Impôts et primes : 2,9 millions de dollars versés aux cadres de Mark Carney
Simon Kabbaj - 2026-02-16 12:48
credit : Prime Minister of Canada, Wikimedia Commons (CC BY 3.0)
Une pluie de millions au sommet de l’État
L’année dernière, les hauts dirigeants œuvrant au sein du ministère du premier ministre Mark Carney ont bénéficié d’une enveloppe substantielle de primes. Au total, ce sont plus de 2,9 millions de dollars qui ont été distribués à ces cadres pour souligner l’exécution adéquate de leur travail ainsi que leur attitude positive dans l’exercice de leurs fonctions.
Cette somme importante met en lumière les mécanismes de gratification en place au sommet de l’État. Elle récompense la performance des équipes rapprochées du premier ministre, soulevant ainsi l’intérêt des contribuables quant à la destination précise de leurs impôts et aux critères justifiant de tels versements.
Les critères de la réussite : éthique et leadership
Pour comprendre la justification de ces montants, il faut se tourner vers les explications officielles. Un rapport du secrétariat au Conseil du Trésor précise les règles du jeu : « La rémunération au rendement est versée aux cadres supérieurs en fonction de la mesure dans laquelle les engagements décrits dans leurs ententes annuelles de rendement ont été atteints ».
L’obtention de ce boni ne se limite pas à l’atteinte d’objectifs chiffrés. Les hauts fonctionnaires doivent également faire la démonstration de « compétences clés ». Il est attendu d’eux qu’ils fassent preuve de « leadership », qu’ils incarnent certaines « valeur » et qu’ils respectent une « éthique » rigoureuse dans leurs fonctions quotidiennes.
Ces exigences semblent être largement à la portée des équipes en place. En effet, au Bureau du Conseil privé, 129 des 135 cadres supérieurs, soit 95,5 % des effectifs, ont reçu cette prime, qualifiée officiellement de « rémunération à risque ». La valeur moyenne de cette gratification s’élève à 27 925 $. De plus, treize de ces dirigeants ont perçu un boni supplémentaire pour souligner leur « rendement exceptionnel ».
Une inflation des primes généralisée
L’analyse des chiffres révèle une tendance à la hausse marquée. En l’espace de cinq ans, la valeur des primes accordées dans l’entourage du premier ministre a bondi de 50 %. À titre de comparaison, la moyenne de ces versements se situait à 18 197 $ lors de l’exercice 2020-2021.
Cette générosité n’est pas exclusive au Bureau du Conseil privé. Six autres organismes fédéraux ont franchi la barre des 25 000 $ en moyenne pour leurs cadres. L’Agence de promotion économique du Canada atlantique se distingue avec une moyenne de 31 270 $, suivie par le Commissariat à la magistrature fédérale à 29 205 $, et l’École de la fonction publique du Canada, qui a versé en moyenne 27 585 $.
146 millions de dollars à l’échelle fédérale
Si l’on élargit le spectre à l’ensemble de l’appareil gouvernemental, les sommes engagées deviennent colossales. Le coût total des primes versées aux hauts dirigeants de la fonction publique fédérale a atteint 146,2 millions de dollars. Cela représente un versement moyen de 24 106 $ par personne.
La quasi-totalité des cadres est concernée par cette mesure incitative. Dans l’ensemble, 98,1 % des dirigeants ont eu droit à leur prime. Une statistique qui pousse à s’interroger sur le sort des très rares exceptions n’ayant pas bénéficié de cette gratification quasi systématique.
Des bonus maintenus malgré les crises
Le versement de cette « rémunération à risque » semble peu affecté par les difficultés opérationnelles rencontrées par certaines organisations. À Emploi et Développement social Canada, par exemple, seulement quatre des 834 cadres supérieurs ont été privés de prime. Pourtant, le ministère fait face à des dépassements de coûts faramineux concernant le logiciel de gestion des pensions de vieillesse, une situation qui prive 85 000 aînés de leurs chèques.
Le constat est similaire du côté de Services publics et Approvisionnement Canada, l’entité responsable de la paie des fonctionnaires. Alors que le fiasco du système Phénix continue de causer des ravages dix ans après son lancement, un seul des 580 patrons a perdu sa récompense. Ces situations suggèrent que la barre pour l’obtention de ces bonis devrait peut-être être placée un peu plus haut.
Selon la source : journaldequebec.com
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