Aides financières pour l’industrie forestière : l’argent promis tarde et les scieries du Nord de l’Ontario s’inquiètent

Aides financières pour l’industrie forestière : l’argent promis tarde et les scieries du Nord de l’Ontario s’inquiètent credit : lemorning.ca (image IA)

L’urgence des liquidités face à la guerre tarifaire

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On dirait que l’argent des gouvernements voyage toujours à la vitesse de l’escargot, n’est-ce pas? Surtout quand c’est urgent! C’est exactement ce que vivent nos amis de l’industrie forestière, en particulier dans le Nord de l’Ontario. Ils nous disent haut et fort que l’aide financière promise, tant par Ottawa que par la province, n’arrive tout simplement pas dans leurs coffres. Et le temps presse, croyez-moi.

Le secteur est déjà à genoux, affaibli par une sale guerre commerciale. Depuis octobre, il faut composer avec des droits de douane américains combinés qui frôlent les 45 % sur le bois d’œuvre, ce qui est absolument énorme. C’est une catastrophe pour la région : 128 000 emplois directs et indirects dépendent de cette industrie en Ontario, et déjà au moins quatre scieries ont dû baisser pavillon, que ce soit temporairement ou indéfiniment. Quelle tristesse.

L’appel pressant des dirigeants pour une aide immédiate

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Michel Lessard, le PDG de Produits Forestiers GreenFirst, a réussi à éviter les fermetures jusqu’à présent, mais il est loin d’être serein concernant l’avenir de ses quatre usines nord-ontariennes. Il dit que l’environnement est «vraiment très difficile actuellement», et qu’il doit surveiller les liquidités comme le lait sur le feu.

Si ses opérations tiennent, c’est grâce à de bons coûts d’approvisionnement, mais jusqu’à quand? Il exhorte les élus à se dépêcher, car l’urgence est réelle. Il attend d’ailleurs lui-même l’accès au financement fédéral. «Je comprends que [la mise en place] peut prendre du temps, mais à un moment donné, nous on attend et le besoin aussi est urgent», a-t-il déclaré. Il n’avait pas l’impression non plus que l’industrie était au premier plan des négociations commerciales, ce qui est assez frustrant.

Le milliard d’ottawa introuvable

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Souvenez-vous, en août dernier, le fédéral avait promis une somme impressionnante : un investissement allant jusqu’à 1,2 milliard de dollars pour soutenir ce secteur. Un beau chiffre, n’est-ce pas? Sauf que, selon Ian Dunn, le président de l’Association des industries forestières de l’Ontario (OFIA), ce financement n’a encore bénéficié à aucune entreprise membre. Aucune, figurez-vous!

M. Dunn reconnaît la complexité de la situation : la plupart des scieries et des producteurs de bois massif sont «probablement dans le rouge en termes de rentabilité» en ce moment, ici en Ontario et ailleurs au Canada. Les entreprises s’efforcent de garder la tête hors de l’eau, de maintenir les emplois, mais ça devient vraiment difficile de maintenir les activités, confie-t-il.

Les 300 millions de l’ontario : un effort qui ne suffit pas

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Bien sûr, l’Ontario a fait sa part. Le gouvernement provincial souligne d’ailleurs ses investissements à hauteur de 300 millions de dollars dans des programmes d’appui, offerts en subventions et en prêts. C’est déjà ça, et l’OFIA est reconnaissante. Cependant, Ian Dunn insiste, il en faudra plus pour sortir de la crise.

Les annonces, c’est bien, mais la priorité doit être de «trouver une solution et régler le différend» tarifaire avec les États-Unis. Si la situation perdure, M. Dunn craint que la province n’enregistre davantage de fermetures, des réductions de quarts de travail, et des périodes d’inactivité prolongées. C’est ça qui fait peur : voir des communautés entières souffrir de l’incertitude.

Les sous-traitants, les oubliés des programmes d’aide

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Pour compliquer les choses, Gilles Bergeron, un économiste et professeur à la retraite de l’Université du Québec à Chicoutimi, soulève un point souvent négligé. Les modèles d’aide actuels, selon lui, sont trop étroits et ne suffiront pas pour stabiliser toutes les entreprises qui dépendent de l’industrie forestière.

Pourquoi? Parce qu’elles se concentrent sur les scieries, mais oublient tous les autres intervenants! Je parle des gens qui travaillent dans la cueillette de bois, de ceux qui s’occupent de l’abattage, et des entreprises qui sont des sous-traitants essentiels, comme le transport ou les équipements lourds. M. Bergeron explique que ces maillons de la chaîne n’ont pas été pris suffisamment en compte. Durant cette période d’incertitude économique, ce sont souvent les entreprises déjà fragiles qui finissent par fermer boutique les premières. C’est l’effet domino.

Propositions pour l’avenir : utiliser notre bois au canada et à l’étranger

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Alors, quelles sont les solutions concrètes proposées par le secteur pour moins dépendre des emprunts et des négociations commerciales? Michel Lessard est plein d’idées. D’abord, il faudrait augmenter la construction domiciliaire chez nous et prioriser l’utilisation du bois canadien pour chaque nouveau bâtiment. Simple, non?

Il suggère même de revoir le code du bâtiment à l’échelle du pays, afin d’utiliser beaucoup plus de bois dans toutes les constructions neuves. Et puis, il y a l’international. On ne doit pas se limiter aux États-Unis. Il pense aux besoins de reconstruction gigantesques dans des zones de conflit. Notre bois, qui est selon lui «le meilleur au monde», pourrait être utilisé là pour rebâtir des communautés, citant notamment l’Ukraine ou Gaza. Enfin, il suggère un appui indirect essentiel : faciliter le transport des produits forestiers, ce qui, on s’entend, aiderait énormément le secteur.

Le besoin criant de célérité gouvernementale

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En définitive, le cœur du problème demeure la lenteur administrative et le fossé entre les annonces politiques et la réalité sur le terrain. Les entreprises forestières, qui soutiennent des milliers d’emplois vitaux, attendent désespérément que les fonds promis par Ottawa (jusqu’à 1,2 milliard de dollars) et les aides provinciales (300 millions de dollars) se matérialisent.

Pendant ce temps, les marges de profit fondent et le risque de fermetures définitives s’accroît. Il ne suffit pas de faire de belles déclarations; il faut que l’argent arrive là où le besoin est urgent. Comme l’a si bien dit M. Lessard, ils attendent, et le besoin, lui, est urgent. À l’heure où nous écrivons, le gouvernement fédéral n’avait d’ailleurs pas encore commenté la situation. Le temps nous dira si ces entreprises réussiront à tenir le coup en attendant que l’aide promise les rattrape.

Selon la source : ici.radio-canada.ca

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