La phrase de Trump sur l’Iran qui a suffi à calmer les marchés financiers
Mathieu Gagnon - 2026-03-10 12:28
credit : The White House, Wikimedia Commons (Public domain)
Un mot du président américain, un soupir de soulagement mondial
Un simple commentaire a suffi à inverser la tendance. Mardi, les marchés financiers ont connu un rebond significatif et les prix du pétrole ont chuté. La raison ? Une déclaration de Donald Trump la veille, assurant que la guerre avec l’Iran était « quasiment » terminée. Cette parole a agi comme un puissant calmant sur des investisseurs jusqu’alors très inquiets.
Ce soulagement s’est immédiatement traduit par des chiffres concrets. La nervosité qui avait saisi les places financières face à une possible escalade au Moyen-Orient a laissé place à un optimisme prudent, modifiant radicalement le paysage économique en quelques heures à peine.
Énergie : la chute spectaculaire des cours
Le secteur de l’énergie a été le premier à réagir. Vers 8h10 GMT, le baril de West Texas Intermediate (WTI), qui sert de référence au marché américain, s’effondrait de 8,95 % pour atteindre 86,29 dollars. De son côté, le Brent de la mer du Nord perdait 8,85 %, s’établissant à 90,20 dollars. Il est à noter que ces deux références avaient même dévissé de plus de 10 % plus tôt dans la séance.
Le gaz naturel n’est pas en reste. Le TTF néerlandais, considéré comme la référence pour le marché européen, affichait une baisse impressionnante de 16,04 %, tombant à 47,40 euros le mégawattheure. Cette détente brutale met fin à une hausse spectaculaire des cours des hydrocarbures, alimentée ces derniers jours par les craintes sur l’approvisionnement depuis les pays du Golfe. La quasi-paralysie du détroit d’Ormuz, conséquence directe de la guerre, avait été le principal moteur de cette flambée.
Les déclarations qui ont « complètement changé la donne »
Les investisseurs ont donc salué le « message “rassurant” de Donald Trump », comme l’analyse John Plassard, responsable de la stratégie d’investissement chez Cité Gestion Private Bank. C’est lors d’une déclaration faite lundi soir à une journaliste de la chaîne CBS que le président américain a prononcé les mots tant attendus. Il a affirmé que la guerre était « quasiment » finie, arguant que l’Iran n’avait plus de « marine » ni de « communications » ou de « force aérienne ».
Donald Trump a également précisé qu’il « réfléchissait à prendre le contrôle » du détroit d’Ormuz et qu’il allait lever certaines sanctions sur le pétrole « afin de réduire les prix ». Pour Art Hogan, de B. Riley Wealth Management, qui s’est exprimé auprès de l’AFP, ces remarques ont « complètement changé la donne ». Il estime que l’administration Trump « en est arrivée à un point où ils réfléchissent au coût » de la guerre, mais aussi « aux marchés ». Selon les analystes de la Deutsche Bank, ces propos ont « apaisé les craintes d’un conflit à long terme susceptible de déclencher un choc “stagflationniste” », cette situation économique redoutée qui combine une forte inflation et une faible croissance.
Un rebond généralisé sur les places boursières
Dans le sillage de Wall Street la veille, les Bourses du monde entier ont rebondi. En Europe, les premiers échanges vers 8h10 GMT témoignaient de cet optimisme retrouvé. La place de Paris prenait 1,72 %, celle de Francfort 2,05 %, Londres progressait de 1,38 % et Milan s’envolait de 2,42 %. Un retournement complet de situation, puisque la veille, tous les indices du Vieux Continent avaient terminé leur séance dans le rouge.
La vague verte a également déferlé sur l’Asie. La Bourse de Séoul a bondi de 5,35 %, récupérant une large partie de sa chute de près de 6 % lundi. À Tokyo, l’indice vedette Nikkei a clôturé sur une hausse de 2,88 %, au lendemain d’un plongeon de quelque 5 %. Ailleurs dans la région, Taipei a rebondi de 2,06 % et Hong Kong a gagné 1,99 %.
Entre soulagement et nervosité persistante
Autre signe de détente, les taux d’intérêt des dettes souveraines européennes ont reculé. Ils avaient nettement grimpé ces derniers jours, les investisseurs craignant un regain d’inflation sur le continent à cause de la flambée des hydrocarbures, que l’Europe importe massivement. Vers 8h10 GMT, le taux d’intérêt allemand à dix ans se repliait à 2,82 %, contre 2,85 % la veille. Son équivalent français passait à 3,42 % contre 3,51 % lundi soir, alors qu’il évoluait autour de 3,20 % avant le début du conflit. Le taux italien cédait 0,10 point de pourcentage à 3,50 %, et hors zone euro, le taux britannique à dix ans atteignait 4,56 % contre 4,64 %.
Malgré ces signaux positifs, la prudence reste de mise. Ipek Ozkardeskaya, analyste pour Swissquote Bank, tempère l’enthousiasme : « l’incertitude va perdurer », car « le conflit au Moyen-Orient se poursuit à plein régime, les développements politiques ne laissent pas entrevoir de résolution à court terme ». Un avis partagé par Andreas Lipkow, analyste chez CMC Markets, qui résume le sentiment général : « Les investisseurs restent nerveux et réagiront immédiatement à toute escalade du conflit ».
D’ailleurs, la réponse iranienne n’a pas tardé. Lundi, les Gardiens de la Révolution ont affirmé qu’ils « décideront de la fin de la guerre », en réplique directe à Donald Trump. Sur le terrain, les affrontements se poursuivent, rappelant la fragilité de cette accalmie.
Selon la source : journaldemontreal.com