Virginie : les centres de données, riches voisins encombrants qui divisent les communautés

Virginie : les centres de données, riches voisins encombrants qui divisent les communautés credit : lemorning.ca (image IA)

Un rêve de quiétude devenu cauchemar sonore

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Greg Pirio avait acheté sa maison à Sterling, en Virginie, pour la tranquillité et la proximité de la forêt. Aujourd’hui, le chant des oiseaux a largement été remplacé par le bourdonnement constant des générateurs et des turbines d’un énorme centre de données voisin. « C’est comme avoir plusieurs avions à réaction dont les moteurs tournent constamment », compare-t-il, amer.

Ce n’est pas un cas isolé. Alors que le Québec songe à attirer ces infrastructures, des résidents de la région surnommée « Data Center Alley » lancent un avertissement sévère. Ils décrivent une prolifération incontrôlée de ces « mammouths » technologiques, qui transforme leur cadre de vie et engendre des conflits d’une ampleur surprenante.

L’impact quotidien : bruit, paysage et craintes pour l’avenir

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Le projet présenté aux riverains il y a quelques années n’avait pas cette envergure, assure M. Pirio, qui se sent trompé. Le bâtiment de six étages, équipé de groupes électrogènes au diesel, a remplacé un boisé. « Qui, en toute conscience, viendrait acheter une propriété ici avec tout ce bruit ? », s’interroge-t-il, inquiet pour la valeur de son bien.

Un peu plus loin, à Ashburn, Vicky Hu et Will Taggart craignent pour leur propriété cossue. Ils sont en conflit avec le fournisseur d’électricité Dominion Energy au sujet d’un tracé de ligne haute tension. « Après avoir appris la nouvelle, je pleurais tous les soirs », confie Mme Hu, courtière immobilière, redoutant l’installation d’un pylône de 56 mètres à quelques mètres de chez elle.

La capitale mondiale des données, entre manne financière et saturation

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Le comté de Loudoun abrite près de 200 centres de données, la plus forte concentration mondiale, avec une centaine d’autres en projet. Cette industrie est une véritable manne : elle devrait rapporter 895 millions de dollars de taxes en 2025, finançant routes, écoles et équipements sportifs. Le nord de la Virginie traite à lui seul 13% du trafic mondial de données.

Mais l’élue locale Laura TeKrony estime que la communauté a atteint un « point de bascule ». Les installations empiètent de plus en plus sur les zones résidentielles. Le comté a d’ailleurs durci sa réglementation au printemps, ne les considérant plus comme de simples tours de bureaux. « Il ne faut pas mettre tous ses œufs dans le même panier », met-elle en garde.

La tension monte : fardeau électrique et réaction politique

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L’appétit énergétique colossal de ces centres pose un problème majeur. Les résidents craignent des pannes plus fréquentes et voient leur facture augmenter – de 11$ par mois en Virginie à partir de janvier. La consommation pourrait tripler d’ici 2028 aux États-Unis. La gouverneure démocrate Abigail Spanberger a promis de faire payer leur « juste part » aux géants du numérique.

Au niveau fédéral, le sénateur Sheldon Whitehouse propose une loi pour taxer les centres selon leurs émissions de carbone, sauf s’ils produisent leur énergie propre. « Elles doivent le faire et ne pas essayer de tromper tout le monde », assène-t-il. Mais le texte a peu de chances de passer dans un Congrès républicain, et l’industrie rejette les mesures coercitives.

Conclusion : Un avertissement pour le Québec et l’avenir

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Face à cette expansion, l’industrie met en avant ses retombées économiques – 74 000 emplois et 5,5 milliards en salaires annuels en Virginie – et ses investissements dans les énergies vertes. Dan Diorio, de la Data Center Coalition, y voit « l’épine dorsale de l’économie du XXIe siècle ».

Mais pour les résidents comme Greg Pirio, le déséquilibre est flagrant. Ces sociétés « valent des milliards, armées d’avocats et de lobbyistes », face à des « gens ordinaires ». Leur conseil aux élus québécois est sans appel : « Organisez-vous et prenez les devants. Mettez les gens avant les profits. » Un avertissement sur les coûts cachés d’une économie numérisée à outrance.

Selon la source : ici.radio-canada.ca

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