Trump exerce une pression accrue sur Maduro, Moscou réaffirme son soutien au Venezuela
Adam David - 2025-12-23 10:05
credit : lemorning.ca (image IA)
L’avertissement de Trump et l’armada américaine

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Le président américain Donald Trump a lancé un avertissement clair à Caracas ce lundi, affirmant qu’il serait « sage » pour le président vénézuélien Nicolás Maduro de quitter le pouvoir. La déclaration, faite lors d’une conférence de presse en Floride où il présentait un nouveau navire de guerre, intervient alors que les États-Unis renforcent considérablement leur pression militaire et diplomatique sur le Venezuela.
« C’est à lui de décider ce qu’il veut faire. Je pense que ce serait sage de sa part. Mais encore une fois, on verra bien », a déclaré Trump en réponse à une question sur l’objectif de Washington. Il a poursuivi sur un ton menaçant : « Il peut faire tout ce qu’il veut. […] S’il veut faire quelque chose, s’il joue les durs, ce sera la dernière fois qu’il pourra jouer les durs. »
Le président américain a aussi souligné le déploiement d’une « gigantesque armada » dans les Caraïbes, incluant, selon ses dires, le plus grand porte-avions du monde. De son côté, Maduro a rétorqué, dans un discours dont la chronologie précise par rapport aux propos de Trump n’est pas claire, que ce dernier ferait mieux de s’occuper des problèmes des États-Unis.
La rhétorique acerbe et le blocus naval en action

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L’échange verbal n’est pas le seul front de tension. Trump a réitéré des accusations virulentes contre Caracas, affirmant que le Venezuela avait infligé des « choses horribles » aux États-Unis en y renvoyant « leurs criminels, leurs prisonniers, leurs trafiquants de drogue, leurs malades mentaux et leurs incompétents ». Plus tôt, la ministre américaine à la Sécurité intérieure, Kristi Noem, avait été encore plus directe sur Fox News : « […] il doit partir. »
Ces mots s’accompagnent d’actions concrètes. Les États-Unis ont annoncé la mise en place d’un blocus naval autour du Venezuela visant des pétroliers qu’ils considèrent comme étant sous sanctions. Ils ont déjà saisi deux de ces navires soupçonnés de transporter du pétrole vénézuélien. Un troisième, le Bella 1 – soumis à des sanctions américaines depuis 2024 pour ses liens présumés avec l’Iran et le Hezbollah –, a été poursuivi dimanche sans être intercepté.
Parallèlement, les forces américaines ont mené une série de frappes contre des bateaux suspects de trafic de drogue dans les Caraïbes et dans l’est du Pacifique. Ces opérations ont fait au moins 104 morts, illustrant la sévérité des mesures employées.
Le soutien indéfectible de Moscou et la réplique de Maduro

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Face à cette pression, le Venezuela n’est pas sans allié. Le ministre des Affaires étrangères Yvan Gil a eu un entretien téléphonique avec son homologue russe Sergueï Lavrov. Selon le compte-rendu vénézuélien, les deux hommes ont dénoncé les « agressions et les violations flagrantes du droit international » commises dans les Caraïbes, évoquant des attaques, des exécutions extrajudiciaires et des actes de « piraterie » perpétrés par Washington.
Moscou, de son côté, a diffusé un communiqué exprimant sa « profonde préoccupation face à l’escalade » et réaffirmant son « soutien total et sa solidarité » avec le gouvernement et le peuple vénézuéliens. Cette position était prévisible : Nicolás Maduro, d’inspiration socialiste, est un allié fidèle de Vladimir Poutine et avait soutenu l’offensive russe en Ukraine dès ses débuts.
Maduro lui-même a adressé une lettre aux membres du Conseil de sécurité de l’ONU, qui doit se réunir mardi pour discuter de la crise. Il y qualifie les actions américaines de « piraterie d’État » et les présente comme une « menace directe pour l’ordre juridique international et la sécurité mondiale ». Il met en garde contre les conséquences d’une inaction : « Si l’on tolère l’usage unilatéral de la force […] le monde se dirige vers un scénario de confrontation globale aux proportions imprévisibles. »
Conclusion : Un conflit aux accusations diamétralement opposées

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Les accusations des deux camps sont irréconciliables et dessinent les lignes d’un conflit aux enjeux à la fois idéologiques et économiques. Les États-Unis accusent le Venezuela d’utiliser ses revenus pétroliers pour financer ce qu’ils appellent le « narcoterrorisme », la traite d’êtres humains, les meurtres et les enlèvements.
Caracas, de son côté, nie toute implication dans le trafic de stupéfiants et rétorque que Washington cherche simplement à renverser Maduro pour s’emparer des immenses réserves pétrolières du pays, les plus grandes au monde. Le Venezuela affirme être « prêt à défendre sa souveraineté » et prévient que ces agressions « n’affecteront pas seulement le Venezuela », laissant planer la menace d’une escalade régionale ou globale.
Alors que le Conseil de sécurité de l’ONU se réunit, la communauté internationale observe cette nouvelle crise des Caraïbes où la rhétorique guerrière, les déploiements militaires et les accusations mutuelles de piraterie rappellent les heures les plus tendues de la guerre froide, mais avec des acteurs et des enjeux résolument contemporains.
Selon la source : ici.radio-canada.ca
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