Climat : Donald Trump abroge le texte fondateur de la lutte américaine
Adam David - 2026-02-13 11:56
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Une annonce retentissante depuis la Maison-Blanche
C’est une décision qui marque un tournant décisif dans la politique environnementale des États-Unis. Jeudi, le président Donald Trump a officialisé, depuis la Maison-Blanche, l’abrogation d’un texte réglementaire essentiel, considéré jusqu’ici comme la pierre angulaire de la lutte contre les émissions de gaz à effet de serre outre-Atlantique. Ce revirement majeur cible directement les fondements juridiques de l’action climatique américaine.
Le président républicain a été sans équivoque lors de son allocution, déclarant : « Nous mettons officiellement fin à ce qu’on appelle le constat de mise en danger », ou « Endangerment Finding » en version originale. Cette annonce confirme la volonté de l’exécutif de démanteler l’héritage réglementaire en matière d’environnement, une orientation prise dès le retour au pouvoir de Donald Trump, grand défenseur des industries du pétrole et du charbon.
Les conséquences de cet acte sont immédiates et profondes pour le premier contributeur historique d’émissions réchauffant la planète. En révoquant ce texte, l’administration met fin instantanément aux normes d’émissions imposées aux véhicules. De plus, cette décision ouvre la voie à l’annulation d’autres réglementations environnementales, ciblant notamment les rejets polluants issus des centrales électriques.
La fin du « constat de mise en danger » de 2009
Pour comprendre la portée de cette abrogation, il faut remonter à l’année 2009. Sous la présidence du démocrate Barack Obama, l’Agence de protection de l’environnement (EPA) avait adopté ce texte crucial. Il stipulait officiellement que six gaz à effet de serre, dont le CO2 et le méthane, représentaient un danger pour la santé publique. Cette classification les faisait ainsi entrer dans le périmètre des polluants devant être réglementés par l’agence fédérale.
Cette décision administrative n’était pas symbolique : elle avait juridiquement ouvert la voie à une multitude de réglementations fédérales destinées à limiter les rejets de ces gaz responsables du réchauffement de l’atmosphère. C’est sur cette base que s’étaient construites les normes encadrant les émissions des voitures et des camions, aujourd’hui caduques.
L’intention d’abroger ce texte avait été annoncée dès juillet 2025. Depuis son retour aux affaires, Donald Trump s’est attelé à détricoter de nombreuses normes environnementales et a, une nouvelle fois, retiré la première puissance mondiale de l’Accord de Paris sur le climat. Ce nouveau coup porté à l’action climatique américaine s’inscrit donc dans une stratégie globale de dérégulation.
Une levée de boucliers immédiate chez les défenseurs de l’environnement

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La réaction des milieux scientifiques et associatifs ne s’est pas fait attendre face à ce que beaucoup considèrent comme un recul historique. Les opposants à cette mesure dénoncent une décision qu’ils jugent contraire à la science et à l’intérêt public. La consternation est palpable au sein des organisations qui luttent depuis des décennies pour la préservation du climat.
Peu avant l’annonce officielle, Manish Bapna, président de l’organisation environnementale NRDC, avait exprimé sa colère auprès de l’AFP. Il a qualifié la manœuvre présidentielle de « la plus grande attaque de l’histoire des États-Unis contre les efforts fédéraux pour lutter contre la crise climatique ». Ces mots traduisent l’inquiétude profonde des experts face à la disparition de ce levier juridique.
De son côté, Dan Becker, membre de l’ONG environnementale Center for Biological Diversity, a déploré cette semaine la direction prise par l’administration. Il a affirmé : « Trump conduit le pays vers une impasse faite de pétrole sale et d’air pollué ». Ces critiques soulignent le fossé grandissant entre la politique fédérale actuelle et les recommandations de la communauté scientifique.
Les arguments économiques et idéologiques de l’administration
Face aux critiques, le gouvernement américain avance une logique principalement économique. L’argument central soutenu par l’administration est que ce revirement permettra de réaliser des économies substantielles pour les ménages américains. L’objectif affiché est notamment de faire baisser le prix des voitures neuves en allégeant les contraintes techniques imposées aux constructeurs.
Sur le plan théorique, l’exécutif développe une argumentation spécifique pour justifier l’abandon de la régulation. Il assure que les gaz à effet de serre ne doivent pas être traités comme des polluants au sens traditionnel du terme. Selon cette vision, leurs effets sur la santé humaine sont indirects et de nature mondiale, plutôt que locaux et immédiats.
Par ailleurs, cette décision s’accompagne d’une position idéologique tranchée sur les causes du réchauffement planétaire. Le gouvernement minimise grandement le rôle des activités humaines dans les changements climatiques actuels, une posture qui sous-tend l’ensemble de sa politique de dérégulation énergétique.
Vers une bataille juridique sur fond de réchauffement mondial
Ce retour en arrière ne se fera pas sans heurts juridiques. Les arguments avancés dans le texte actant la révocation seront scrutés à la loupe par les organisations environnementales, qui ont d’ores et déjà annoncé leur intention de contester la décision en justice. L’affaire devrait déboucher sur une longue bataille judiciaire susceptible de remonter jusqu’à la Cour suprême.
La position de la plus haute juridiction américaine sera déterminante. Bien que majoritairement conservatrice et ouverte à des revirements de jurisprudence ces dernières années, la Cour suprême se retrouvera face à sa propre histoire : les plaignants ne manqueront pas de relever que c’est une décision de cette même Cour, rendue en 2007, qui est à l’origine de la décision de l’EPA de 2009.
Ce bras de fer institutionnel survient dans un contexte climatique particulièrement alarmant. Les climatologues ont confirmé que l’année 2025 a été la troisième année la plus chaude jamais enregistrée sur Terre. Alors que les effets du dérèglement se font sentir partout aux États-Unis et dans le monde, la lutte contre les gaz à effet de serre marque le pas depuis deux ans dans les pays développés, faute d’investissements suffisants dans les technologies à faibles émissions de carbone.
Selon la source : ici.radio-canada.ca
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