Le Parti québécois veut frapper sa propre monnaie après 10 ans de transition avec le dollar canadien

Le Parti québécois veut frapper sa propre monnaie après 10 ans de transition avec le dollar canadien credit : lemorning.ca (image IA)

Une propre monnaie pour mettre fin à la dépendance

C’était la grande nouvelle de ce samedi matin, annoncée lors du conseil national du Parti québécois (PQ) à Sherbrooke : le chef, Paul St-Pierre Plamondon, a officiellement confirmé sa vision pour l’économie post-indépendance. Il ne mâche pas ses mots, n’est-ce pas? Pour lui, un Québec devenu pays devra absolument se doter de sa propre monnaie. Enfin, éventuellement.Car attention, si l’idée est bien d’avoir notre propre devise, il y aurait d’abord une longue période de transition. Monsieur Plamondon prévoit qu’il faudra au moins dix ans pour passer du bon vieux dollar canadien à une toute nouvelle monnaie québécoise. C’est une démarche audacieuse, visant, selon lui, à mettre fin à une dépendance que le Québec traîne comme un boulet, qu’elle soit politique ou monétaire.

Pourquoi une banque centrale et quel est l’avantage?

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La grande question que l’on se pose tous, c’est pourquoi changer? Pourquoi se compliquer la vie? Le chef péquiste l’a dit très clairement : cette dépendance actuelle mène à des décisions qui ne sont pas faites dans notre intérêt, à nous, Québécois. Si le Québec avait sa propre politique monétaire et, par conséquent, sa propre banque centrale, nous serions enfin «maîtres chez nous», comme disait Jean Lesage. Ça parle, ça, à notre histoire!Et ce n’est pas qu’une question de fierté, semble-t-il. Avoir sa propre banque centrale, c’est aussi payant. PSPP, pour faire court, affirme que les études menées sur des pays comparables montrent que les revenus générés par la banque centrale sont minimalement équivalents à ses coûts de fonctionnement, ce qui représente des milliards de dollars. C’est un argument purement économique, pas seulement symbolique. Il veut visiblement rassurer les plus craintifs.

Une commission indépendante pour décider en toute prudence

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Cependant, il y a un petit coup de frein dans cette proposition. Et c’est peut-être là que la prudence l’emporte sur l’idéologie. Après l’indépendance, le PQ prévoit de mettre sur pied une commission indépendante. Ce groupe, formé d’experts aguerris—des financiers, des universitaires, des hauts fonctionnaires, des gens d’affaires—aurait la tâche de faire des recommandations finales. Oui, vous avez bien lu : le gouvernement péquiste s’engagerait à suivre l’avis de cette commission, même si elle suggérait de conserver le dollar canadien!C’est une garantie, n’est-ce pas? Si, par un concours de circonstances inattendues dans les années à venir, les experts jugent qu’il est plus prudent de conserver la devise canadienne, le PQ s’inclinerait. Néanmoins, Plamondon demeure persuadé que, si l’on regarde le chemin parcouru par toutes les autres nations, la conclusion sera la même : il faut contrôler sa propre économie. C’est le scénario le plus probable, selon lui, mais au moins, la porte reste ouverte à la prudence.

Pourquoi rejeter le dollar américain ou garder le canadien sans contrôle

Les deux autres options étudiées ont été clairement écartées. D’abord, conserver le dollar canadien. Le problème n’est pas la stabilité—c’est ce qu’il assure, après tout—mais plutôt le manque d’influence. Nous serions un pays, mais nous n’aurions absolument rien à dire sur la politique monétaire canadienne. C’est un peu comme être invité à un festin sans avoir droit de parole sur le menu, non?

Quant au dollar américain, l’option est doublement problématique. Premièrement, en cas de crise majeure, les décisions de la Réserve fédérale américaine seraient prises uniquement dans l’intérêt des États-Unis. Nous serions, comme on dit, oubliés dans l’équation. Deuxièmement, PSPP ne croit pas qu’il y ait d’acceptabilité sociale pour une telle idée dans le contexte actuel. Il est vrai que l’idée de se lier encore plus à l’économie américaine ne fait rêver personne, je suppose.

Il faut se rappeler que même Pauline Marois, qui, en 2014, préférait garder le dollar canadien, a changé d’avis en 2023, se montrant désormais plus à l’aise avec l’idée d’une devise purement québécoise. C’est un signe que la réflexion a évolué au sein même du parti.

La monnaie s’inscrit dans le grand ‘Livre bleu’

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Cette annonce sur la monnaie est le deuxième volet du fameux Livre bleu que le PQ dévoile progressivement. On se souvient qu’il y a tout juste une semaine, le chef péquiste avait déjà parlé des relations internationales.En résumé, le PQ, s’il est élu, veut que le Québec soit reconnu très rapidement sur la scène mondiale après un ‘Oui’ référendaire. Et pour préparer le terrain? Il veut doubler, avant même le référendum, les représentations diplomatiques, passant de 19 à 38 pays. C’est une stratégie de réseau d’influence, pour ne pas être pris au dépourvu. Plamondon ne lâche pas le morceau : il promet d’ailleurs un référendum lors d’un premier mandat, peu importe ce que les sondages actuels disent du désir d’indépendance. Il semble très déterminé, et c’est ce qui fait sa marque de commerce, après tout.

Le choix stratégique de Sherbrooke

Enfin, parlons un peu de stratégie politique pure. Ce n’est sûrement pas un hasard si le conseil national se tenait à Sherbrooke. La circonscription, depuis 2018, est aux mains de Québec solidaire (QS), mais l’air semble changer.Un sondage récent de Pallas Data donne en effet le PQ en tête avec 27% des intentions de vote dans Sherbrooke, reléguant QS au quatrième rang (10%). Même si un autre agrégateur de sondages, Qc125, voit le PQ avec seulement trois points d’avance sur le Parti libéral (32% contre 29%, ou quelque chose comme ça), la tendance est là. Ça devient une cible potentielle pour le PQ, surtout que la députée solidaire actuelle, Christine Labrie, a déjà annoncé qu’elle ne se représenterait pas en 2026. Tenir un événement majeur ici, c’est clairement un appel du pied aux électeurs de l’Estrie.

L’affirmation de la souveraineté monétaire

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En somme, le PQ franchit une étape idéologique majeure en confirmant son objectif d’une monnaie québécoise. L’idée centrale est de reprendre le contrôle total des leviers économiques pour éviter d’être subordonné aux intérêts du voisin, qu’il soit canadien ou américain. Paul St-Pierre Plamondon est certes ambitieux en voulant forger une nouvelle devise, mais il insère un filet de sécurité très réaliste : la décision finale reviendra à une commission d’experts indépendante après la souveraineté.Pour les citoyens, cela signifie que la question monétaire, souvent source d’inquiétude lors des débats sur l’indépendance, est abordée avec une certaine prudence, même si le cap reste mis sur le slogan historique : «Maîtres chez nous». C’est clair : la monnaie sera un thème central de la stratégie péquiste d’ici le prochain scrutin.

Selon la source : ici.radio-canada.ca

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