Un apprenti-pilote gravement blessé poursuit son école pour près de 600 000 $
Adam David - 2025-12-17 10:24
credit : Photo : Bureau de la sécurité des transports du Canada
Un rêve devenu cauchemar à Québec
On imagine souvent que devenir pilote, c’est vivre le grand rêve de voler. Pour Dorian Mohoubi, cet idéal s’est transformé en un cauchemar douloureux et en un long combat judiciaire. Ce jeune homme originaire de France, qui avait déménagé au Québec en février 2023 avec l’ambition d’obtenir sa licence de pilote professionnel, se retrouve aujourd’hui à intenter une poursuite de près de 600 000 dollars contre son école de pilotage.
L’événement tragique qui est à l’origine de tout ça ? Son premier vol solo, qui a viré au désastre à l’aéroport Jean-Lesage de Québec, le laissant grièvement blessé. Sans aucune expérience préalable, il avait pourtant commencé sa formation avec Orizon Aviation en mars 2023, confiant. Son rêve a volé en éclats le 1er août de la même année. Là, il allège le texte en parlant de l’avion qui s’est écrasé. Maintenant, il affirme qu’il n’avait tout simplement pas reçu la formation adéquate pour prendre les commandes seul.
Il a donc déposé une demande introductive d’instance à la Cour supérieure de Québec, visant à la fois Orizon Aviation et le Collège Mérici, avec qui l’école était associée. Il leur réclame carrément 589 003 $. Pas rien, hein ? Mais attention, c’est important de le préciser : pour l’instant, ce sont des allégations, et elles devront être prouvées devant un juge. Rien n’est encore joué.
Une formation chaotique et une pression constante

credit : lemorning.ca (image IA)
Alors, qu’est-ce qui a mal tourné, d’après lui ? Tout part d’un manque de préparation criant. Le 20 juillet 2023, Dorian Mohoubi a échoué à une évaluation, car il avait des lacunes dans les techniques d’atterrissage, notamment dans le contrôle de la vitesse. C’est pas rien, l’atterrissage, c’est un moment crucial. Et là, six jours plus tard, le 26 juillet, l’instructeur-chef lui-même, un certain Samuel Casabon, s’y est opposé. Il estimait que l’apprenti n’était pas prêt pour un vol en solo.
Pourtant, quelques jours après seulement, un autre instructeur, celui-là, lui a donné l’autorisation de décoller seul. C’est là que la situation devient vraiment préoccupante. La poursuite avance plusieurs points troublants. D’abord, Dorian Mohoubi a eu pas moins de six instructeurs différents pendant sa formation. C’est beaucoup. Beaucoup trop, selon son avocat, car cela a empêché chacun de se familiariser vraiment avec ses difficultés spécifiques, ses forces et ses faiblesses.
Ensuite, l’instructeur qui a finalement signé l’autorisation pour ce vol du 1er août 2023, on dit qu’il manquait lui-même d’expérience. Pire encore : c’était le tout premier élève à qui il permettait de voler seul. Imaginez un peu. Et cerise sur le gâteau : la communication entre les différents instructeurs d’Orizon aurait été défaillante. Le nouvel instructeur ne connaissait donc pas assez les réels problèmes de l’élève.
Pour couronner le tout, le jeune homme a subi des pressions, selon ses dires. La direction du Collège Mérici l’aurait menacé d’expulsion s’il n’atteignait pas les objectifs du programme dans les temps. C’est un peu comme si on le poussait vers le précipice. Il a même déclaré dans ses documents : « Le Demandeur ne se sentait pas prêt à accomplir cette étape dans son cheminement. » On a l’impression qu’il s’est senti contraint de voler, malgré ses propres doutes et l’opposition initiale de son instructeur-chef. Pas une position enviable, surtout quand on est seul aux commandes d’un avion.
L’accident brutal et ses terribles conséquences
Le 1er août 2023, le vol a donc eu lieu. Et ça a mal fini, très mal. Le Bureau de la sécurité des transports du Canada (BST) a mené son enquête et a conclu, l’année dernière, qu’une erreur de pilotage de l’élève après le décollage était à l’origine de l’accident. Leur rapport technique décrit une série d’erreurs en chaîne. L’avion a redescendu, a rebondi plusieurs fois sur le sol, déviant de sa trajectoire. Dans un moment de panique, l’élève a tenté de « remettre les gaz », comme on dit, pour reprendre de l’altitude. Mais c’était trop tard, ou mal exécuté, et ça n’a pas fonctionné.
La poursuite raconte la même chose : Dorian Mohoubi a paniqué. Il a confondu les manœuvres à faire. Le Cessna 152 a fini par s’écraser en bordure de la piste. L’impact a été violent. L’avion est entré en collision avec le sol presque à la verticale, le nez vers le bas. Un scénario terrifiant.
Les conséquences, elles, sont gravées dans son corps et son esprit. Transporté d’urgence à l’hôpital, il a subi de multiples fractures : à la hanche, au genou, au talon, ainsi que des lésions à plusieurs membres. Aujourd’hui encore, il souffre de douleurs persistantes. Il est incapable de faire des activités physiques et se dit inapte au travail. Le rêve de carrière de pilote, c’est terminé.
Et puis il y a le traumatisme psychologique, qu’il ne faut pas négliger. Il est resté prisonnier de l’épave, une vingtaine de minutes, la tête à l’envers, gravement blessé mais pleinement conscient, avec la peur de mourir. Vingt minutes, c’est une éternité dans ces conditions. Sa poursuite affirme sans détour que « les graves lacunes dans la formation dispensée par les défenderesses ont sérieusement mis en péril la vie du demandeur. » C’est fort comme accusation.
Une poursuite de 589 003 $ et le silence des accusés

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Face à cette situation, Dorian Mohoubi a refusé une proposition de règlement, qu’il juge dérisoire. Il affirme que la direction du Collège Mérici lui a offert 10 000 dollars en guise d’indemnité. Il a dit non. Il veut bien plus, et sa poursuite en détaille le montant précis. Il réclame 475 000 dollars pour son préjudice corporel et moral. À cela s’ajoutent des sommes pour ses frais médicaux passés et futurs, ainsi que pour ses pertes de revenus.
Mais ce n’est pas tout. Il demande aussi le remboursement intégral de ses frais de formation, qui s’élèvent à 24 378 dollars. Quand on additionne tout ça, on arrive au fameux total de 589 003 dollars. C’est le prix qu’il met sur ses blessures, son avenir brisé et, selon lui, la faute de son école.
L’affaire est maintenant entre les mains de la justice. C’est Me Abdulkadir Abkey qui a signé et déposé la demande au greffe de la Cour supérieure de Québec. Pour l’instant, les parties mises en cause gardent le silence, ou presque. La direction du Collège Mérici a déclaré ne pas vouloir commenter l’affaire. Quant à Orizon Aviation, l’école de pilotage directement impliquée, elle n’a pas répondu aux demandes de commentaires du journaliste au moment où l’article a été écrit.
C’est une histoire qui interroge, vous ne trouvez pas ? Sur les responsabilités des écoles de formation, sur la pression pour terminer un programme coûteux, et sur le devoir de protéger des élèves qui mettent leur vie entre les mains de leurs instructeurs. On suivra l’affaire de près.
Selon la source : ici.radio-canada.ca
Ce contenu a été créé avec l’aide de l’IA.