L’industrie cinématographique canadienne face au spectre des tarifs douaniers de Donald Trump

L’industrie cinématographique canadienne face au spectre des tarifs douaniers de Donald Trump credit : lemorning.ca (image IA)

Le spectre des tarifs et l’urgence de diversifier

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Ah, l’industrie du cinéma canadien! On se dit souvent qu’elle est bien installée, qu’elle roule sa bosse, mais voilà que les menaces protectionnistes américaines viennent gâcher la fête, ou du moins, semer un vent d’inquiétude. Franchement, la nouvelle n’est pas réjouissante : Donald Trump envisage d’imposer des droits de douane massifs, de l’ordre de 100 %, sur les productions américaines qui seraient tournées à l’extérieur des États-Unis. Et, comme on le sait, une très grande majorité des productions étrangères ici, de Vancouver à Montréal, viennent de chez nos voisins du Sud. C’est une menace réelle, mais diffuse, qui force toute l’industrie canadienne à se mettre en mode survie, cherchant activement à diversifier son carnet de clients.Pourquoi cette panique? Simplement parce que ces productions étrangères représentent une part absolument colossale de notre secteur : on parle de pas moins de 60 % des revenus de nos créateurs canadiens. Il y a de quoi s’inquiéter, non? Tous les acteurs se mobilisent donc pour éviter que cette épée de Damoclès ne tombe.

L’appel d’air des incitatifs fiscaux et l’envolée des tournages

Si les Américains viennent tourner chez nous depuis des années, ce n’est pas uniquement pour la beauté de nos paysages, quoiqu’ils soient magnifiques, je suppose! L’argent, c’est le nerf de la guerre. Ce qui les attire principalement, ce sont les incitations fiscales très avantageuses offertes par nos provinces et nos studios. C’est ce mécanisme financier qui a permis aux productions étrangères réalisées au Canada de grimper en flèche, avec une augmentation spectaculaire de 285 % au cours des dix dernières années.Ces investissements étrangers ne sont pas anodins. Les diffuseurs et les grands studios internationaux injectent à eux seuls plus de la moitié de l’argent dans notre production cinématographique, télévisuelle et même les plateformes de diffusion en continu. C’est cette manne qui assure la pérennité de tout notre écosystème.

Montréal et le Québec : des chiffres impressionnants

Le Québec, en particulier, est un pôle d’attraction majeur. Selon Stéphane Cardin, le PDG du Bureau du cinéma et de la télévision du Québec (BCTQ), la province accueille tout de même entre 20 et 30 productions internationales d’envergure chaque année. Ça demande une organisation monstre, mais ça crée surtout beaucoup, beaucoup d’emplois qualifiés.Or, quand un géant comme Trump met le chaos dans le commerce mondial, même le secteur cinématographique n’y échappe pas. C’est pourquoi les efforts de diversification sont devenus une priorité absolue, comme si on devait s’assurer de ne pas mettre tous nos œufs dans le même panier, américain en l’occurrence.

Diversification : Objectif Europe et Asie (Le BCTQ en action)

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Pour contrer cette dépendance, les organismes se démènent. Le BCTQ, par exemple, a organisé récemment la « Semaine 360 du secteur audiovisuel » : trois jours intenses pour vanter les mérites de notre industrie à une quinzaine de studios d’Hollywood, mais aussi à des compagnies de productions indépendantes américaines, britanniques et autres. Ces « tournées de familiarisation », comme les appelle M. Cardin, visent à inviter les décideurs étrangers à venir constater par eux-mêmes ce que le Québec a dans le ventre.Et ça va dans les deux sens! Il faut aussi se déplacer, se vendre, vers Los Angeles et des marchés plus éloignés, notamment au Royaume-Uni et en France. M. Cardin a même mentionné s’être rendu en Corée du Sud cet été. Pourquoi les studios choisiraient-ils le Canada? C’est simple : la qualité de nos équipes créatives est mondialement reconnue à Hollywood, dit-il. Et nous sommes particulièrement doués pour « générer une grande valeur de production avec de plus petits budgets ». Sans oublier la diversité de nos lieux de tournage et la force incroyable de notre secteur d’effets spéciaux.

L’impact des grèves et le recul des mégaproductions

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Malgré tout cet enthousiasme, l’année 2023-2024 a été difficile. On a vu une baisse de la valeur de production de l’industrie audiovisuelle québécoise. Évidemment, la grève des scénaristes américains, qui a débuté en mai 2023, a eu un effet désastreux, c’était la cata pour les budgets. Bien que l’on ait conservé un bon ratio de tournages internationaux, le hic, c’est que les budgets étaient beaucoup plus modestes. On a moins de ces grands films à grand déploiement, vous savez, ceux comme les X-Men ou les Transformers qu’on a déjà accueillis.C’est un problème qui va au-delà des chiffres. La production internationale est cruciale, car c’est elle qui nous permet de maintenir en place des infrastructures de pointe. Stéphane Cardin insiste beaucoup là-dessus : sans ces gros tournages, comment pourrait-on justifier l’existence de studios ultramodernes comme les studios Grande et MELS à Montréal, sans parler des studios d’effets visuels et d’animation? La production étrangère nourrit l’ensemble de l’écosystème, assurant sa vitalité.

La Nouvelle-Écosse, championne des productions extérieures

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Cette dépendance aux productions américaines n’est pas un cas isolé au Québec; c’est la même chose en Nouvelle-Écosse. Là-bas, les paysages sont parfaits pour les comédies romantiques, semble-t-il! Laura MacKenzie, directrice générale de Screen Nova Scotia, a expliqué que chaque genre de production est essentiel à leur écosystème.Et tenez-vous bien : 80 % du volume de production filmé en Nouvelle-Écosse provient du service extérieur! C’est absolument énorme. Mme MacKenzie ne mâche pas ses mots : « Sans eux, nous perdrions plus de 80 % du travail qui arrive chaque année en Nouvelle-Écosse, ce qui serait extrêmement préjudiciable à l’industrie, voire la détruirait. » Devant cette situation critique, la Nouvelle-Écosse cherche elle aussi à s’ouvrir, en visant le Royaume-Uni, l’Écosse, l’Irlande, le Pays de Galles, et même l’Australie et la Nouvelle-Zélande.

Une menace légale floue, mais terriblement efficace

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Mais, attendez, est-ce que Donald Trump a vraiment le droit d’imposer des tarifs sur un film? C’est la grande question. Il faut comprendre qu’un film ou une série, ce n’est pas un bien physique comme une automobile qui traverse la frontière. C’est un service numérique, un bien immatériel. Actuellement, selon Laura MacKenzie, il n’existe aucune réglementation claire qui permettrait d’imposer des tarifs sur ce type de « service ». Les modalités légales sont donc extrêmement floues.Alors, quel est l’intérêt de faire cette menace? Le but, selon M. Cardin, est de « créer un climat de peur ». Et ça marche! L’incertitude suffit à faire réfléchir les studios. Cela dit, il précise aussi que l’industrie américaine, malgré toutes ses intentions protectionnistes, serait de toute façon incapable de produire l’intégralité de ses films et séries uniquement sur son propre territoire. C’est un peu paradoxal, non?

Le soutien bienvenu du budget fédéral

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Heureusement, dans ce climat de peur, le gouvernement fédéral a envoyé un signal positif. Dans le budget dévoilé récemment, 40 % de l’enveloppe allouée à la culture ira directement ou indirectement à notre industrie du cinéma et de la télévision. C’est un soutien substantiel qui arrive à point nommé.Téléfilm Canada, le principal bailleur de fonds, a vu son enveloppe de 150 millions de dollars sur trois ans être renouvelée. Julie Roy, la directrice générale de Téléfilm, s’en est réjouie, rappelant l’importance du secteur qui compte des dizaines de milliers d’emplois. De plus, le Fonds des médias du Canada a reçu 127,5 millions de dollars sur trois ans, et l’Office national du film (ONF) a bénéficié de 26,1 millions de dollars sur trois ans.

Suzanne Guèvremont, présidente de l’ONF, a même qualifié ces investissements d’« historiques », surtout à une époque où « les identités canadiennes sont prisonnières des algorithmes étrangers » et où les nouvelles générations préfèrent souvent Netflix ou Prime Video. Ce soutien est essentiel pour nous aider à raconter nos propres histoires et à garantir notre souveraineté culturelle.

Maintenir la vitalité créative et économique

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L’industrie cinématographique canadienne se trouve à un carrefour délicat. D’un côté, elle bénéficie d’une expertise reconnue et d’infrastructures de pointe, souvent financées grâce à l’attrait des incitatifs fiscaux pour les Américains. De l’autre, elle doit naviguer dans l’incertitude politique et économique causée par des menaces tarifaires qui, même si elles sont floues sur le plan légal, créent un climat de paralysie.Les efforts de diversification vers l’Europe et l’Asie, menés par des organisations comme le BCTQ et Screen Nova Scotia, sont cruciaux, mais ils ne remplaceront pas du jour au lendemain le volume des productions américaines, qui maintiennent en vie des studios comme MELS. Le soutien financier fédéral est un ballon d’oxygène vital pour les créateurs canadiens. En fin de compte, l’enjeu n’est pas seulement économique; il s’agit de protéger des dizaines de milliers d’emplois et d’assurer que notre pays continue d’être une puissance créative sur la scène mondiale, sans se laisser dicter sa conduite par les plateformes étrangères ou les politiques protectionnistes.

Selon la source : ici.radio-canada.ca

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