Un aîné pour 25 cents : l’initiative montréalaise qui défie l’âgisme par l’écoute humaine
Mathieu Gagnon - 2025-11-29 11:02
credit : lemorning.ca (image IA)
La force de l’humain face à l’intelligence artificielle

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Vingt-cinq sous. C’est presque rien, n’est-ce pas? Mais ce petit montant symbolique débloque en réalité un trésor bien plus précieux que n’importe quel algorithme : de l’écoute, de l’empathie et une expérience de vie inestimable. C’est un échange gagnant-gagnant. D’un côté, nous avons des usagers qui cherchent un conseil sincère. De l’autre, des aînés dont le savoir ne demande qu’à être partagé, plutôt que de se dessécher dans l’isolement.
Hervé Simoneau : le bonbon québécois de l’écoute active

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Caroline Malo, la responsable des services aux aînés à la BAnQ, le résume parfaitement : « Hervé, c’est bon comme du bonbon. C’est un bon Québécois qui a une grande expérience de vie, il est très ouvert et a beaucoup d’écoute, de finesse. » Il réussit l’exploit d’effectuer entre 25 et 40 consultations par jour, ce qui est assez phénoménal.
Des questions variées qui virent rapidement à l’intime

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Le type de demandes est incroyablement diversifié :
- Un jeune universitaire se demande s’il a choisi la bonne voie professionnelle.
- Une doctorante africaine veut comprendre les codes de séduction au Québec.
- Un homme « un peu déboussolé » hésite à se marier.
- Même des élèves de 4e année s’arrêtent pour lui demander s’il a déjà triché à l’école!
- Et bien sûr, les parents inquiets (par exemple, celui dont l’enfant de deux ans dort encore avec lui) viennent chercher un peu de réassurance.
L’écoute plutôt que la psychologie

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Ceci dit, son bagage n’est pas inutile : son parcours en ressources humaines et ses connaissances en psychologie, notamment en thérapie brève, lui servent énormément pour guider ces échanges courts et intenses. Les gens, dit-il, ont souvent déjà une réponse en tête; il leur faut juste un coup de pouce, quelqu’un pour valider leur intuition, ou peut-être juste les encourager.
Des racines profondes au Collège de Maisonneuve

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C’est un lieu crucial pour l’intégration, surtout quand on sait que c’est l’un des cégeps les plus multiethniques du Québec. D’ailleurs, les aînés ont joué un rôle essentiel après la crise de 2017, quand des étudiants s’étaient radicalisés. Hervé Simoneau raconte l’impact de ces rencontres intergénérationnelles :
C’est beau de voir que le respect pour les aînés, une valeur parfois oubliée ici, devient la clé pour apaiser les tensions ailleurs, non?
L’encouragement qui fait toute la différence : l’exemple d’un jeune homme autiste

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Il ne savait absolument pas quoi faire de ce sentiment. À la fin de leur discussion, non seulement le jeune homme était plus à l’aise, mais Hervé lui tenait l’avant-bras, sans que cela le dérange. « Je lui ai dit de foncer. Il avait simplement besoin d’être encouragé, » se souvient Hervé. C’est incroyable de penser qu’un simple conseil d’un grand-père de substitution puisse débloquer une situation aussi délicate.
En fait, la BAnQ fait ça depuis plus de 10 ans avec des initiatives comme les « Bibliothèques vivantes », où l’on « emprunte » des humains pour écouter leur histoire. L’idée, d’ailleurs, vient de la Scandinavie, du Danemark, précisément. Ça fonctionne!
Une riposte directe contre l’âgisme et l’isolement

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D’ailleurs, la lutte contre l’âgisme est une priorité absolue dans le plan gouvernemental 2024-2029, joliment intitulé « La fierté de vieillir ». Ce plan souligne que, malgré l’apport positif des aînés, l’image véhiculée par la société est souvent celle de la régression, de l’isolement, et de la dépendance. On parle ici de déconstruire ces idées stéréotypées!
Le gouvernement insiste sur l’importance de créer des occasions de rencontre entre les générations. C’est la clé pour développer l’empathie et la bienveillance. Et c’est exactement ce que font ces 25 cents. C’est la preuve que le simple fait d’être mis à contribution est la meilleure façon de redonner leur juste valeur aux aînés.
Conclusion : La valeur inestimable d’un quart de dollar
Quoi qu’il en soit, le vrai trésor n’est pas dans la boîte de collecte. Il est dans ces 15 ou 20 minutes d’écoute sincère offertes par un aîné qui ne demande qu’à se sentir utile. C’est un modèle de médiation sociale simple et puissant, prouvant que face aux complexités de la vie, l’expérience humaine reste notre meilleur conseiller. Si vous êtes à Montréal, sachez que la prochaine session est prévue le 4 décembre à BAnQ.
Selon la source : ici.radio-canada.ca
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