L’intelligence artificielle, un atout pour les entreprises, mais la route est encore longue
Adam David - 2026-01-06 14:35
credit : lemorning.ca (image IA)
Une solution dans un bureau, pas sur le plancher

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Alors qu’on parle sans cesse d’intelligence artificielle dans nos vies, je me demande parfois ce que ça donne vraiment sur le terrain, dans les usines. Eh bien, il semblerait que pour certaines entreprises, c’est déjà une réalité bien tangible. Prenez Laurie Larochelle, par exemple. Elle dirige Simard cuisine et salle de bains, à Saint-Tite-des-Caps en Charlevoix. Son usine est moderne, avec des machines impressionnantes, mais l’outil le plus révolutionnaire, selon elle, n’est pas une scie robotisée. Il se trouve sur l’écran de son ordinateur.
Depuis quelques mois, elle utilise un logiciel d’intelligence artificielle pour planifier la production. Loin des chatbots dont tout le monde parle, ce programme lui permet de voir d’un coup d’œil la charge de travail des prochains mois et d’optimiser la séquence des ouvrages en un clic. L’idée ? Éviter la surcharge et les heures supplémentaires. « Quand on a commencé à parler de l’intelligence artificielle, on s’est tout de suite posé la question : qu’est-ce que ça peut faire pour nous ? » confie-t-elle. Avec un carnet de commandes qui ne cesse de gonfler et un chiffre d’affaires qui a doublé en cinq ans, la réponse était évidente : il leur fallait un coup de pouce pour gérer cette croissance.
Une IA qui pense à une quarantaine de variables

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L’usine livre entre cinq et sept projets de cuisine ou de salle de bain par jour. Vous imaginez la logistique ? Il faut jongler avec les dates de livraison des matériaux, les congés des employés, les chantiers en cours… Donner une date précise au client devenait un casse-tête. Le logiciel, lui, conçu par l’entreprise québécoise Vooban, résout ce problème en quelques secondes en prenant en compte une quarantaine de facteurs différents.
« Ça prenait des gens qui avaient des dizaines d’années d’expérience dans le domaine », explique Laurie Larochelle. L’avantage, c’est que maintenant, avec ce logiciel qui « imite plein de réflexions », des ressources plus juniors peuvent prendre, 90% du temps, des décisions aussi bonnes qu’un vétéran. « Les décisions prises sont au-delà de ce que le cerveau humain est capable de faire. C’est très positif pour nous, pour la croissance », affirme-t-elle. C’est un investissement majeur, entre 500 000$ et 1 million de dollars, sur trois ans de développement. Plus cher que leurs machines, précise-t-elle. Mais elle s’attend à un retour sur investissement d’ici trois ans.
Le Québec et le Canada à la traîne ?

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Pourtant, malgré ces succès, l’adoption de l’IA au pays semble encore timide. Hugues Foltz, vice-président exécutif de Vooban, l’admet : « On n’est pas du tout en avance en intégration des nouvelles technologies, dont l’IA. On n’a jamais vraiment vraiment eu cet appétit-là. […] On n’a pas une curiosité naturelle, autant les Québécois que les Canadiens, aux nouvelles technologies. » Son entreprise, spécialisée en IA depuis huit ans, a travaillé avec près de 400 entreprises, surtout dans le manufacturier, un secteur qu’il dit « réveillé » il y a presque dix ans.
Les chiffres de Statistique Canada pour le troisième trimestre de 2025 lui donnent raison : seulement 14,5% des entreprises canadiennes avaient l’intention d’utiliser l’IA dans l’année suivante. C’est encore moins au Québec (13,1%), un peu plus en Ontario (16,5%). Les secteurs les plus avancés ? La finance, les assurances, l’industrie de l’information et la culture. Ceux qui traînent la patte ? L’agriculture, la foresterie, la restauration, la construction et le transport.
Foltz estime que le Canada a un grand retard à rattraper et que l’IA est devenue presque incontournable pour la productivité. « Cette résistance-là, ou ce manque de curiosité là, a ralenti beaucoup d’entreprises, et aujourd’hui on est à une étape où nos entreprises sont un peu au pied du mur. Elles n’ont plus le choix d’y aller. » Le Conseil du patronat et la Chambre de commerce de Québec partagent ces craintes sur l’impact économique de ce retard.
Les freins à l’adoption et l’avenir

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Alors, qu’est-ce qui bloque ? La méconnaissance, d’abord. Le rapport de Statistique Canada montre que 11% des entreprises manquent de connaissances sur les capacités de l’IA, et une écrasante majorité de 78% estime que la technologie n’est tout simplement pas pertinente pour elles. Le coût est un autre obstacle de taille, surtout pour les PME. Et puis, il manque d’accompagnement. « Des Vooban, il n’y en a pas tant que ça », reconnaît Foltz lui-même.
Malgré tout, des initiatives émergent. L’école Afi U, avec des campus à Montréal et Québec, forme justement les organisations à ce changement. Marie-Pierre Habas-Gerard, leader du campus IA, insiste : « L’intelligence artificielle, ce n’est pas qu’une technologie, c’est vraiment un changement culturel. » Son verdict est sans appel : « Ne pas utiliser l’IA, c’est malheureusement garantir que l’entreprise, dans deux, cinq, dix ans, ne sera plus pérenne. La question ne se pose plus. »
Un sondage de KPMG en novembre dernier auprès de 700 grandes entreprises canadiennes donne une idée des attentes : un tiers des adoptants prévoit un retour sur investissement en un an, les deux tiers en jusqu’à cinq ans. Laurie Larochelle, elle, est déjà convaincue. Pour elle, l’IA ne remplace pas l’humain, elle l’augmente. « La roue tourne, c’est commencé, il faut embarquer », lance-t-elle à ses pairs. Elle a déjà d’autres projets d’IA dans ses cartons. L’aventure ne fait que commencer.
Selon la source : ici.radio-canada.ca
Ce contenu a été créé avec l’aide de l’IA.