Aides financières pour l’industrie forestière : l’argent promis tarde et les scieries du Nord de l’Ontario s’inquiètent
Mathieu Gagnon - 2025-11-25 10:44
credit : lemorning.ca (image IA)
L’urgence des liquidités face à la guerre tarifaire

Le secteur est déjà à genoux, affaibli par une sale guerre commerciale. Depuis octobre, il faut composer avec des droits de douane américains combinés qui frôlent les 45 % sur le bois d’œuvre, ce qui est absolument énorme. C’est une catastrophe pour la région : 128 000 emplois directs et indirects dépendent de cette industrie en Ontario, et déjà au moins quatre scieries ont dû baisser pavillon, que ce soit temporairement ou indéfiniment. Quelle tristesse.
L’appel pressant des dirigeants pour une aide immédiate

Si ses opérations tiennent, c’est grâce à de bons coûts d’approvisionnement, mais jusqu’à quand? Il exhorte les élus à se dépêcher, car l’urgence est réelle. Il attend d’ailleurs lui-même l’accès au financement fédéral. «Je comprends que [la mise en place] peut prendre du temps, mais à un moment donné, nous on attend et le besoin aussi est urgent», a-t-il déclaré. Il n’avait pas l’impression non plus que l’industrie était au premier plan des négociations commerciales, ce qui est assez frustrant.
Le milliard d’ottawa introuvable

M. Dunn reconnaît la complexité de la situation : la plupart des scieries et des producteurs de bois massif sont «probablement dans le rouge en termes de rentabilité» en ce moment, ici en Ontario et ailleurs au Canada. Les entreprises s’efforcent de garder la tête hors de l’eau, de maintenir les emplois, mais ça devient vraiment difficile de maintenir les activités, confie-t-il.
Les 300 millions de l’ontario : un effort qui ne suffit pas

Les annonces, c’est bien, mais la priorité doit être de «trouver une solution et régler le différend» tarifaire avec les États-Unis. Si la situation perdure, M. Dunn craint que la province n’enregistre davantage de fermetures, des réductions de quarts de travail, et des périodes d’inactivité prolongées. C’est ça qui fait peur : voir des communautés entières souffrir de l’incertitude.
Les sous-traitants, les oubliés des programmes d’aide

Pourquoi? Parce qu’elles se concentrent sur les scieries, mais oublient tous les autres intervenants! Je parle des gens qui travaillent dans la cueillette de bois, de ceux qui s’occupent de l’abattage, et des entreprises qui sont des sous-traitants essentiels, comme le transport ou les équipements lourds. M. Bergeron explique que ces maillons de la chaîne n’ont pas été pris suffisamment en compte. Durant cette période d’incertitude économique, ce sont souvent les entreprises déjà fragiles qui finissent par fermer boutique les premières. C’est l’effet domino.
Propositions pour l’avenir : utiliser notre bois au canada et à l’étranger

Il suggère même de revoir le code du bâtiment à l’échelle du pays, afin d’utiliser beaucoup plus de bois dans toutes les constructions neuves. Et puis, il y a l’international. On ne doit pas se limiter aux États-Unis. Il pense aux besoins de reconstruction gigantesques dans des zones de conflit. Notre bois, qui est selon lui «le meilleur au monde», pourrait être utilisé là pour rebâtir des communautés, citant notamment l’Ukraine ou Gaza. Enfin, il suggère un appui indirect essentiel : faciliter le transport des produits forestiers, ce qui, on s’entend, aiderait énormément le secteur.
Le besoin criant de célérité gouvernementale

Pendant ce temps, les marges de profit fondent et le risque de fermetures définitives s’accroît. Il ne suffit pas de faire de belles déclarations; il faut que l’argent arrive là où le besoin est urgent. Comme l’a si bien dit M. Lessard, ils attendent, et le besoin, lui, est urgent. À l’heure où nous écrivons, le gouvernement fédéral n’avait d’ailleurs pas encore commenté la situation. Le temps nous dira si ces entreprises réussiront à tenir le coup en attendant que l’aide promise les rattrape.
Selon la source : ici.radio-canada.ca
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