Mirabel et les F-35 : un pari économique audacieux pour l’entretien des avions américains

Mirabel et les F-35 : un pari économique audacieux pour l’entretien des avions américains credit : lemorning.ca (image IA)

Un hangar québécois pour les chasseurs de l’Oncle Sam ?

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On entend beaucoup de choses ces derniers temps du côté de Mirabel, et franchement, ça bouge pas mal. Imaginez un peu la scène : des avions de chasse américains, ces fameux F-35 dont on nous rebat les oreilles depuis des années, qui viendraient se faire dorloter… ici même, au Québec. C’est le pari un peu fou, mais calculé, que lance la firme L3Harris.

L’idée ? Transformer leurs installations pour qu’elles servent non seulement à nos futurs avions, mais aussi à ceux de nos voisins du Sud. Une sorte de garage de luxe international, si vous voulez. Mais attention, rien n’est encore joué, et comme souvent dans ce genre de dossier, il y a pas mal de conditions en petits caractères au bas du contrat.

Une opportunité en or… sous conditions

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Il y a une certaine effervescence dans les couloirs du lobbying à Ottawa. D’après ce qu’on comprend, les Américains ne seraient pas contre l’idée d’envoyer leurs F-35 chez nous pour l’entretien. Richard Foster, le patron des activités canadiennes chez L3Harris, voit ça comme du gagnant-gagnant. Après tout, on fait partie de NORAD, non ? Alors pourquoi ne pas mettre la main à la pâte ?

Le plan est assez précis : accueillir les premiers appareils américains vers 2028 ou 2029. C’est demain, ou presque. Sauf que… et c’est là que le bât blesse, tout ça dépend de la commande finale du Canada. Si on n’achète pas la flotte complète de 88 appareils, ce beau projet pourrait bien rester dans les cartons. C’est un peu le jeu de la poule et de l’œuf, vous ne trouvez pas ?

Le problème du calendrier

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Parlons calendrier, parce que c’est là que ça devient un peu technique — mais restez avec moi. Nos bons vieux CF-18, ceux qu’on répare à Mirabel en ce moment, arrivent en fin de vie. Ils sont fatigués. D’un autre côté, les nouveaux F-35 canadiens, même si on les reçoit l’an prochain, ils seront flambant neufs. Ils n’auront pas besoin de grosses réparations avant, disons, 2031.

Alors, on fait quoi entre les deux ? C’est le fameux « trou » dans l’horaire. Richard Foster est clair là-dessus : sans les avions américains pour combler le vide, maintenir les installations et les emplois à Mirabel va être un sacré casse-tête. On parle quand même d’environ 5 espaces sur 24 occupés par nos propres avions. Il faut bien remplir le reste, je suppose.

Des millions et des emplois en jeu

On ne parle pas de petite monnaie ici. La modernisation des installations à Mirabel, c’est un projet de 200 millions de dollars. Rien que ça. L’argent servirait surtout à blinder la sécurité — on parle de secrets militaires après tout, pas de changer l’huile d’une berline.

L3Harris frappe donc aux portes des gouvernements, tant à Québec qu’à Ottawa, pour obtenir du financement. L’argument massue ? Les emplois. On parle de maintenir 1500 emplois directs et plus du double en indirect. C’est énorme pour la région. Lockheed Martin envoie même ses représentants cette semaine pour tâter le terrain. Ça sent la visite d’inspection, non ?

Bras de fer politique : Ottawa hésite encore

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C’est ici que la politique entre dans la danse, et c’est assez fascinant à regarder. Le gouvernement Carney (oui, le contexte politique a bien changé) semble vouloir revoir la copie. Avec les tensions commerciales et l’effet Trump, l’alliance avec les voisins du Sud n’est plus aussi fluide qu’avant. On sent une hésitation à signer le chèque pour les 88 avions.

La ministre Mélanie Joly ne mâche pas ses mots : elle veut des retombées économiques concrètes. Elle trouve que l’offre actuelle, c’est un peu léger. « On s’attend à beaucoup plus », a-t-elle lancé. En face, Lockheed Martin répond du tac au tac : plus vous achetez d’avions, plus vous aurez de retombées. C’est donnant-donnant. Et pendant ce temps, le concurrent suédois Saab agite la promesse de 10 000 emplois avec son Gripen. De quoi faire réfléchir, c’est certain.

Conclusion : Québec en mode observation

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Pendant que les géants se disputent à Ottawa, le gouvernement du Québec regarde ça aller avec beaucoup d’attention. Bien sûr, c’est une décision fédérale, comme le rappelle l’équipe de Christine Fréchette, mais on sent bien que Québec ne veut pas perdre sa part du gâteau.

Au final, tout va se jouer sur des garanties. Si le Canada s’engage fermement pour les 88 appareils, Mirabel pourrait bien devenir une plaque tournante nord-américaine pour le F-35. Sinon ? Eh bien, l’option suédoise est toujours sur la table. Une chose est sûre : les prochains mois vont être décisifs pour l’industrie aérospatiale de chez nous.

Selon la source : ici.radio-canada.ca

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