Davos : La fin de l’innocence et le pari risqué de Mark Carney face à l’ordre mondial

Davos : La fin de l’innocence et le pari risqué de Mark Carney face à l’ordre mondial credit : lemorning.ca (image IA)

Un Davos sous haute tension

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Honnêtement, le Forum économique mondial de Davos porte très mal son nom cette année. On devrait peut-être le rebaptiser le Forum « géopolitique », non ? C’est frappant à quel point les bouleversements de l’ordre mondial ont totalement éclipsé l’économie pure lors de cette 56e réunion annuelle. Au départ, je suppose que le plan de Mark Carney était assez classique : profiter de l’air frais de la petite station balnéaire des Alpes suisses pour faire les yeux doux aux investisseurs étrangers et ramener des capitaux au Canada.

Mais voilà, les choses ne se passent pas toujours comme prévu. Il a fini par utiliser cette tribune pour livrer ce qui est, sans aucun doute, son discours le plus crucial en matière de politique étrangère depuis qu’il est premier ministre. Il ne s’agit plus juste de commerce, mais de survie dans un monde qui change brutalement.

La rupture et la menace implicite de Trump

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Mark Carney n’y est pas allé par quatre chemins pour décrire cette nouvelle « réalité brutale ». Il dépeint un monde où la géopolitique des grandes puissances ne connaît plus aucune limite, aucune retenue. C’est assez effrayant quand on y pense : il déplore l’usage de l’intégration économique comme arme, des droits de douane comme levier de pression, et même l’utilisation des infrastructures financières et des chaînes d’approvisionnement pour contraindre les autres.

Même s’il ne prononce jamais le nom de Donald Trump — diplomatie oblige, j’imagine —, personne n’est dupe une seconde. C’est clairement le président américain qui est dans le viseur. Carney appelle les puissances moyennes, comme nous, à arrêter de se tirer dans les pattes pour plutôt créer une « troisième voie » solidaire. Sa formule est cinglante : « Si vous n’êtes pas à la table, vous êtes au menu. » Ça a le mérite d’être clair.

Il en profite aussi, au passage, pour égratigner l’héritage de son prédécesseur, Justin Trudeau. Carney rejette ce qu’il appelle un « multilatéralisme naïf » et affirme qu’il est temps d’arrêter de faire semblant. C’est la fin de l’innocence. Fini les génuflexions automatiques devant le géant américain.

Contexte explosif : IA, cartes et inquiétudes européennes

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Le timing de ce discours… on ne pouvait pas faire plus dramatique. Le fruit était mûr, c’est le moins qu’on puisse dire. Tenez-vous bien : quelques heures à peine avant que Carney ne monte sur scène, Donald Trump avait encore fait des siennes sur Truth Social. Il a publié une photo générée par l’intelligence artificielle — oui, on en est là — montrant une rencontre au bureau ovale.

Le détail qui tue ? Une carte en arrière-plan où le drapeau américain recouvrait non seulement les États-Unis, mais aussi le Groenland, le Venezuela et… évidemment, le Canada. C’est délirant, mais c’est la réalité à laquelle on fait face. Les alliés européens sont tout aussi alarmés, surtout concernant l’obsession de Trump pour le Groenland. Emmanuel Macron, présent à Davos, a d’ailleurs appelé à rejeter cette « loi du plus fort ». On sent un ras-le-bol général des dirigeants occidentaux, fatigués de faire des pirouettes pour satisfaire un président jugé mégalomane et insatiable.

Conclusion : Entre paroles fortes et flou artistique

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C’est bien beau tout ça, mais comment on fait concrètement ? Si Carney a parfaitement diagnostiqué la rupture, la mise en œuvre de sa vision reste… nébuleuse. Comment sceller cette alliance des puissances moyennes ? Que faire si Trump décide vraiment d’annexer des territoires ? Doit-on s’acharner à sauver l’ACEUM si la parole donnée ne vaut rien ?

Carney continue de ménager la chèvre et le chou sur les sujets vraiment brûlants. Par exemple, il refuse de dire si le Canada participera à l’exercice militaire au Groenland pour envoyer un message sur l’intégrité territoriale de l’île danoise. Il reste aussi très vague sur sa présence au controversé conseil de paix du président.

La vraie question, c’est de savoir comment il se comportera la prochaine fois qu’il sera invité au bureau ovale. Est-ce qu’il sera encore « au bout de sa chaise » à flatter Trump, en le qualifiant de « président transformateur » comme il l’avait fait en mai dernier ? Mark Carney bombe le torse aujourd’hui, mais c’est sur la durée et surtout sur ses actions, au-delà des mots, que les Canadiens pourront juger de ce virage.

Selon la source : ici.radio-canada.ca

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