L’Intelligence artificielle est-elle une bulle boursière : trop beau pour être vrai?

L’Intelligence artificielle est-elle une bulle boursière : trop beau pour être vrai? credit : lemorning.ca (image IA)

La peur du krach des années 2000

Avouons-le, quand on voit la Bourse s’envoler de façon aussi spectaculaire, surtout avec les titres liés à l’intelligence artificielle (IA), une petite voix s’inquiète : est-ce qu’on revit le début des années 2000? Je parle évidemment de l’éclatement de cette fameuse bulle technologique qui avait fait des ravages considérables. La question se pose sérieusement aujourd’hui : une bulle de l’IA est-elle en train de gonfler, prête à exploser?L’euphorie actuelle autour des titres d’IA a catapulté leur valeur ces derniers mois. Nous devons nous demander si cette embellie n’est pas le signe d’un embrasement spéculatif qui pourrait bien nous mener tout droit au scénario catastrophe que nous avons connu il y a deux décennies. Ça mérite qu’on y regarde de plus près, n’est-ce pas?

Flashback : le spectre de la bulle techno

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Il faut se remettre en mémoire ce qui s’est passé lors de la bulle Internet. Le 10 mars 2000, le Nasdaq a atteint un sommet impressionnant à 5132 points. On était en pleine folie, tout le monde croyait que l’Internet allait régler tous les problèmes du monde et que l’argent investi rapporterait des fortunes. Les espoirs étaient immenses. Et puis, paf! L’incertitude est arrivée.En l’espace de neuf mois, la chute a été vertigineuse. Le Nasdaq a perdu la moitié de sa valeur, clôturant à 2470 points le 29 décembre de l’an 2000. C’était un krach boursier, purement et simplement. La dégringolade a continué jusqu’en octobre 2002, où l’indice a touché le plancher à 1108 points. Pensez-y : 78,4 % de perte de valeur du sommet au creux. Ouille! C’est ce souvenir qui plane sur les marchés d’aujourd’hui, surtout quand le Nasdaq a regagné plus de 125 % ces trois dernières années.

Les doutes des géants : quand le patron de Google s’inquiète

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Ce n’est pas juste moi ou vous qui nous posons des questions. Même les pontes du secteur sentent que quelque chose cloche. Sundar Pichai, le grand patron d’Alphabet (la maison mère de Google), a parlé d’une certaine irrationalité dans la hausse exceptionnelle des titres de l’IA. C’est fort de café quand c’est le grand bénéficiaire d’une partie de cette euphorie qui le dit.Le marché semble tellement emballé qu’on dirait que la raison a pris congé. On entend l’écho de l’expression qu’utilisait Alan Greenspan, l’ex-président de la Réserve fédérale, en 1996 : l’« exubérance irrationnelle ». Une bulle, il disait, c’est impossible à voir quand elle se forme, mais tellement facile à reconnaître une fois qu’elle a éclaté. Ça ne nous aide pas beaucoup, ça, en temps réel! Mais ça souligne qu’un optimisme généralisé n’est jamais bon signe.

Les gros joueurs commencent à vendre leurs billes

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Mais il n’y a pas que les paroles. Il y a les actes, et certains investisseurs de premier plan ont commencé à se retirer, ce qui jette un froid. C’est un signal qui amène bien des investisseurs à douter de la valeur actuelle de l’IA. Par exemple, Peter Thiel, fondateur de PayPal et Palantir, a vu son fonds spéculatif, Thiel Macro, se départir de 500 000 actions de Nvidia durant le dernier trimestre.Ce n’est pas un cas isolé! La banque japonaise SoftBank a carrément liquidé toutes ses actions de Nvidia, pour la coquette somme de 5,8 milliards $ US. Et n’oublions pas Michael Burry, ce fameux gourou de la finance qui avait anticipé la bulle de 2008 : il a récemment parié contre Nvidia et Palantir. Quand ces gens-là vendent, on a tendance à se demander s’ils savent quelque chose que nous ne savons pas, n’est-ce pas?

Nvidia : des résultats spectaculaires, mais insuffisants pour rassurer tout le monde

Malgré tout, il y a des chiffres qui donnent le vertige et qui justifient, en partie, l’engouement. Nvidia, le plus grand fabricant de microprocesseurs essentiels à l’IA, a récemment annoncé des résultats financiers qui ont largement dépassé les attentes des analystes. Pour le troisième trimestre de 2025, l’entreprise a affiché des revenus de 57 milliards $ US (en hausse de 62 %) et des profits nets de 32 milliards $ US (en hausse de 65 %). Des chiffres de mammouth, je suppose.Cette entreprise, qui affiche aujourd’hui la valorisation boursière la plus élevée au monde (plus de 4500 milliards $ US), est sans doute la plus grande bénéficiaire de cette vague IA. Son action? Elle est en hausse de plus de 1200 % depuis cinq ans! Des résultats pareils, c’est la preuve, pour plusieurs, qu’il n’y a absolument pas de bulle spéculative. Mais si seulement c’était si simple…

La grande inconnue : la rentabilité des investissements massifs

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Le vrai nœud du problème, et c’est là que le doute s’installe, c’est la rentabilité future de tout cet argent investi. Les sommes engagées dans l’IA sont absolument colossales ces jours-ci, et il est tout à fait légitime de se demander si on verra vraiment des rendements proportionnels dans les années à venir.Daniel Ouellet, gestionnaire de portefeuille, a bien résumé la situation. Ce qui inquiète vraiment, c’est de savoir comment on va justifier les 400, 500, même 700 milliards de dollars d’investissements prévus pour 2026-2027. Ces sommes servent notamment à la construction massive de centres de données – des usines numériques qui vont exiger une quantité astronomique d’énergie.Selon M. Ouellet, pour que ça tienne la route, il faudra que de vrais revenus, venant directement des entreprises et des utilisateurs d’IA, arrivent en masse pour soutenir cette dépense. Et pour l’instant, peu d’entreprises peuvent soutenir de tels investissements sans un retour rapide.

Près de la moitié des gestionnaires sont inquiets

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D’ailleurs, l’inquiétude n’est pas limitée aux théoriciens. La Bank of America a récemment mené un sondage auprès de gestionnaires de portefeuille, et le résultat est frappant : 45 % d’entre eux ont désigné la bulle liée à l’intelligence artificielle comme le principal facteur de risques pour les marchés boursiers. Presque un sur deux! Quand les pros commencent à avoir le vertige, on ferait bien de ralentir un peu.Pourtant, les marchés continuent leur ascension pour l’instant. Le Dow Jones est en hausse de 9 %, le S&P500 de 12 %, le Nasdaq de 15 % et même le S&P/TSX canadien de 22 % depuis le début de l’année. C’est la preuve de cette « exubérance irrationnelle » dont parlait Greenspan : l’optimisme est tellement généralisé qu’on a du mal à voir le danger imminent.

Rester vigilant face à l’incertitude

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Alors, que faut-il en retenir? Bien malin celui qui pourrait prédire si et quand cette bulle, si elle existe, va éclater. Mais une chose est certaine : il y a des signaux de doute très clairs de la part des investisseurs les plus aguerris, et la valorisation actuelle des titres d’IA semble, du moins pour certains, déconnectée de la réalité des revenus générés à ce jour.Nous sommes dans une période d’investissements massifs, où l’infrastructure de l’IA exige des centaines de milliards de dollars. La justification de ces montants titanesques dépendra ultimement de l’arrivée de « vrais revenus », c’est ce que disent les experts. En attendant, on marche peut-être sur un fil, entre une révolution technologique prometteuse et une simple euphorie boursière.

Selon la source : ici.radio-canada.ca

Ce contenu a été créé avec l’aide de l’IA.