Québec : manque-t-il d’électricité pour les grands projets industriels ?
Adam David - 2025-12-11 11:21
credit : lemorning.ca (image IA)
Des mégawatts sous haute tension

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Le débat sur l’énergie au Québec prend une tournure très politique, presque électrique. D’un côté, le gouvernement Legault mise sur une vision économique ambitieuse, promettant d’attirer des géants comme Google et Rio Tinto. De l’autre, l’opposition brandit des documents et pose une question qui fâche : reste-t-il réellement de l’électricité à distribuer ?
La réponse semble floue, et c’est tout le problème. On nous parle de projets qui nécessitent des centaines de mégawatts – des chiffres qui donnent le tournis quand on les compare à la consommation de villes entières. Pendant ce temps, Hydro-Québec émet des alertes et les ministres éludent les questions. On a l’impression d’un jeu de poker où personne ne veut montrer ses cartes.
Les chiffres qui inquiètent
Les révélations sont éloquentes. Près de 567 mégawatts seraient actuellement en analyse pour de futurs projets. Imaginez : 80 MW pour Google à Beauharnois, c’est l’équivalent de cinq fois la consommation résidentielle de la ville ! Pour Rio Tinto au Saguenay, on parle de 345 MW, soit le double de ce que consomment les citoyens de Saguenay. Ces ordres de grandeur, quand on les entend, ça fait réfléchir sur nos priorités.
Et ce n’est que la partie émergée de l’iceberg. L’opposition a sorti d’autres papiers montrant que la ministre Fréchette a déjà accordé ou pré-autorisé plus de 600 MW supplémentaires pour d’autres entreprises. La liste s’allonge : TES Canada, Nouveau Monde Graphite… On a beau essayer de suivre, c’est un peu vertigineux. Où va-t-on chercher toute cette électricité ?
Le gouvernement, bouche cousue
Le silence du gouvernement est, je trouve, assez révélateur. Mercredi, le premier ministre et sa ministre de l’Énergie ont été interrogés sept fois de suite à l’Assemblée. Sept fois, ils ont refusé de donner un chiffre sur la marge de manœuvre restante. « Informations stratégiques et confidentielles », ont-ils répété. On comprend la prudence, mais en même temps, cette opacité nourrit les doutes.
Pire, ils ont même fait retirer la vidéo d’une conférence de presse où un député montrait un tableau venant du bureau du premier ministre. Quand on commence à censurer les débats, c’est mauvais signe. Ça donne l’impression qu’il y a quelque chose à cacher, peut-être simplement une réalité inconfortable : la réserve est presque vide, et les beaux projets annoncés pourraient se heurter à un mur.
La course contre la montre des entreprises

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Le timing, c’est l’autre enjeu crucial. Les entreprises, elles, ne peuvent pas attendre des années. Prenez Rio Tinto : leur projet d’aluminium vert doit démarrer en 2027. Or, Hydro-Québec ne prévoit d’augmenter sa capacité de production qu’à partir de 2028. Comment va-t-on combler cet écart ? Mystère.
Et pour les centres de données comme celui de Google, la pression est encore plus forte. La course internationale est lancée maintenant. « C’est dans six mois, dans douze mois », explique un expert du secteur. Google a choisi son terrain à Beauharnois en 2021, mais sans mégawatts, le site reste un champ. Leur lobbying intense à Québec en dit long sur leur impatience. Ils ne vont pas patienter indéfiniment.
Conclusion : Une vision économique à l’épreuve des watts

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Au final, on se retrouve avec une contradiction de taille. Le gouvernement a une vision économique ambitieuse, mais elle semble se heurter à une contrainte physique très simple : la disponibilité de l’électricité. Attirer des investissements, c’est bien. Pouvoir les alimenter, c’est mieux. L’opposition a raison de pointer ce paradoxe : comment parler de grappe en défense ou de centres de données si on n’a pas les watts pour les faire fonctionner ?
La balle est maintenant dans le camp d’Hydro-Québec, qui doit dévoiler jeudi ses cartes des zones avec de la capacité restante. Espérons que cela apportera un peu de clarté. Parce que là, entre les projets sur la glace, les alertes de pénurie et les silences gouvernementaux, les Québécois ont le droit de savoir sur quel pied danser. L’énergie, c’est notre richesse collective. Sa gestion ne devrait pas être un secret d’État.
Selon la source : ici.radio-canada.ca
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