Vague de reprises : quand nos entreprises changent de main pour survivre

Vague de reprises : quand nos entreprises changent de main pour survivre credit : lemorning.ca (image IA)

Un grand chassé-croisé se prépare

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C’est un changement de garde assez colossal qui se dessine à l’horizon, et je ne suis pas sûr qu’on en mesure encore toute l’ampleur. Selon un rapport tout frais de la Banque de développement du Canada (BDC), on estime qu’une entreprise canadienne sur cinq pourrait carrément changer de propriétaire d’ici 2031. C’est énorme, non ? Que ce soit par des fusions ou des acquisitions, le paysage économique va bouger. D’ailleurs, ça commence dès maintenant : le quart de ces transferts devrait se produire au cours des 12 prochains mois. On sent une certaine urgence.

Pourquoi maintenant ? Eh bien, c’est la démographie qui nous rattrape, tout simplement. Pierre Cléroux, l’économiste en chef de la BDC, met le doigt dessus : plus de 60 % des entrepreneurs au Canada ont dépassé la barre des 50 ans. On s’en doutait un peu, mais le chiffre frappe. Ça veut dire que beaucoup, vraiment beaucoup de patrons sont sur le point de ranger leurs dossiers pour prendre leur retraite. C’est inévitable. C’est ce qui explique cette « vague de transition » dont on parle. Mais au lieu de voir ça comme une fin, M. Cléroux y voit, lui, une opportunité. Il y a plein d’entrepreneurs prêts à prendre le relais, et pour eux, c’est le moment ou jamais.

L’idée, c’est que pour investir massivement en technologie ou réduire les coûts, il faut une certaine « taille critique ». Faire une acquisition, c’est souvent le raccourci idéal pour y arriver. Le rapport est d’ailleurs assez clair là-dessus : les PME qui se lancent dans des acquisitions génèrent des bénéfices quatre fois plus élevés que celles qui restent dans leur coin sans bouger. C’est un chiffre qui fait réfléchir, vous ne trouvez pas ?

La productivité : le nerf de la guerre

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On en revient toujours à ce fameux mot : productivité. Pierre Cléroux insiste beaucoup là-dessus. En rachetant une autre boîte, une PME ne fait pas que grossir pour le plaisir ; elle réduit ses frais administratifs – ce qui n’est pas un luxe par les temps qui courent – et elle gagne du muscle pour négocier avec ses fournisseurs. C’est aussi une porte d’entrée vers de nouveaux marchés qui, honnêtement, lui seraient restés inaccessibles autrement. C’est une manœuvre stratégique, presque vitale.

Pourquoi est-ce si important ? Parce que la productivité canadienne traîne toujours la patte quand on la compare à celle de nos voisins américains. C’est un vieux problème. M. Cléroux le résume bien : plus notre économie est productive, plus les salaires grimpent et plus notre niveau de vie s’améliore. Ça semble théorique dit comme ça, mais c’est ce qui définit le confort d’une nation au quotidien. En plus, et c’est bon à savoir, les entreprises de taille moyenne semblent avoir les reins plus solides. Elles s’en sortent mieux quand ça brasse, que ce soit face à une récession ou l’imposition de tarifs douaniers.

Trouver la perle rare : pas si simple

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C’est bien beau de vouloir vendre, mais encore faut-il trouver à qui. La bonne nouvelle, c’est que le patriotisme économique semble bien vivant : 83 % des entrepreneurs prévoient de vendre leur entreprise à des Canadiens. On garde ça dans la famille, si on veut. Sauf que, sur le terrain, c’est un peu le parcours du combattant. Michelle Auger, de la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI), soulève un point crucial : on a du mal à connecter les vieux sages qui partent avec les jeunes loups qui arrivent.

Il y a comme un fossé. Mme Auger déplore un manque d’éducation flagrant. Les jeunes entrepreneurs ne savent pas trop où chercher les entreprises existantes ni comment s’y prendre pour les acheter. C’est dommage, non ? Il manque de promotion autour des programmes d’aide et des agences qui pourraient faciliter ces transitions. C’est un peu comme chercher une aiguille dans une botte de foin sans aimant.

Et puis, il faut dire les choses comme elles sont : être propriétaire d’entreprise au Canada aujourd’hui, c’est du sport. Michelle Auger ne mâche pas ses mots, la situation est « très fragile ». Entre les coûts opérationnels qui explosent, la paperasserie qui s’empile et l’incertitude commerciale avec les États-Unis (import-export), les PME sont sous pression. Pour elle, il faut absolument créer un climat plus favorable ici, sinon ces transitions risquent de capoter.

Ceux qui ont sauté le pas : réussites concrètes

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Heureusement, il y a des histoires qui finissent bien, et même très bien. Prenez l’exemple de Rhesus, une boîte de TI basée à Sherbrooke. Ils ont racheté Quebecom il y a un peu plus de deux ans. Vicky Beaudoin, leur vice-présidente, raconte que l’effet a été immédiat, surtout pour régler leurs soucis de main-d’œuvre. C’est assez malin : ils manquaient de monde à Sherbrooke pour l’admin, alors que leur équipe de Victoriaville était au complet. En fusionnant, ils ont juste… équilibré les forces. Chacun a trouvé sa place.

Résultat ? Avec ce casse-tête RH en moins, Rhesus a pu attaquer le marché de la cybersécurité à Sherbrooke avec beaucoup plus d’appétit. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : ils ont connu une augmentation de 40 % du chiffre d’affaires pendant deux années de suite. Pour vous donner une idée, une croissance « normale » ou organique, c’est plutôt du 12 à 15 %. On change de ligue.

Un autre exemple ? David Beron, en Ontario. Lui, il a joué la carte familiale en rachetant RAB Lighting à son père en 2017. Il dit joliment qu’il a « acquis un héritage », une entreprise vieille de 60 ans. Mais il ne s’est pas assis sur ses lauriers. Depuis la reprise à Etobicoke, il a fait passer le nombre d’employés de 50 à près de 100. Et il veut encore embaucher ! Aujourd’hui, il se sent prêt à acheter une autre boîte, mais il reste prudent. Il veut protéger la réputation et les employés, pas juste grossir pour grossir. Une patience qui l’honore, je trouve.

Conclusion

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Au final, ce rapport de la BDC nous montre que le tissu économique canadien est à un tournant. C’est une période charnière, un peu effrayante peut-être, mais remplie de promesses pour ceux qui osent. Entre la nécessité de remplacer une génération qui part et l’impératif de moderniser nos outils de production, les prochaines années vont être mouvementées. Reste à voir si on saura mieux accompagner ces jeunes repreneurs, car c’est un peu notre prospérité collective qui se joue là.

Selon la source : ici.radio-canada.ca

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