décisions. C’est une situation de transition sous contrôle américain, en somme.

Les experts sont très lucides sur les obstacles. Rafael Queiroz, un spécialiste du secteur pétrolier, prend un exemple simple mais éloquent : les pannes à répétition dans le système électrique national, qui nuisent constamment aux opérations pétrolières. C’est le genre de problème structurel qui attend tout investisseur. Il souligne que les cinq phases clés de l’industrie – l’exploration, la production, le raffinage, la commercialisation et le transport – posent toutes un problème sérieux au Venezuela.

Rich Collett-White, un spécialiste énergie de la société Carbon Tracker, résume bien le dilemme : « On parle beaucoup de la taille des réserves, mais ce qui manque dans la conversation, c’est de savoir comment les extraire de manière rentable. » C’est exactement ça. Avoir du pétrole, c’est une chose. Pouvoir le sortir du sol et le vendre à un prix compétitif, c’en est une autre, bien plus ardue dans le cas vénézuélien.

Conclusion : Un appel ambitieux qui se heurte à une réalité complexe

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Alors, où est-ce qu’on en est, finalement ? L’appel de Trump aux pétroliers est typique de son style : direct, ambitieux, et faisant fi des complexités. Il voit l’énorme gâteau pétrolier vénézuélien et veut que les entreprises américaines et alliées en prennent une grosse part, sous contrôle exclusif de Washington.

Mais sur le terrain, les patrons, eux, ont la mémoire longue et les calculatrices bien en main. Ils se souviennent des nationalisations, des saisies d’actifs. Ils voient l’état délabré des installations et l’instabilité politique qui persiste. Les promesses de « sécurité totale » sans troupes sur le terrain sonnent un peu creuses quand on sait à quel point le pays est fragile.

Le Venezuela reste un pays avec un potentiel énergétique extraordinaire, c’est incontestable. Mais entre ce potentiel et une exploitation rentable et sûre, il y a un fossé qui va coûter des dizaines, voire une centaine de milliards de dollars à combler. Et les investisseurs, visiblement, ne sont pas prêts à sauter le pas les yeux fermés, sur une simple promesse. Ils veulent des garanties solides et un cadre stable. Pour l’instant, malgré le changement de régime à Caracas, ces conditions semblent loin d’être réunies. L’or noir du Venezuela va peut-être devoir attendre encore un peu avant de vraiment couler à flots.

Selon la source : ici.radio-canada.ca

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