Sécurité dans les résidences pour aînés : un enjeu humain et financier majeur

Sécurité dans les résidences pour aînés : un enjeu humain et financier majeur credit : lemorning.ca (image IA)

Une tragédie qui soulève des questions cruciales

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Cette semaine, le décès d’une résidente retrouvée à l’extérieur d’une RPA de Laval a agi comme un électrochoc. Ça a ramené à la surface une question douloureuse qu’on préfère souvent éviter : comment protéger nos aînés les plus vulnérables sans les priver de leur dignité et de leur liberté ? C’est un équilibre délicat, et visiblement, on est loin de l’avoir trouvé.

Le Regroupement québécois des résidences pour aînés (RQRA) l’affirme, le défi est de taille. D’un côté, il y a plus de 11 000 personnes en perte d’autonomie cognitive dans des établissements spécifiques qui ont besoin d’une protection accrue. De l’autre, il y a tous les autres résidents, autonomes, qui ne veulent pas vivre dans un endroit qui ressemble à une forteresse. Le gouvernement a bien établi des règles, mais sur le terrain, c’est une autre histoire.

L’article 24, une réglementation qui divise

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C’est le fameux article 24 du règlement sur la certification des RPA qui cristallise les tensions. Adopté en 2022, il oblige les résidences de catégories 3 et 4 – celles qui accueillent des personnes à risque d’errance – à installer des dispositifs de sécurité aux sorties. Mais pour Hugo Boucher, président du RQRA, l’interprétation est problématique. « C’est vraiment cet article qui nous obligerait à barrer les portes de toutes nos résidences », déplore-t-il, craignant que ça n’empiète sur la vie des résidents autonomes.

Il faut dire que le calendrier a été chamboulé. L’échéance initiale de décembre 2023 pour les RPA de catégorie 3 a été repoussée une première fois à juillet 2024, puis grâce à une « tolérance administrative », on parle maintenant de juillet 2025. Un délai qui en dit long sur la complexité de la mise en œuvre, et peut-être aussi sur la réticence de certains gestionnaires face à des coûts qui peuvent être… salés.

Le coût exorbitant de la sécurité

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Et quand on parle de coûts, Claude Dolembreux, consultant en sécurité, ne mâche pas ses mots. Selon lui, le ticket d’entrée est d’environ 5000 $ par porte. « En particulier les portes de sortie à l’étage des soins, au sous-sol et rez-de-chaussée », précise-t-il. Pour une résidence avec plusieurs issues, on grimpe vite à plusieurs dizaines de milliers de dollars. Une somme que toutes les RPA, surtout les plus petites, n’ont pas forcément en réserve.

L’expert souligne aussi que les options technologiques sont vastes : reconnaissance faciale, puces dans les vêtements, bracelets… Mais la technologie, aussi avancée soit-elle, a ses limites. La ministre Sonia Bélanger le rappelait d’ailleurs : « Il n’y a rien de mieux que la surveillance directe des intervenants. » C’est vrai, mais est-ce qu’on leur en donne les moyens ? C’est toute la question.

Des rapports de coroners qui font froid dans le dos

L’histoire récente nous donne malheureusement raison de nous inquiéter. En 2019, la mère de l’ancien chef bloquiste Gilles Duceppe était retrouvée inconsciente dans la neige près d’une sortie de secours. La coroner Gehane Kamel avait pointé du doigt un détecteur de mouvement défaillant et l’absence d’interphone aux portes. Des défaillances simples qui ont eu des conséquences tragiques.

Et ce n’est pas un cas isolé. En 2021, la coroner Denise McManiman déplorait avoir retracé, rien qu’en cinq ans, au moins cinq décès similaires. Elle s’interrogeait avec une franchise glaçante : comment, dans une résidence de 24 chambres, la personne de surveillance de nuit pouvait-elle dormir avec « un simple moniteur pour bébé » comme seule alarme ? Ses mots résonnent encore : « Seulement au cours des cinq dernières années, j’ai retracé au moins cinq cas où des personnes sont décédées l’hiver, peu vêtues, après avoir quitté une RPA la nuit sans que personne s’en aperçoive. »

Conclusion : Un défi collectif qui nous attend tous

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Alors, que faire ? La ministre Bélanger assure que son ministère examine la situation « au cas par cas ». Mais avec plus d’un quart de la population qui aura plus de 65 ans d’ici dix ans, le temps presse. On ne peut pas se permettre d’attendre la prochaine tragédie. Il faut des solutions qui protègent sans infantiliser, qui sécurisent sans emprisonner. Un vrai casse-tête humain.

La technologie, si elle est bien utilisée et surtout, bien financée, peut être une partie de la réponse. Mais elle ne remplacera jamais le regard bienveillant d’un employé, la relation humaine. Peut-être que la vraie question n’est pas seulement de savoir comment verrouiller les portes, mais comment valoriser et renforcer la présence humaine dans ces lieux de vie. Parce qu’au bout du compte, c’est de ça dont il s’agit : permettre à nos aînés de vivre leurs derniers jours dans la sécurité, mais aussi dans la dignité.

Selon la source : ici.radio-canada.ca

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