Un Coca, un dossier épais et des cibles : Trump fait le bilan de sa première année
Simon Kabbaj - 2026-01-15 10:59
credit : lemorning.ca (image IA)
Une demi-heure dans le Bureau ovale

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C’est une scène qui, on doit l’avouer, capture assez bien l’essence du personnage. Installé derrière l’imposant Resolute Desk, Donald Trump termine tout juste la première année de son second mandat. L’ambiance ? Plutôt détendue, apparemment. Pendant les trente minutes qu’a duré son entrevue exclusive avec Reuters, le président a siroté un Coca-Cola, comme pour souligner qu’il est bien chez lui.
Mais ne vous y trompez pas, la décontraction n’est que de façade. Il a brandi un dossier volumineux — « épais », selon ses propres termes — censé contenir la liste de ses réussites depuis son retour à la Maison-Blanche en janvier 2025. C’est du théâtre politique classique, certes, mais cela plante le décor d’une conversation qui a balayé aussi bien les tensions à Téhéran que la guerre qui s’enlise en Ukraine.
Géopolitique : Zelensky dans le viseur et hésitations sur l’Iran

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Si on regarde vers l’international, le ton change radicalement. Commençons par l’Iran. Trump ne cache pas qu’il envisage sérieusement un effondrement du régime clérical actuel, asphyxié par la crise. Il a d’ailleurs menacé plusieurs fois d’intervenir pour soutenir les manifestants, dans un contexte où la répression aurait fait des milliers de morts. Pourtant… il hésite sur l’alternative. Il a évoqué Reza Pahlavi, le fils du dernier chah renversé en 1979. Trump le trouve « très sympathique » — c’est le mot qu’il a utilisé — mais il doute franchement. Est-il capable de rassembler ?
« Je ne sais pas comment il se comporterait dans son propre pays », a-t-il lâché, ajoutant avec un pragmatisme froid que nous n’en sommes « pas encore là ». Si l’Iran acceptait son leadership, Trump s’en réjouirait, mais l’incertitude règne. C’est un peu le flou artistique.
Par contre, sur l’Ukraine, c’est beaucoup plus tranché. Alors que le conflit dure depuis près de quatre ans, Trump pointe un coupable pour l’absence de paix : Volodymyr Zelensky. C’est assez brutal. Selon le président américain, Poutine serait « prêt à conclure un accord », alors que l’Ukraine y serait « moins disposée ». La frustration de Trump est palpable. Il se dit toutefois prêt à rencontrer le dirigeant ukrainien la semaine prochaine, en marge du Forum économique mondial de Davos, en Suisse. « J’y serai », a-t-il promis. S’il est là, bien sûr.
Politique intérieure : La guerre ouverte avec la Fed

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De retour sur le sol américain, les choses ne sont pas moins explosives. Le sujet brûlant, c’est Jerome Powell, le président de la Réserve fédérale (Fed). On sent une tension électrique. Powell a déclaré dimanche que l’administration Trump le menaçait carrément de poursuites pénales. Le motif officiel ? Une histoire de rénovations du siège de la banque centrale. Mais Powell n’est pas dupe : pour lui, c’est un prétexte pour forcer la Fed à baisser les taux directeurs avant les élections de mi-mandat.
Trump, fidèle à lui-même, a balayé les critiques. Va-t-il limoger Powell avant la fin de son mandat en mai prochain ? « Je ne prévois pas de le faire », a-t-il dit à Reuters, tout en laissant planer le doute car il est « trop tôt » pour être sûr. Ce qui est fascinant, c’est sa réaction face aux accusations d’ingérence dans l’indépendance de la banque centrale : « Je m’en fiche ». C’est dit.
Il exige d’ailleurs que les parlementaires républicains soient « loyaux » et bloquent toute opposition. Même les avertissements de Jamie Dimon, le patron de JP Morgan, qui craint une flambée de l’inflation à cause de cette ingérence, ne lui font ni chaud ni froid. « Je me fiche de ce qu’il dit », a-t-il répété. Une ambiance de fin de règne ? Ou de début de combat ?
Conclusion : Gérer les attentes avant les élections

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Au milieu de tout ce tumulte, Trump garde un œil sur l’échéance électorale de fin d’année. Et là, surprise, il joue la carte de la modestie — enfin, façon de parler. Il tente de modérer les attentes des républicains pour les élections de mi-mandat. Il a rappelé une vérité historique : le parti au pouvoir perd souvent des sièges deux ans après la présidentielle. « Lorsque vous remportez la présidence, vous ne gagnez pas les élections de mi-mandat », a-t-il philosophé, tout en promettant de s’efforcer de les gagner quand même.
Entre un Coca, des menaces voilées envers la Fed et une diplomatie au bulldozer, Trump reste égal à lui-même : imprévisible.
Selon la source : ici.radio-canada.ca
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