L’ACEUM sur la sellette : Trump envisage de scinder l’accord commercial avec le Canada et le Mexique
Simon Kabbaj - 2025-12-11 11:18
credit : lemorning.ca (image IA)
Une menace sur le pacte commercial continental

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L’Accord Canada–États-Unis–Mexique, ce pilier de notre économie continentale signé en 2018, traverse une zone de fortes turbulences. Le principal négociateur commercial de Donald Trump, Jamieson Greer, vient de lancer une bombe en annonçant que l’administration américaine envisage sérieusement de démanteler l’ACEUM pour lui préférer des traités séparés avec Ottawa et Mexico City. Une perspective qui, avouons-le, fait froid dans le dos pour de nombreux secteurs industriels canadiens qui dépendent de la fluidité des échanges.
Le calendrier est tendu : les trois pays ont jusqu’au 1er juillet de l’année prochaine pour décider de l’avenir du pacte. Et M. Greer doit lui-même soumettre un rapport crucial au Congrès dès le 2 janvier, qui pourrait bien dessiner les prémices d’un éclatement. On sent que la période d’incertitude n’est pas prête de s’arrêter, et c’est un vrai casse-tête pour les entreprises qui planifient leurs investissements à moyen terme.
La logique de Trump : deux accords distincts plutôt qu’un seul
Le raisonnement de l’équipe Trump, expliqué par Greer, repose sur une idée simple, presque brutale : le Canada et le Mexique sont des partenaires trop différents pour être traités dans le même sac. « Nos relations économiques avec le Canada sont très différentes de nos relations économiques avec le Mexique », a-t-il martelé, pointant du doigt les écarts en matière de situation du travail, de profil commercial, et même… d’état de droit. Difficile de ne pas voir dans cette dernière remarque une pique à peine voilée envers notre voisin du Sud.
C’est une philosophie typiquement trumpienne, celle du « deal » bilatéral où l’on peut, croit-on, exercer une pression maximale. Greer a d’ailleurs glissé avoir déjà discuté de cette approche avec le président lui-même, qui ne voudrait que des accords « avantageux ». Tout est dit, non ? L’ACEUM, avec sa clause de révision intégrée en 2026, leur offre justement cette porte de sortie, ou cette arme de négociation, selon le point de vue où l’on se place.
Les inquiétudes des industriels et l’épineux dossier des règles d’origine

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Pendant ce temps, de l’autre côté du débat, l’alerte est chaude. La semaine dernière, lors d’une consultation publique à Washington, une foule de représentants sectoriels ont supplié l’administration de ne pas toucher à l’accord. Ils y voient une stabilité précieuse, un cadre qui fonctionne malgré ses imperfections. Mais Greer, lui, a un autre cheval de bataille devant le Sénat américain : le durcissement des fameuses « règles d’origine ».
Ces règles, qui déterminent si un produit est assez « nord-américain » pour bénéficier des tarifs douaniers préférentiels, sont au cœur du litige. Des industries américaines accusent carrément certaines entreprises canadiennes de tricher, en intégrant des composants chinois à bas coût dans leurs produits pour ensuite les écouler aux États-Unis sous la bannière de l’ACEUM. C’est un sujet technique, oui, mais qui pourrait bien devenir le point de rupture des négociations à venir.
Conclusion : Un avenir incertain entre trilatéralisme et bilatéralisme
Alors, que va-t-il se passer ? Greer lui-même laisse planer le doute. D’un côté, il brandit la menace de la scission et du bilatéralisme pur. De l’autre, il admet que des sujets comme les minéraux critiques ou l’harmonisation des politiques commerciales extérieures pourraient se traiter… à trois. C’est tout le paradoxe de la position américaine actuelle : une stratégie du bâton et de la carotte, où tout reste sur la table pour maximiser le levier.
Pour le Canada et le Mexique, les mois à venir seront cruciaux. Il va falloir préparer le terrain, défendre la valeur ajoutée de l’intégration trilatérale, et peut-être se préparer au pire : des négociations en parallèle avec un partenaire américain déterminé à revoir toutes les cartes. Une chose est sûre, l’ère de la certitude offerte par l’ancien ALENA est bel et bien révolue. On entre dans une phase bien plus imprévisible, où chaque mot des négociateurs pèsera lourd.
Selon la source : ici.radio-canada.ca
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