C’est fini : Vincent Lacroix est désormais un homme libre, pour de bon

C’est fini : Vincent Lacroix est désormais un homme libre, pour de bon credit : lemorning.ca (image IA)

Une liberté retrouvée après 18 ans

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C’est fait. À 59 ans, Vincent Lacroix tourne la page. On a du mal à y croire, mais l’ancien président de Norbourg est, à partir d’aujourd’hui, un homme complètement libre. Ça peut sembler étrange, surtout quand on sait qu’il circulait déjà comme bon lui semblait depuis plusieurs années, mais là, c’est officiel : sa peine de 18 ans est purgée. Terminée.

Concrètement, ça veut dire quoi ? Eh bien, qu’il ne relève plus du tout de la Commission des libérations conditionnelles du Canada. Plus de comptes à rendre à ce niveau-là. C’est la fin d’une longue saga judiciaire qui aura marqué le Québec… et pas qu’un peu.

Retour sur le scandale Norbourg et la valse des tribunaux

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Le nom de Vincent Lacroix… ça résonne encore mal aux oreilles de bien des gens, je suppose. Ce scandale financier reste gravé dans les mémoires. Rappelez-vous : entre 2002 et 2005, cet expert en valeurs mobilières, aidé de ses complices, a monté une fraude colossale. On parle de 9200 investisseurs floués et de plus de 100 millions de dollars détournés. Tout ça pour quoi ? Pour financer un train de vie extravagant. C’est révoltant quand on y repense.

Quand le château de cartes s’est effondré et que l’arnaque a été découverte, il a été arrêté en 2006. S’en est suivi un véritable marathon judiciaire, à la fois au pénal et au criminel. Au début, il s’est défendu bec et ongles en Cour du Québec face à l’Autorité des marchés financiers (AMF) qui l’accusait d’infractions à la Loi sur les valeurs mobilières. Résultat : condamné. Une peine lourde, que la Cour d’appel a finalement ramenée à cinq ans moins un jour.

Mais ce n’était que l’échauffement. Le procès criminel devait suivre. Le jury était prêt, tout était en place… et coup de théâtre ! Le 21 septembre 2009, alors qu’on attendait les premiers témoins, Lacroix a décidé de plaider coupable aux 200 accusations qui pesaient contre lui. Quelques semaines plus tard, le juge Richard Wagner — qui siégeait alors à la Cour supérieure du Québec — a frappé fort : 13 ans de prison, qui s’ajoutaient aux 5 ans précédents.

Le juge Wagner avait d’ailleurs eu des mots justes, soulignant que même sans violence physique, les gestes de Lacroix avaient causé une terrible violence morale. Le stress, l’insécurité, l’incertitude pour ces milliers de personnes qui ont vu le capital de toute une vie s’évaporer… c’est un drame humain immense.

La polémique du sixième de peine et la réinsertion

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C’est là que ça a grincé des dents dans l’opinion publique. Vincent Lacroix s’est retrouvé derrière les barreaux, oui, mais pas aussi longtemps que certains l’espéraient. Il a rapidement pu sortir. Pourquoi ? À cause d’une disposition qui existait à l’époque : elle permettait d’être libéré après avoir purgé seulement le sixième de la peine pour un crime non violent. Cette règle a été abolie en 2011 — maintenant c’est le tiers — mais Lacroix en a profité avant. Il a donc obtenu une semi-liberté, bien sûr soumise à des conditions très strictes.

Il faut dire que l’homme a du bagage : baccalauréat, maîtrise en sciences économiques… il a même commencé sa carrière en 1991 à la Caisse de dépôt et placement du Québec. D’ailleurs, dès qu’il a eu sa libération conditionnelle, il espérait naïvement retravailler en finances. La Commission a mis le holà tout de suite : interdit. À la place ? On l’a obligé à faire du bénévolat auprès de personnes défavorisées. L’objectif était clair : développer sa conscience sociale et, disons-le, un peu d’empathie.

Les années ont passé, ses conditions se sont assouplies petit à petit. Il a même pu reprendre des études. En 2012, lors d’un jugement de la Cour supérieure concernant sa faillite, on apprenait qu’il voulait faire un doctorat en communications. Est-ce qu’il l’a fait ? Aucune idée, on n’en a plus entendu parler. Par contre, ce jour-là, le juge n’a pas été tendre : il a refusé de le libérer de sa faillite, écoutant l’Agence du revenu du Québec et le syndic, et a reporté la demande de dix ans.

Conclusion : Conformisme et avenir incertain

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Aujourd’hui, où en est-il ? Dans une décision du 6 décembre 2016, la Commission des libérations conditionnelles notait que Lacroix respectait les règles. Il remet son budget chaque mois, vit de son salaire et de l’aide de sa conjointe. Le commissaire Michel Pallascio a même écrit que M. Lacroix est « conformiste » et qu’il collabore bien. On est loin de l’image du flamboyant fraudeur.

Mais une question demeure, un peu inquiétante peut-être : pourrait-il un jour manipuler à nouveau l’argent des autres ? Céline Bilodeau, une ex-procureure de la Couronne experte en crimes économiques, a été interrogée là-dessus. Sa réponse est franche : « Oui, il pourrait… mais il est connu ! » En gros, les organismes de surveillance ne le lâcheraient pas d’une semelle. Quoi qu’il en soit, sa peine est bel et bien finie. Il n’existe aucune loi pour l’encadrer au-delà de ces 18 ans. C’est ainsi.

Selon la source : ici.radio-canada.ca

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