Le ton monte entre Ottawa et Stellantis
Ça ne rigole plus du tout dans le secteur automobile, et surtout pas entre le gouvernement canadien et le géant Stellantis. La ministre de l’Innovation, des Sciences et de l’Industrie, Mélanie Joly, a frappé un grand coup jeudi en annonçant que son gouvernement enverrait un avis officiel pour défaut de paiement. Oui, vous avez bien entendu : défaut de paiement, tout simplement, en vertu des fameux contrats de financement qui liaient l’entreprise à l’État pour ses usines de Windsor et de Brampton, dans le sud de l’Ontario.Mme Joly a fait cette annonce devant le Comité permanent du commerce international, histoire de bien montrer que c’est une affaire sérieuse, qui touche directement l’emploi chez nous. Franchement, quand on parle d’avis formel, c’est que la confiance est rompue, n’est-ce pas? On ne prend pas cette décision à la légère quand des millions de dollars publics sont en jeu.
L’origine de la discorde : 3000 emplois en péril

credit : lemorning.ca (image IA)
Mais alors, qu’est-ce qui a mis le feu aux poudres? Il faut remonter à octobre dernier. Stellantis, on s’en souvient, avait décidé de transférer la production de la future génération du VUS Jeep Compass. Au lieu de la laisser à l’usine de Brampton, dans la région de Toronto, ils ont choisi d’envoyer la production en Illinois. C’est une décision qui met directement quelque 3000 emplois canadiens en péril. Trois mille familles qui se retrouvent dans l’incertitude. C’est colossal, non?Ce geste est d’autant plus frustrant que le gouvernement canadien avait déjà mis la main à la poche. Pour moderniser les usines de Brampton et de Windsor, Ottawa avait déjà alloué au moins 222 millions de dollars. Quand on donne cet argent, c’est pour garantir qu’on garde les emplois et les activités ici, pas pour regarder la production partir ailleurs! C’est un peu le cœur du problème, je suppose.
La fermeté affichée pour défendre l’économie
Devant la commission, la ministre Joly a tenu un discours très ferme, un peu martial, même. Elle a déclaré qu’en matière de protection des emplois dans l’automobile, « nous ne laisserons pas tomber ces industries ». Ce sont des paroles fortes, vous voyez.Elle a insisté sur le fait que le gouvernement resterait « ferme pour nos travailleurs, nos industries et notre pays » parce que défendre ces emplois, selon elle, c’est ni plus ni moins que défendre le pilier économique du Canada et les moyens de subsistance d’innombrables familles. C’est bien sûr la position qu’il fallait prendre publiquement. Après tout, les contrats entre Stellantis et le fédéral comprenaient, paraît-il, des garanties d’emploi pour l’usine de Brampton. On ne les a jamais rendus publics, certes, mais ils existent, semble-t-il.
Le poids des subventions et les autres partenariats
Il ne faut pas oublier que Stellantis n’est pas le seul bénéficiaire de l’aide fédérale. Il y a aussi toute l’histoire autour de la production de batteries. NextStar Energy, qui est une coentreprise entre Stellantis et LG Energy Solutions (le fabricant sud-coréen de batteries, si je me souviens bien), a elle aussi reçu un montant assez impressionnant : plus de 530 millions de dollars de financement fédéral ces dernières années. Quand on additionne tout cet argent public, l’enjeu devient vraiment, vraiment important.
Quand vous mettez des centaines de millions sur la table pour encourager l’investissement, vous vous attendez à un retour, une sorte de loyauté, disons. La décision de Stellantis de partir quand même aux États-Unis pour le Jeep Compass, malgré tout cet engagement, a bien sûr provoqué une grosse frustration chez les membres du comité parlementaire. Et on les comprend!
La réponse de Stellantis : « Nous n’avons rien manqué »
Évidemment, Stellantis ne va pas rester les bras croisés face à une telle accusation. De son côté, l’entreprise insiste sur le fait qu’elle n’a pas fermé l’usine de Brampton. Non, non. Ils travaillent, disent-ils, avec le gouvernement et d’autres partenaires pour « trouver des solutions viables » pour leur installation. Bon, c’est ce qu’on dit dans ces situations, je suppose.Lors d’une audience parlementaire qui se tenait en même temps jeudi, la directrice des affaires extérieures pour la filiale canadienne de Stellantis, Teresa Piruzza, a même soutenu qu’elle n’était pas au courant de l’annonce de Mélanie Joly. Elle a ajouté, de manière très claire, qu’ils ne reconnaissaient pas « avoir manqué à [leurs] obligations contractuelles ». Alors là, on a un désaccord majeur : l’un dit qu’il y a défaut, l’autre dit qu’il n’y a rien. Qui a raison? Seuls les détails des contrats, qui ne sont pas publics, pourront vraiment le dire.
Conclusion : l’issue de ce bras de fer reste incertaine
La situation est délicate, c’est le moins qu’on puisse dire. Le gouvernement a entamé un processus formel de règlement des différends il y a un mois, et l’envoi de cet avis officiel marque clairement une escalade. C’est une façon très ferme de rappeler à Stellantis que les garanties d’emploi étaient liées aux investissements massifs reçus, qu’il s’agisse des 222 millions pour les usines ou des 530 millions pour la coentreprise de batteries.Pour les travailleurs de Brampton et de Windsor, l’avenir est suspendu à cette négociation. On espère tous que le gouvernement réussira à obtenir gain de cause, car défendre ces emplois, c’est crucial. Affaire à suivre, car quand un géant automobile et un gouvernement s’affrontent, les retombées sont toujours énormes pour l’ensemble du pays.
Selon la source : ici.radio-canada.ca
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