Cuba, au bord du précipice après l’effondrement vénézuélien
Adam David - 2026-01-08 10:55
credit : lemorning.ca (image IA)
Un coup de tonnerre à La Havane
Bon sang, on a l’impression que le sol se dérobe sous les pieds du gouvernement cubain. Enfin, c’est ce que disent les experts, et ils n’ont pas l’air de rigoler. Tout a basculé avec cette nouvelle fracassante de janvier 2026 : la capture du président du Venezuela, Nicolas Maduro, par les forces américaines. Pour Cuba, c’est un coup terrible. Un vrai coup de massue.
Leur principal allié politique et économique, celui qui leur fournissait du pétrole à bas coût depuis près de 25 ans, est tombé. Du jour au lendemain, La Havane se retrouve seule, déjà aux prises avec une économie en lambeaux. Et évidemment, Washington n’a pas manqué l’occasion de donner son avis. Le président Donald Trump a carrément déclaré que « Cuba est prête à tomber ». Son secrétaire d’État, Marco Rubio, s’est montré encore plus direct : « Si je vivais à La Havane et que je faisais partie du gouvernement, je serais inquiet », a-t-il lancé lors d’une conférence de presse à Mar-a-Lago.
L’inquiétude, c’est le mot qui revient. Sans ce soutien vital du Venezuela, qui échangeait du pétrole contre les services de médecins, de professeurs et de militaires cubains, le régime castriste va-t-il vraiment tenir ? Pour Sebastian Arcos, un économiste d’origine cubaine de l’Université internationale de Floride, la réponse est claire : non, il ne tiendra pas longtemps. Ça a l’air très, très sérieux.
Une économie à genoux, bien avant le choc Maduro

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Il faut comprendre une chose : même avant ce drame vénézuélien, Cuba était déjà au fond du trou. Le pays, comme le dit Sebastian Arcos, « s’est accrochée à l’économie vénézuélienne » depuis l’arrivée d’Hugo Chavez au pouvoir il y a 25 ans. Il va même plus loin, parlant d’un « État parasite qui se nourrit de l’économie vénézuélienne, tout comme il le faisait de l’économie soviétique dans les années 1970 et 1980 ». C’est brutal comme analyse, mais ça donne une idée de la dépendance.
Ricardo Torres, un autre économiste cubain basé à Washington, apporte des chiffres qui font froid dans le dos. Ces derniers temps, Caracas fournissait environ 30 000 barils de pétrole par jour à l’île. Et ça, c’était déjà insuffisant ! La production d’électricité en 2025 avait chuté de 25% par rapport à 2019. Imaginez : dans de nombreuses régions, les habitants subissent des pannes de courant de plus de 12 heures par jour. Le système électrique est vétuste, il tombe en panne tout le temps, et surtout, il manque cruellement de carburant.
Et ce n’est pas que l’électricité. Toute l’économie s’effondre. L’agriculture ? Catastrophique. La production de sucre, qui fut la fierté du pays pendant 200 ans, est en chute libre. Alors qu’on produisait plus de 6 millions de tonnes en 1958 et jusqu’à 8 millions dans les années 80, on est tombé à seulement 100 000 tonnes par an aujourd’hui. Le pays est même obligé d’en importer du Brésil ! Sebastian Arcos s’insurge : « L’industrie qui a été le moteur de l’économie cubaine pendant 200 ans a été détruite ».
Le tourisme, la troisième source de devises, ne va pas mieux. En 2025, l’île a accueilli moins de 2 millions de touristes, comparé aux 4,6 millions de 2018. La situation est si mauvaise que Ricardo Torres, qui a encore beaucoup de famille à Cuba, affirme que c’est pire que la fameuse « période spéciale » des années 1990, après la chute de l’URSS. « Même avant la chute du président vénézuélien, la situation cubaine était déjà très difficile », rappelle-t-il.
La vie quotidienne est un calvaire. Ceux qui ont de l’argent (en dollars) peuvent trouver des denrées à prix d’or dans certains magasins. Mais pour l’immense majorité des Cubains, c’est impossible. Le salaire moyen dans le secteur public est de 6000 pesos cubains (soit environ 345 dollars canadiens) par mois. Un simple plateau de 30 œufs coûte 2000 pesos (115 $ CA). Le fameux livret d’approvisionnement, qui garantissait autrefois des aliments de base, est pratiquement vide. Même les services de santé et d’éducation, les fiertés nationales, se sont dégradés. Torres résume d’une phrase glaçante : « C’est une tempête qui frappe un pays déjà ravagé par un ouragan alors que sa résilience est bien moindre que par le passé ».
Trois coups mortels et des alliers réticents
Alors, que va-t-il se passer maintenant que le robinet vénézuélien pourrait être fermé ? Sebastian Arcos détaille trois coups catastrophiques pour le régime. D’abord, la perte de la principale source de combustible. Ensuite, et c’est crucial, la perte d’une entrée majeure de devises étrangères. Car le gouvernement cubain ne consomme pas tout le pétrole vénézuélien ; il en revend une partie sur le marché international pour acheter des médicaments et de la nourriture. Perdre cette manne, c’est se couper des ressources vitales.
Enfin, il y aurait un troisième choc, purement psychologique celui-là : voir s’effondrer le régime chaviste, leur frère idéologique. L’horloge tourne : l’île ne disposerait que de réserves de pétrole pour 45 jours. Arcos estime sans détour : « Si les livraisons de pétrole vénézuélien à Cuba sont suspendues aujourd’hui, Cuba sera définitivement éteinte d’ici la fin février ».
Dans ce contexte explosif, que fera le président Miguel Diaz-Canel face à une éventuelle révolte populaire, comme celle de 2021 ? Sebastian Arcos évoque un scénario cauchemardesque : un « moment Tiananmen », où le gouvernement devrait choisir de réprimer dans le sang, comme l’a fait la Chine en 1989.
Reste alors la question des autres alliés. La Chine et la Russie pourraient-elles prendre le relais du Venezuela ? Les Chinois ont l’argent, les Russes ont le pétrole. Mais selon Arcos, ils n’ont rien à gagner. La Chine, dit-il, n’est pas l’Union soviétique de la Guerre froide. Son pari n’est pas idéologique, il est économique. « Si les chiffres ne collent pas, il n’y a pas d’affaires ». Pékin n’a d’ailleurs pas fait d’investissements majeurs à Cuba. Pourquoi ? Parce que, croit Arcos, « Les Chinois et les Russes sont conscients que les jours du régime cubain sont comptés. Ils ne sont donc pas disposés à le soutenir… Ce serait de l’argent perdu ». Ils parient déjà sur le retour de Cuba dans l’orbite américaine, tôt ou tard.
Ricardo Torres abonde dans ce sens. Les Chinois ont d’autres priorités et se sont montrés insatisfaits de l’immobilité du gouvernement cubain, réticent à réformer son économie. Ils veulent bien un allié stratégique à 150 km de la Floride, mais pas à n’importe quel prix. « Il faut changer un système qui est en place depuis six décennies ; ce n’est plus seulement un système, c’est carrément une culture », conclut-il, d’un air presque résigné.
Conclusion : Le Mexique, une bouée fragile

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Alors, y a-t-il une lueur d’espoir ? Une bouée de sauvetage, peut-être. Elle pourrait venir du Mexique. La présidente Claudia Sheinbaum a reconnu, un mercredi de janvier 2026, que son pays était devenu un fournisseur important de pétrole pour Cuba. Mais elle a immédiatement tempéré les attentes, assurant qu’elle n’enverrait pas plus de pétrole et qu’il n’y avait pas d' »envoi particulier ». Les livraisons, dit-elle, se font soit par contrat, soit au titre de l’aide humanitaire.
Les données, cependant, parlent d’elles-mêmes. Selon l’Associated Press, qui s’est procuré des informations auprès de la SEC américaine, le Mexique a fourni environ 19 000 barils de pétrole par jour à Cuba entre janvier et septembre 2025. C’est une aide substantielle, mais qui reste inférieure aux 30 000 barils vénézuéliens. Mexico a toujours condamné l’embargo américain et a renforcé ses livraisons lors des pires crises. C’est un soutien précieux, mais est-ce suffisant pour empêcher l’effondrement que prédisent Trump et les experts ?
En fin de compte, Cuba se retrouve face à son destin. Épuisée, isolée, avec une économie en ruine et un allié majeur disparu. Les mots des économistes sont clairs : le régime est au bout du rouleau. La question n’est peut-être plus de savoir *si* il tombera, mais *comment*, et à quel prix pour le peuple cubain, qui endure déjà des souffrances inimaginables. C’est une page d’histoire qui est peut-être en train de se tourner, dans la douleur et l’incertitude la plus totale.
Selon la source : ici.radio-canada.ca
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