Un rapport secret exige qu’Ottawa surveille la performance des fonctionnaires
Mathieu Gagnon - 2025-12-16 11:54
credit : lemorning.ca (image IA)
Un rapport confidentiel dévoile les faiblesses de la fonction publique

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Vous savez, on entend souvent parler de l’inefficacité du gouvernement, mais là, c’est un peu comme si on mettait le doigt sur un vrai problème de fond. Radio-Canada a mis la main sur un rapport confidentiel, obtenu grâce à la Loi sur l’accès à l’information, et ce qu’il dit n’est pas vraiment surprenant, mais il le dit crûment.
Le Groupe de travail sur la productivité dans la fonction publique a remis ses conclusions il y a quelques mois au président du Conseil du Trésor, Shafqat Ali. Et leur constat est simple : pour avoir une fonction publique performante, il faut des employés compétents, motivés, et surtout, une culture qui valorise la productivité et l’innovation. C’est du bon sens, mais apparemment, il faut encore le rappeler.
Le gros morceau, c’est leur recommandation phare : le gouvernement fédéral devrait publier chaque année des données sur le nombre de fonctionnaires jugés « sous-performants » et sur le nombre de ceux qui ont été congédiés. C’est une proposition qui va faire grincer des dents, j’imagine. Ils veulent que ça figure dans le Rapport annuel sur la fonction publique, pour plus de transparence et de reddition de comptes.
Le problème du congédiement et les cinq grands thèmes de réforme

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La question épineuse, c’est celle du congédiement. Michael Wernick, l’ancien greffier du Conseil privé qui a passé 28 ans comme haut fonctionnaire, ne mâche pas ses mots. Il dit carrément que pour améliorer la productivité à long terme, « il faut congédier les employés qui ne sont pas performants ». Il trouve que la barre est actuellement beaucoup trop haute, que c’est un processus beaucoup trop long et trop difficile. C’est un avis qui pèse lourd, venant de quelqu’un qui a vu les choses de l’intérieur.
Il souligne aussi un point sensible : cette discussion traîne depuis des années, mais aucun gouvernement n’a eu le courage politique de s’attaquer aux lois pour simplifier les procédures de congédiement. Pourquoi ? Parce que ça risquerait de mettre les syndicats en colère, tout simplement. C’est le genre de réforme qui demande une volonté politique solide, et Michael Wernick le dit bien : les gestionnaires peuvent proposer des changements, mais pour des réformes en profondeur, « il faut pouvoir compter sur des politiciens ».
Le groupe de travail, qui avait été créé il y a plus d’un an par l’ancienne présidente du Conseil du Trésor Anita Anand, a structuré ses 19 recommandations autour de cinq grands axes. Je vous les liste, parce que c’est important pour comprendre leur vision globale : Améliorer la mesure de la productivité, Soutenir un effectif productif, Exploiter la puissance de la technologie et l’intelligence artificielle, Examiner les programmes et les dépenses de l’État, et enfin Améliorer les structures, processus et règles internes. C’est assez complet comme feuille de route.
Ils insistent aussi sur un point que je trouve assez juste : le mauvais rendement d’un employé n’est pas toujours de sa faute. Parfois, c’est à cause de problèmes systémiques, comme un manque de formation ou un manque de soutien de la direction. Le rapport recommande donc des mesures correctives claires et suggère que les évaluations de rendement soient faites avant la fin des périodes de probation. Une idée qui semble logique, non ?
Mesurer la performance, ouvrir les portes au privé et gérer l’IA

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Une autre idée forte du rapport, c’est la mesure. Comment savoir si on s’améliore si on ne mesure pas ? Le groupe propose que Statistique Canada joue un rôle central pour créer un cadre solide de mesure de la productivité du secteur public. L’idée, c’est d’avoir des données fiables pour voir ce qui marche et ce qui ne marche pas. Mais voilà, le gouvernement a déjà décidé de ne pas retenir cette recommandation, pour l’instant, à cause de « ses priorités ». Il a aussi refusé de nommer un haut fonctionnaire à temps plein pour superviser la réforme globale. On se demande parfois s’ils veulent vraiment changer les choses…
Autre proposition qui revient souvent : il faut décloisonner. Le groupe estime que le gouvernement devrait faire davantage appel aux talents du secteur privé, universitaire et des organismes sans but lucratif. Et inversement, il devrait encourager les fonctionnaires à aller acquérir de l’expérience à l’extérieur. Ces expériences devraient même devenir un atout pour décrocher des postes de cadre supérieur. Michael Wernick est d’accord, il prône plus d’« allers-retours » entre le public et le privé.
D’ailleurs, le budget déposé en novembre dernier par les libéraux de Mark Carney allait déjà dans ce sens. Ils parlent d’intégrer 50 chefs de file externes dans la fonction publique, et vite, dans des domaines comme la technologie et les finances. C’est un objectif ambitieux, on verra s’il est atteint.
Et puis, il y a l’éléphant dans la pièce : l’intelligence artificielle. Même avec les contraintes budgétaires, le rapport estime que les investissements dans la tech et la formation doivent rester une priorité. Ils vont même plus loin : ils proposent la création d’un comité externe d’experts (en IA, en RH, en relations de travail) pour conseiller le gouvernement sur comment gérer l’impact de l’IA sur les emplois, y compris les possibles suppressions de postes. C’est prévoyant, mais c’est un dossier délicat. Et chose intéressante, le rapport ne mentionne à aucun moment les syndicats dans ses 19 recommandations. Un oubli ? Ou un choix délibéré ?
Le groupe d’experts était composé de six personnes : Benoît Robidoux (ex-sous-ministre), Laura Dawson (Coalition Frontières de l’avenir), Neil Yeates (ex-sous-ministre), Shingai Manjengwa (Mila), Trevor Tombe (prof à l’Université de Calgary) et Wendy R. Carroll (prof à l’Université Saint Mary’s). Du beau monde, en somme.
Conclusion : Une réforme qui dépendra du courage politique

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Alors, où en est-on ? Après que Radio-Canada a obtenu le rapport, le Secrétariat du Conseil du Trésor l’a finalement publié sur son site. Ils ont même un peu réécrit certains passages, ce qui est toujours intriguant. Ils affirment que plusieurs recommandations vont dans le sens de leurs priorités et du dernier budget.
Leur porte-parole, Mohammad Kamal, a confirmé que le gouvernement voulait continuer à se moderniser pour offrir de meilleurs résultats aux Canadiens, réduire les coûts et les chevauchements. Il a parlé d’examens réguliers, de consolidation des programmes et d’une plus grande utilisation de l’IA pour alléger le fardeau administratif. Des mots qui sonnent bien.
Mais Michael Wernick, lui, tempère les attentes. Il prévient que la mise en œuvre de ces changements prendra du temps. Et surtout, il répète que sans un soutien politique fort, la fonction publique ne peut pas se réformer toute seule. Il faut des modifications législatives, il faut des investissements. Les lettres de mandat des ministres et le budget sont des signaux encourageants, concède-t-il. « Mais on va voir en 2026, si ça se traduit par un geste pratique et concret », a-t-il conclu, avec une pointe de scepticisme qui, je crois, est partagée par beaucoup de monde.
En fin de compte, ce rapport met le doigt sur des problèmes bien connus : la difficulté à gérer les mauvaises performances, le besoin de mesurer les résultats, et l’urgence de s’ouvrir à de nouvelles idées. Mais entre les bonnes intentions d’un rapport et les réalités politiques et syndicales, il y a souvent un fossé. Le vrai test, ce sera de voir si les politiciens auront le courage de le combler.
Selon la source : ici.radio-canada.ca
Ce contenu a été créé avec l’aide de l’IA.