Tensions à Air Transat : une grève des pilotes menace le temps des Fêtes

Tensions à Air Transat : une grève des pilotes menace le temps des Fêtes credit : lemorning.ca (image IA)

Menace de grève à l’horizon pour les voyages de fin d’année

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Pour des milliers de voyageurs, les vacances des Fêtes pourraient bien prendre un tour inattendu cette année. Air Transat, la compagnie aérienne de loisirs bien connue des Québécois, se prépare en effet à annuler des vols cette semaine. La raison ? Un conflit de travail avec ses 750 pilotes, représentés par l’Association internationale des pilotes de ligne (ALPA). Un préavis de grève de 72 heures a été déposé, et la date butoir est fixée à mercredi matin, à 3 heures, heure de l’Est. Imaginez le casse-tête pour les familles qui comptent sur ces vols pour se réunir.De son côté, la direction de Transat A.T. tente de minimiser les perturbations. Lundi midi, aucun vol n’avait encore été annulé, selon les données de suivi. Mais la société a reconnu que les annulations allaient probablement se multiplier à l’approche de l’échéance. Pour anticiper le mouvement, quatre vols supplémentaires ont même été ajoutés lundi pour rapatrier les passagers qui craignaient d’être bloqués à l’étranger après mercredi. Un geste qui montre bien l’inquiétude palpable des deux côtés du comptoir.

Les enjeux de la négociation : salaires, sécurité et rétention

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Les pilotes réclament, franchement, de meilleures conditions. Leur convention collective actuelle a dix ans, vous vous rendez compte ? Ils veulent une amélioration des salaires, mais aussi de la sécurité d’emploi et de la qualité de vie. La compagnie, elle, affirme avoir fait une offre représentant des avancées de 59% dans l’échelle salariale. Mais voilà, le vice-président de l’ALPA, Louis-Éric Mongrain, lui-même pilote chez Air Transat, relativise ces chiffres. « Si on avait eu une offre réelle de 59 % d’augmentation sur cinq ans, on l’aurait présentée à nos membres et on ne serait pas devant vous présentement », a-t-il lancé en entrevue.Il insiste sur le fait que ses membres veulent une entente négociée de bonne foi. C’est un point crucial. Même son de cloche du côté de la direction, mais avec un certain optimisme de façade. Dave Bourdages, vice-président à l’exploitation, a déclaré qu’il y avait eu des échanges « intéressants » et que son équipe était « confiante » de parvenir à une entente. Les deux parties négocient 24 heures sur 24 à Montréal, avec la pression des Fêtes qui pèse sur leurs épaules. C’est tendu, mais le dialogue n’est pas rompu.

Un calendrier fragile et des passagers inquiets

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L’impact potentiel est énorme, vous savez. La flotte d’Air Transat, c’est environ 40 avions qui assurent plus de 500 vols par semaine. Des dizaines de milliers de passagers sont concernés. Même si une grève était évitée au dernier moment, les annulations préventives pourraient bousculer l’horaire pendant plusieurs jours. Geraint Harvey, un professeur en relations de travail, explique le problème simplement : les vols sont des « produits périssables ». Dès qu’on annule, l’argent est perdu, et c’est particulièrement vrai en haute saison hivernale, où les avions sont pleins et les tarifs élevés.À l’aéroport Pearson de Toronto, l’inquiétude est palpable. Adrianna McLean, qui partait pour Cancún, a confié son espoir que « tout va s’arranger ». Elle et son compagnon doivent rentrer le 16 décembre. « Nous sommes censés reprendre le travail assez rapidement après notre retour », a-t-elle dit. Et si leur vol est annulé ? Ils n’ont pas vraiment de plan B. La compagnie a distribué des lettres indiquant que les passagers pouvaient annuler et recevoir un crédit valable 12 mois. Une maigre consolation face à l’incertitude.

Un contexte financier et politique déjà complexe

Cette menace de grève survient à un moment délicat, pour ne pas dire critique, pour l’entreprise montréalaise. Air Transat peine à redresser ses finances, avec une dette colossale de 1,4 milliard de dollars. Faire un bénéfice annuel serait une première depuis 2018. En plus de ça, le conseil d’administration doit gérer une tentative de prise de contrôle du côté de Pierre Karl Péladeau, le patron de Québecor, qui détient 9.5% de Transat. Il a exigé la semaine dernière un remaniement du conseil et une refonte de la stratégie.Et puis, il y a le problème de fond : la pénurie de pilotes. Selon Bradley Small, qui dirige la section Air Transat de l’ALPA, plus de 180 pilotes, soit un sur quatre, ont quitté la compagnie après la pandémie. Beaucoup sont partis vers des concurrents offrant de meilleurs salaires. C’est la grande hémorragie. Les pilotes d’Air Transat regardent aussi ce qui se passe ailleurs : ceux d’Air Canada ont obtenu près de 42% d’augmentation sur quatre ans l’an dernier, et ceux de WestJet, 24% en 2023. Ils veulent leur part du gâteau, et c’est compréhensible.

Conclusion : Un vote massif pour la grève, l’ultimatum approche

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Alors, où en est-on ? Les pilotes ont voté massivement : 99% en faveur de la grève, avec une participation de 98%. C’est un mandat très clair. La période de réflexion de 21 jours qui suit les négociations de conciliation prend fin le 10 décembre. À cette date, le syndicat pourra déclencher la grève, et l’employeur pourra imposer un lock-out. Le compte à rebours est lancé. Tous les espoirs reposent maintenant sur les négociations marathon à Montréal.Je reste un peu sceptique, pour tout vous dire. D’un côté, les deux parties affirment vouloir une solution négociée. De l’autre, les positions semblent encore bien éloignées. L’offre de médiation de Pierre Karl Péladeau a été mise de côté pour le moment, les acteurs préférant s’en remettre au processus en cours. Pour les voyageurs, le mieux est sans doute de suivre de près les communications de la compagnie et de prévoir des plans alternatifs. Espérons que la raison l’emporte, pour éviter un Noël gâché au sol.

Selon la source : ici.radio-canada.ca

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