L’étau se resserre sur le Venezuela : la chronologie des tensions qui ont mené à la chute de Maduro

L’étau se resserre sur le Venezuela : la chronologie des tensions qui ont mené à la chute de Maduro credit : lemorning.ca (image IA)

Une animosité de longue date qui dégénère

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Bon sang, c’est une histoire qui s’est jouée sur plusieurs années. Le Venezuela, et surtout son président Nicolas Maduro, étaient dans le collimateur des États-Unis depuis longtemps. Mais c’est vraiment l’administration Trump qui a enclenché un cercle vicieux de manœuvres militaires et diplomatiques. Une pression constante, des accusations qui pleuvent, des déploiements de troupes… jusqu’à ce que tout explose. Finalement, en début d’année 2026, l’impensable s’est produit : une opération nocturne à Caracas pour arrêter Maduro et son épouse. Imaginez un peu, le président d’un pays souverain, capturé et transporté jusqu’aux États-Unis pour y être jugé. C’est du jamais vu. Et tout ça pour des chefs d’accusation lourds comme le plomb : narcoterrorisme, complot, trafic de drogue et blanchiment d’argent. Leur voyage s’est terminé dans une prison de Brooklyn, loin du palais présidentiel.

Pour comprendre comment on en est arrivés là, il faut reprendre les choses depuis le début. C’était loin d’être inévitable, et pourtant chaque étape semblait nous rapprocher un peu plus d’un point de non-retour. La méfiance est devenue hostilité, puis hostilité ouverte, puis… et bien, ce que vous savez. Un enchaînement de dates et d’événements qui, pris un par un, pourraient sembler anodins. Mais mis bout à bout, ils dessinent une escalade implacable.

Les prémices de la confrontation (2020-2025)

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Il faut vraiment remonter à mars 2020 pour voir les premières étincelles. C’est encore le premier mandat de Trump. La justice américaine a inculpé Nicolas Maduro pour narcoterrorisme et trafic de cocaïne. Une prime de 15 millions de dollars a même été promise à quiconque aiderait à son arrestation. De son côté, Maduro a toujours tout nié en bloc, clamant son innocence. Mais l’étiquette était collée.

Ensuite, en juillet 2024, il y a eu l’élection présidentielle au Venezuela. Maduro l’a remportée avec 51,2% des voix, mais personne n’était dupe. Son adversaire, Edmundo Gonzalez, et la figure de proue de l’opposition, Maria Corina Machado, ont dénoncé un scrutin truffé d’irrégularités. La communauté internationale, États-Unis en tête, l’Union européenne, et plusieurs pays latinos, ont refusé de reconnaître sa réélection. Un véritable cafouillage diplomatique.

Le tournant s’est accentué sous l’administration Biden, en janvier 2025. Ils ont carrément traité l’investiture de Maduro de simulacre et illégitime. Ils ont reconnu Edmundo Gonzalez, qui avait fui en Espagne entre-temps, comme le président légitime. Et la prime pour Maduro a grimpé à 25 millions de dollars. Ça commençait à faire beaucoup d’argent pour une tête.

Quand Trump est revenu au pouvoir en février 2025, la rhétorique s’est durcie. Le département d’État a placé des gangs comme le Tren de Aragua et la Mara Salvatrucha (MS-13) sur la liste des organisations terroristes étrangères, les présentant comme une menace majeure. Et puis en juillet, le fameux Cartel de los Soles (Cartel des Soleils) y a été ajouté, avec Maduro désigné comme son chef. Le Trésor américain affirmait que ce cartel soutenait financièrement le Tren de Aragua, tandis que certains experts latino-américains voyaient plutôt là un réseau de corruption au sein de l’armée vénézuélienne.

C’est à ce moment-là que la situation a basculé dans le domaine militaire. Trump a signé une directive secrète au Pentagone, autorisant l’usage de la force militaire contre certains cartels de la drogue, désormais considérés comme terroristes. Ça ouvrait la porte à des opérations directes à l’étranger, en mer et sur terre. En août, les choses sont devenues très concrètes : le Pentagone a commencé à déployer des navires de guerre, des avions de chasse et des milliers de soldats dans les Caraïbes, tout près des côtes vénézuéliennes. La tension est devenue palpable. Et pour bien marquer le coup, le 7 août, la prime pour Maduro a encore été augmentée, atteignant le montant astronomique de 50 millions de dollars.

L’escalade militaire : des frappes en mer à la menace sur terre

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Et puis est venu le moment où la pression est devenue de la force brute. Le 2 septembre 2025, c’est le début des hostilités directes. L’armée américaine attaque un premier navire parti du Venezuela, dans les eaux internationales. Ils tirent deux fois, le deuxième tir achève même les deux survivants du premier. Onze personnes trouvent la mort. Trump justifie l’attaque en parlant de terroristes du Tren de Aragua à bord.

Le Venezuela a tenté de répondre. Deux jours plus tard, le 4 septembre, deux avions de combat F-16 vénézuéliens ont survolé les navires américains en mer des Caraïbes, dans une démonstration jugée très provocatrice par le Pentagone. Maduro a même écrit une lettre à Trump le 6 septembre pour affirmer que son pays n’exportait pas de drogue. L’administration américaine a pris note, mais ça n’a rien changé. Pour montrer sa détermination, Maduro a ordonné le déploiement de 25 000 soldats aux frontières et sur les côtes le 7 septembre.

Les frappes américaines se sont enchaînées, presque mécaniquement. Le 15 septembre, une nouvelle attaque fait trois morts. Le 17 octobre, un autre bateau détruit dans les Caraïbes, trois morts de plus, et on apprenait que c’était le septième bateau touché depuis début septembre. L’horizon s’est élargi : le 21 octobre, une frappe a lieu dans le Pacifique, au large de la Colombie, faisant deux ou trois morts, suivie d’une autre le lendemain avec trois morts supplémentaires.

La posture américaine s’est faite de plus en plus agressive. Le 23 octobre, deux bombardiers B-1 américains ont survolé le Venezuela. Trump a déclaré, sans ambages, qu’il pouvait ordonner ces frappes sans avoir besoin d’une déclaration de guerre du Congrès. Le lendemain, le Pentagone a annoncé l’envoi du porte-avions Gerald Ford et de son escadre dans la région. Fin octobre, trois nouvelles frappes dans le Pacifique Est ont fait 15 morts.

En novembre, les menaces se sont précisées. Le 2 novembre, dans une interview à 60 Minutes, Trump a dit douter d’une guerre avec le Venezuela mais n’excluait pas les frappes terrestres. Il a même affirmé que les jours de Maduro étaient probablement comptés. Le 6 novembre, une 17e attaque depuis septembre a porté le bilan à 70 morts. Le 29 novembre, Trump a fait une déclaration surprenante sur les réseaux sociaux : il a dit que l’espace aérien au-dessus et autour du Venezuela devait être considéré comme fermé, une tentative claire pour isoler le pays. Caracas a répondu par des manœuvres militaires.

Les explications devenaient de plus en plus troubles. Le 2 décembre, le secrétaire à la Défense Pete Hegseth a invoqué le brouillard de la guerre pour justifier l’ordre donné par l’amiral Frank M. Bradley d’achever les survivants de l’attaque du 2 septembre. La pression économique est aussi venue s’ajouter. Le 10 décembre, les États-Unis ont saisi un grand pétrolier au large du Venezuela, et le 16 décembre, Trump a ordonné un blocus total des pétroliers sanctionnés, obligeant Maduro à envoyer des escortes navales pour protéger ses exportations de pétrole vers l’Asie.

Vers l’apogée : le blocus, les frappes clandestines et la capture finale

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La fin d’année 2025 a été particulièrement intense et opaque. Le 17 décembre, une frappe dans l’est du Pacifique a tué quatre présumés narcoterroristes. Le même jour, à Washington, la Chambre des représentants a rejeté deux résolutions qui auraient obligé Trump à obtenir l’accord du Congrès avant d’attaquer le Venezuela. Un signal politique fort de laisser-faire.

Les opérations navales se sont multipliées. Le 20 décembre, les garde-côtes américains ont tenté d’intercepter le pétrolier Bella 1 et ont saisi le Centuries, un navire transportant du pétrole vénézuélien pour un négociant chinois. Trois jours plus tard, l’armée a intensifié son dispositif en envoyant des avions de transport C-17 vers Porto Rico depuis des bases aux États-Unis et même au Japon.

Puis, l’escalade a franchi un nouveau seuil, plus discret. Fin décembre, probablement le 24, la CIA a mené une frappe de drone sur une installation portuaire au Venezuela. C’était la première opération américaine connue sur le sol vénézuélien. Elle visait un quai utilisé pour le transport de stupéfiants, et heureusement, elle n’a fait aucune victime. Le 31 décembre, une frappe contre deux bateaux a encore tué cinq personnes. À cette date, le décompte macabre était lourd : au moins 115 personnes tuées dans 35 frappes américaines depuis le 2 septembre. C’était une véritable campagne.

Et puis est arrivé le dénouement. Le 2 janvier 2026, après le début de frappes coordonnées sur Caracas et d’autres régions du pays (qui ont fait au moins 80 morts selon un responsable vénézuélien), Donald Trump a annoncé sur les réseaux sociaux l’impensable : les États-Unis avaient capturé Nicolas Maduro et l’avaient fait sortir du Venezuela par avion. Le lendemain, le 3 janvier, Maduro et son épouse arrivaient à New York. Ils ont été inculpés pour trafic de drogue et possession d’armes, et écroués dans une prison de Brooklyn.

Dans un dernier coup de théâtre, Trump a déclaré que les États-Unis allaient diriger le Venezuela, même si les collaborateurs de Maduro semblaient toujours en place. Le couple présidentiel a eu une première comparution, a repris le chemin de la prison, et leur prochaine audience est fixée au mardi 17 mars à 11h. Une fin spectaculaire pour un conflit qui couvait depuis des années, laissant derrière lui un pays en crise et une page d’histoire géopolitique profondément troublante.

Selon la source : ici.radio-canada.ca

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