La facture salée des tarifs Trump: ce sont les petites entreprises américaines qui paient l’addition, pas la Chine

La facture salée des tarifs Trump: ce sont les petites entreprises américaines qui paient l’addition, pas la Chine credit : lemorning.ca (image IA)

Le chaos de la survie au vermont

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« Chaotique. » C’est le mot, un mot bien simple mais très parlant, que Robby Ringer a choisi pour décrire les neuf derniers mois de son existence professionnelle. Robby, il faut le savoir, est un passionné de vélo, de grand air. En 2020, il a cofondé Bivo, une petite entreprise spécialisée dans la fabrication de bouteilles en acier inoxydable, vous savez, celles que les cyclistes adorent.

Mais cette année n’a pas été celle de l’essor tant espéré. Ils avaient de grands espoirs de devenir enfin profitables. Finalement, tout ça est tombé à l’eau. Ils ont dû mettre de côté les projets d’expansion pour se concentrer uniquement sur leur survie quotidienne.

Leurs bouteilles viennent de Chine, comme plus de 60 % de la production mondiale d’acier inoxydable. Et c’est là que l’administration Trump est entrée dans le jeu, avec des droits de douane qui ont monté, attendez-vous bien, jusqu’à 145 % avant de se calmer un peu après une rencontre entre les présidents. Imaginez le coup de massue!

Une énergie perdue dans l’incertitude douanière

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Carina Hamel, l’autre cofondatrice de Bivo, raconte comment ils ont dû passer des mois à refaire leurs plans, à s’ajuster sans arrêt. C’était un véritable exercice de funambule commercial, vous voyez. Il fallait sans cesse tenter de deviner quels produits faire venir, quand, et lesquels exporter. C’est épuisant, n’est-ce pas?

Elle explique qu’au printemps, ils ont réussi, par chance ou par un planning de dernière minute vraiment tendu, à faire arriver une grosse cargaison dans leur entrepôt de Richmond, au Vermont. Tout juste avant que les droits de douane les plus élevés ne s’appliquent. Cette course contre la montre résume bien leur calvaire. Elle l’a dit elle-même : « Nous avons perdu beaucoup d’énergie et avions peu de certitude sur ce qui serait la meilleure manière d’avancer. »

Du vermont à la cour suprême : la légalité en question

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Face à ce stress permanent et à ces coûts exorbitants, Bivo n’est pas restée seule. La compagnie du Vermont a rejoint des centaines d’autres PME américaines qui ont décidé d’attaquer les politiques tarifaires de Washington en justice. Elles ont même réussi à porter leur cause devant la Cour suprême des États-Unis. Pensez-y, une petite entreprise de bouteilles devant les neuf juges!

L’enjeu est colossal : déterminer si la méthode employée par le président pour imposer ces droits de douane est bien légale. Certains magistrats se demandent si ces tarifs ne devraient pas être considérés comme une simple taxe, dont l’imposition devrait logiquement relever du Congrès, et non de la Maison-Blanche.

Le mythe : « c’est la chine qui paie »

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Carina Hamel soulève un point fondamental, quelque chose que beaucoup d’Américains, je suppose, ne réalisent pas vraiment. Elle insiste : « Beaucoup de gens pensent que la Chine paie ces tarifs. Bien sûr, ce n’est pas le cas. Ce sont nos entreprises qui paient. » Elle a raison, n’est-ce pas? Ces taxes, ce sont les importateurs américains qui les avancent au port d’arrivée.

Pour Bivo, la facture est salée : depuis le début de l’année, ils ont dû débourser jusqu’à 75 000 $ US en droits de douane. C’est de l’argent sorti de la poche de l’entreprise avant même qu’une seule bouteille ne soit vendue sur le territoire américain. C’est de la trésorerie qui s’envole, tout simplement.

Un milliard de dollars aspiré des communautés

Dans ce combat, Bivo peut compter sur l’appui de son État, le Vermont, qui est d’ailleurs majoritairement démocrate. Mike Pieciak, le responsable des finances de l’État, a chiffré l’impact de ces politiques. Et le chiffre fait froid dans le dos : il a estimé que cette politique tarifaire se traduirait par des dépenses additionnelles d’un milliard de dollars par an pour les résidents du Vermont.

Comme il l’a si bien dit, en substance : « Quand le gouvernement fédéral impose des tarifs douaniens, il aspire de l’argent de nos communautés, de nos poches, pour l’envoyer directement à Washington. » Et c’est bien ça le problème, n’est-ce pas? L’argent qui devrait servir à investir localement ou à créer des emplois disparaît en frais douaniers.

Pour Robby Ringer, la conséquence est claire. Quand on doit se battre pour composer avec ces frais, on arrête de construire, on arrête d’investir. Leur priorité, c’est d’abord s’assurer que les huit personnes qu’ils emploient puissent « se nourrir ».

La stratégie de l’ajustement et le ressentiment canadien

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Même si Robby Ringer comprend la volonté de l’administration Trump de rapatrier des emplois manufacturiers, il rappelle que ça ne se fait pas en appuyant simplement sur un « interrupteur ». Le changement prend du temps, beaucoup de temps, et de la stabilité. En attendant, Bivo continue de s’adapter, ajustant sa stratégie en exportant une partie de sa production directement en Europe, où le marché est florissant.

Mais même chez leurs voisins, au Canada, les impacts se font sentir. Carina Hamel raconte que leurs partenaires canadiens leur rapportent que d’éventuels nouveaux détaillants ne veulent plus vendre de produits américains. Elle comprend d’ailleurs la colère que peuvent ressentir les Canadiens face aux discours venus de Washington.

Conclusion : rêver d’un peu de répit

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La cause est maintenant en délibéré à la Cour suprême. Pendant ce temps, bien que le conflit commercial semble s’être un peu calmé, Carina Hamel et Robby Ringer savent qu’ils ne reverront probablement jamais l’argent qu’ils ont déjà dépensé en droits de douane. Leur lutte aura cependant servi à montrer au public américain la vérité derrière ces tarifs : ce sont les PME et les consommateurs qui en subissent le poids financier, et non les puissances étrangères.

Robby Ringer, sans se faire d’illusions, rêve simplement « d’un peu de répit ». Pas forcément d’une stabilité complète – il reste réaliste – mais juste de moins de chaos que ce qu’ils ont traversé. Pour des centaines d’entrepreneurs américains, c’est le seul espoir palpable en ce moment difficile.

Selon la source : ici.radio-canada.ca

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