L’attaque américaine au Venezuela change la donne mondiale : ce que la Russie pourrait gagner… ou perdre

L’attaque américaine au Venezuela change la donne mondiale : ce que la Russie pourrait gagner… ou perdre credit : lemorning.ca (image IA)

Un rétrécissement rapide de la zone d’influence russe

C’est un tableau assez saisissant, vous savez. En l’espace d’à peine plus d’un an, la Russie de Vladimir Poutine a vu son influence sur la scène mondiale se contracter, comme un soufflé qui retombe. Les alliés sur lesquels Moscou pouvait compter tombent les uns après les autres, et souvent à une vitesse qui laisse pantois. Prenez le Moyen-Orient d’abord. Le régime de Bachar Al-Assad en Syrie, un pilier de l’alliance russe dans la région, s’est effondré dans la nuit du 7 au 8 décembre 2024. Imaginez : Assad a fui Damas, contraint de se réfugier avec sa famille à Moscou, après une offensive massive des rebelles soutenue par… la Turquie et les États-Unis.

Et puis voilà qu’en Amérique latine, un autre pilier tombe d’une manière encore plus spectaculaire, presque cinématographique. Le président vénézuélien Nicolas Maduro, capturé en plein sommeil par des forces d’élite américaines un samedi de janvier 2026. Son sort est plus dramatique : emmené à New York pour y être jugé pour des accusations graves, dont le narcoterrorisme. Vous voyez le tableau ? En deux coups, la carte géopolitique est chamboulée. C’est comme si les États-Unis, sous l’administration de Donald Trump, avaient décidé de grignoter méthodiquement les arrière-cours de la Russie. Et ce n’est peut-être pas fini.

L’Iran sur la sellette et l’approche pragmatique du Kremlin

credit : lemorning.ca (image IA)

Et il ne faut pas oublier l’Iran dans cette équation. Téhéran, un autre grand allié de la Russie, est lui aussi sous pression extrême. En juin dernier, je dis bien l’an dernier, les États-Unis et Israël ont mené des frappes aériennes d’une ampleur inédite contre ce pays. Ils visaient des centaines de sites, militaires et nucléaires, tuant au passage plusieurs hauts gradés et scientifiques du programme atomique. Le régime n’est toujours pas sorti du bois, loin de là.

Depuis quelques semaines, la grogne monte dans la population. Un mouvement de contestation, né de la colère face à la dégradation économique, prend de l’ampleur. Les autorités iraniennes essaient de jouer la carte de la modération, affirmant que les demandes des protestataires sont légitimes. Mais elles ajoutent, sans ambiguïté, qu’elles n’hésiteront pas à agir avec fermeté si ces manifestations sont instrumentalisées pour déstabiliser le pays. Téhéran a même mis Washington en garde contre toute ingérence, tandis que Donald Trump déclare ouvertement être prêt à intervenir si la répression s’abat sur les protestataires. Une situation explosive.

Face à tout ça, Moscou, que fait-elle ? Elle observe. Elle se tient à l’écart. C’est frappant. La Russie, pourtant alliée de longue date de Téhéran, de Damas et de Caracas, s’est contentée de dénoncer les agressions américaines. Rien de plus. Elle évite soigneusement tout affrontement direct avec les États-Unis. Pour plusieurs observateurs, cette froide retenue en dit long. Elle révèle le pragmatisme froid du Kremlin et la priorité absolue qu’il accorde à ses propres intérêts nationaux, quitte à laisser tomber des partenaires en difficulté.

Cette attitude montre aussi une vérité parfois gênante : plusieurs alliés de la Russie s’appuient sur elle par défaut, parce qu’ils n’ont plus d’autres options, isolés qu’ils sont par les sanctions internationales. C’est vrai pour les vieux alliés comme l’Iran, mais aussi pour les nouveaux, ceux du Burkina Faso, du Mali et du Niger. Ces trois pays du Sahel ont rompu avec leurs anciennes puissances coloniales occidentales pour se tourner vers Moscou. En 2021, la Russie y avait même déployé les paramilitaires du groupe Wagner pour combattre les djihadistes. Une stratégie d’influence qui semblait porter ses fruits.

Nigeria, Ukraine et le dangereux précédent vénézuélien

credit : lemorning.ca (image IA)

Pourtant, même en Afrique, les Américains semblent reprendre l’initiative. Prenez le Nigeria. En novembre, le Kremlin tentait un rapprochement, offrant son aide contre le terrorisme. Mais le 25 décembre, jour de Noël, ce sont les avions américains qui ont frappé, visant des militants de l’État islamique dans le nord-ouest du pays. Ironie du sort, les relations entre Washington et Abuja étaient au plus bas à l’automne, Trump accusant le Nigeria d’encourager le génocide des chrétiens – des accusations rejetées par Abuja. Les jeux d’alliances sont complexes, vous voyez.

Tout cela pose une question brûlante : que va faire la Russie maintenant ? Elle est déjà prise dans un bras de fer épuisant avec l’OTAN depuis son invasion de l’Ukraine il y a près de quatre ans. Les Américains ont présenté des plans, proposé un gel des combats, mais Moscou reste inflexible, exigeant que Kiev renonce aux territoires conquis. Et voilà que l’attaque au Venezuela vient tout brouiller.

Pour justifier son opération, Donald Trump a ressorti un vieux concept du placard : la doctrine Monroe. Une politique vieille d’un siècle qui considère l’Amérique latine comme la chasse gardée des États-Unis. Dans le cadre de notre nouvelle stratégie de sécurité nationale, la domination américaine dans l’hémisphère occidental ne sera plus jamais remise en question, a-t-il lancé, tout en annonçant que les États-Unis allaient « diriger » le Venezuela le temps d’une transition, et ouvrir son secteur pétrolier aux compagnies américaines. C’est une posture d’une agressivité rare, et qui bafoue allègrement le droit international.

Et c’est là que ça devient vraiment inquiétant. Comme le soulignent des analystes comme Jennifer Kavanagh du groupe Defense Priorites, ou Justin Massie de l’UQAM, cette action crée un dangereux précédent. Si les États-Unis peuvent destituer un dirigeant et gouverner son pays, pourquoi la Russie ou la Chine ne feraient-elles pas de même ? Justin Massie le dit clairement : cette opération cautionne la stratégie des sphères d’influence. La Russie veut l’Ukraine, la Chine veut Taïwan et les États-Unis veulent le Venezuela. Ça divise le monde en trois. Et le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, s’en est d’ailleurs dit « inquiet ».

Conclusion : Vers un monde divisé en blocs et une confrontation accrue ?

credit : lemorning.ca (image IA)

Les conséquences pourraient être immédiates. La Chine, qui revendique Taïwan, a déjà mené il y a quelques jours des manœuvres aériennes et navales sans précédent autour de l’île, simulant un blocus. De son côté, Vladimir Poutine, nostalgique de l’empire soviétique, pourrait s’inspirer de Trump pour élargir son opération au-delà de l’Ukraine, cherchant à renforcer son emprise sur d’autres pays d’Europe de l’Est. Les Européens ne s’y trompent pas. Le secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte, a déjà averti que la Russie pourrait être prête à utiliser la force militaire contre un pays membre d’ici 2030. Nous sommes la prochaine cible, a-t-il répété le 11 décembre.

Le monde semble se fracturer, revenant à une logique de blocs et de zones d’influence exclusive, où le droit international devient un simple chiffon de papier pour les plus forts. Dans ce contexte tendu à l’extrême, la réunion d’urgence du Conseil de sécurité de l’ONU prévue lundi prend une importance capitale. C’est l’un des rares forums où la Chine, la Russie et les États-Unis sont encore forcés de se parler. Ce qu’ils se diront, ou ne se diront pas, pourrait bien définir les contours d’un nouvel ordre mondial, bien plus instable et conflictuel que le précédent. Une époque troublée s’annonce, et les cartes viennent d’être brutalement rebattues.

Selon la source : ici.radio-canada.ca

Ce contenu a été créé avec l’aide de l’IA.