Assurance habitation et climat: des algorithmes secrets décident si votre maison est « inondable »
Mathieu Gagnon - 2025-12-02 11:29
credit : lemorning.ca (image IA)
La surprise glaciale de diane morin
Quand elle a demandé des comptes, Beneva a d’abord mis la faute sur le ministère de l’Environnement du Québec. Sauf que, surprise! Après vérification auprès de sa propre municipalité, Diane Morin a découvert que les explications de l’assureur étaient fausses. Elle n’était « pas du tout en zone inondable, même en vertu des nouvelles cartes du gouvernement », insiste-t-elle. L’assureur a finalement reconnu son erreur… mais a maintenu sa décision, invoquant cette fois des « données internes et des fournisseurs privés ». Mystère total, silence radio pour la consommatrice. Le problème est là : ces évaluations, utilisées pour la microtarification, sont opaques, et le citoyen n’a aucun moyen de vérifier s’il se fait mentir ou non.
La microtarification : des risques à la loupe (et des coûts qui explosent)

credit : lemorning.ca (image IA)
Cette industrie de l’analyse climatique est en pleine expansion et on estime qu’elle pourrait peser 17 milliards de dollars d’ici 2034. Ces entreprises spécialisées brassent des données publiques (satellites de la NASA, topographie fédérale, mesures hydrométriques) et les font mouliner par des superordinateurs et de l’intelligence artificielle pour créer des modèles de risque ultra-précis. Sauf que cette précision, ou du moins la tentative de précision, donne des résultats totalement variés d’une compagnie à l’autre.
Des évaluations divergentes et la « chasse au trésor » du courtier

credit : lemorning.ca (image IA)
La courtière a fait l’exercice pour Diane Morin, et les résultats sont éloquents. Les offres de couverture variaient énormément, allant d’un maigre 60 000 $ à un plus rassurant 250 000 $. C’est la preuve que chaque assureur analyse le risque à sa façon à lui, comme le souligne Mme Rivard. Et ça rend la recherche d’une assurance correcte une véritable « chasse au trésor ».
Le piège des « modèles en silo » et le secret commercial

credit : lemorning.ca (image IA)
Pendant ce temps, l’Autorité des marchés financiers (AMF) au Québec, notre « chien de garde » de l’industrie, dit qu’elle est consciente que la qualité des données climatiques est un problème majeur, mais admet qu’elle ne valide généralement pas ces données privées. L’assuré, lui, se sent complètement impuissant, comme Diane Morin qui ne savait « aucune idée de quoi ils parlaient ».
L’urgence de développer des modèles climatiques publics

credit : lemorning.ca (image IA)
Le problème, c’est que les cartes publiques existantes sont souvent dépassées et se concentrent seulement sur le débordement des cours d’eau, ignorant des risques cruciaux comme le ruissellement urbain ou les refoulements d’égouts. Le scientifique Adam Sobel, cité dans la revue Nature en 2024, résume bien la situation : lorsque les gouvernements doivent prendre des décisions politiques difficiles en matière d’adaptation au climat, ils ont besoin d’informations qui ont été soumises à un « examen public et à un débat ouvert ».
La sécurité nationale face à la marchandisation des données

credit : lemorning.ca (image IA)
Ce genre de situation met en lumière un point essentiel, martelé par Philippe Gachon : le partage d’information, ça sauve des vies. Le réchauffement climatique est une « tragédie collective », et l’information pour s’y adapter doit être considérée comme un bien public. Il ne faudrait surtout pas que cette information cruciale soit « détenue seulement par les plus riches ».
Conclusion : l’assuré, le dindon de la farce

credit : lemorning.ca (image IA)
La seule solution réaliste à ce jour pour un consommateur est de faire ce que Diane Morin a fait : porter plainte à l’AMF et surtout, vérifier avec plusieurs assureurs ou un courtier pour comparer les offres. Mais en attendant que les gouvernements investissent dans des modèles climatiques ouverts et transparents, le manque d’information critique demeure un problème fondamental et dangereux pour nous tous.
Selon la source : ici.radio-canada.ca
Ce contenu a été créé avec l’aide de l’IA.