Courses gonflées à montréal : quand des chauffeurs de taxi imitent illégalement les prix d’uber

Courses gonflées à montréal : quand des chauffeurs de taxi imitent illégalement les prix d’uber credit : lemorning.ca (image IA)

L’arnaque du compteur à la montréalaise

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C’est une situation qui fâche, qui frustre, et qui, franchement, est illégale : des chauffeurs de taxi à Montréal se mettent à refuser d’utiliser leur compteur officiel pour facturer les clients. Mais alors, quel prix est appliqué? Celui d’Uber, tout simplement, et souvent, un prix gonflé au maximum. Plusieurs témoignages, notamment recueillis après une longue nuit d’Halloween, révèlent une pratique qui semble, malheureusement, bien plus qu’anecdotique sur l’île.

Le Regroupement des propriétaires de taxi de Montréal, et même Taxelco, la plus grande compagnie en ville, déplorent cette nouvelle tendance qui, si elle n’est pas contrôlée rapidement, risque de ternir sérieusement la réputation de toute l’industrie. C’est vraiment le Far West sur la route, on dirait, et les passagers sont les premières victimes.

60 dollars pour un trajet qui en coûte 20 : des tarifs multipliés

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Imaginez : il est 4 h du matin, l’Halloween vient de se terminer, et vous voulez juste rentrer chez vous après la fête. C’est l’expérience qu’ont vécue Sara-Maude Lemay, 24 ans, et son copain. Ils hèlent un taxi au centre-ville, direction Longueuil, une course qui, normalement, avoisine les 20 $. Mais là, surprise!

« Au lieu de la scène habituelle, on rentre dans le taxi, il part le chrono, puis il nous emmène à la maison. Il nous a demandé l’adresse, il l’a mise dans son cell, sur Uber, et il nous a demandé 60 $. » Non, vous avez bien lu. Trois fois le prix habituel. Elle a refusé, évidemment, mais ce qui est dingue, c’est que l’histoire s’est répétée. Elle raconte qu’ils ont appelé dix taxis qui ont tous tenté le même coup en réclamant le montant affiché sur l’application Uber plutôt que d’utiliser le taximètre réglementaire.

Pourquoi cette pratique est strictement illégale au québec

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Soyons clairs là-dessus, car c’est le point central de l’affaire : cette pratique est purement et simplement illégale. Au Québec, le tarif d’une course de taxi doit être déterminé par le compteur, aussi appelé taximètre, qui applique les prix officiels fixés par la Commission des transports du Québec (CTQ). C’est la loi, point final.

Il y a une toute petite exception : le client et le chauffeur peuvent s’entendre sur un prix forfaitaire, mais attention, ils doivent signer un contrat avant le départ. Et ça, on le voit surtout pour les très longues distances, pas pour un saut de dix minutes ou un trajet vers Longueuil, n’est-ce pas? Si le chauffeur refuse de démarrer le compteur, c’est une alerte rouge; vous avez le droit de refuser de monter à bord et d’appeler un autre véhicule, même si c’est agaçant.

Se sentir en danger : l’expérience d’autres passagères

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L’inflation des prix, c’est une chose, mais la peur, ça l’est une autre. Élora Robert et sa sœur ont vécu leur mésaventure le même soir, sortant d’un bar du Vieux-Montréal. Pour un petit trajet de dix minutes vers le Village, le chauffeur leur a annoncé 35 $ dès qu’il a démarré, sans allumer le compteur. Franchement, 35 $ pour dix minutes de route? Ça semble juste ridicule.

Quand elles ont osé poser des questions, le ton a changé. « On ne se sentait pas vraiment en sécurité, parce que le monsieur était vraiment sur la défensive. On avait peur, pour être bien honnête : on ne se sentait pas super bien. » C’est ça qui est grave : non seulement on paie trop cher, mais on se sent menacé en plus. C’est un service public, après tout, qui devrait garantir la sécurité.

La difficulté de retracer les chauffeurs indépendants

Alors, si on est victime de cette arnaque, comment porter plainte? C’est là que le bât blesse, car la déréglementation de l’industrie du taxi, survenue en 2020, a créé une zone d’ombre réglementaire, si je peux dire ça comme ça. Niema Bouchnafati, de Taxelco (qui gère beaucoup de taxis), explique recevoir énormément de plaintes. Mais le problème, c’est que depuis la réforme, beaucoup de chauffeurs sont devenus des indépendants.

Ce qui veut dire quoi? Que si le chauffeur n’est pas relié à une grande compagnie, on ne peut pas le retrouver. « C’est impossible d’aller les retrouver : on ne peut pas savoir c’est qui. » Quand c’est une compagnie, on peut vérifier le tracé GPS, le trajet, tout. Mais pour ces « faux » taxis? Aucune trace, semble-t-il. C’est un vrai trou noir dans la surveillance, on dirait.

Le cri du cœur pour une surveillance urgente et l’enjeu des chauffeurs illégaux

Depuis la légalisation de services comme Uber, le nombre de chauffeurs de transport de passagers a explosé au Québec, passant de 12 000 à plus de 23 000. À Montréal seulement, ils sont 9200 désormais. C’est énorme, non? Et quand on a autant de monde, il faut un encadrement solide.

Edgar El-Kalaani, secrétaire-trésorier du Regroupement des propriétaires de taxi de Montréal, ne mâche pas ses mots : « Lorsqu’on ouvre un marché comme ça, c’est très dangereux, parce que ça va être ‘free for all’ s’il n’est pas bien encadré. » Il pointe du doigt la surveillance défaillante, surtout depuis que les contrôleurs routiers ont cessé de patrouiller sur le terrain en mars dernier, suite à une décision du Tribunal administratif du travail (pour des questions de sécurité, apparemment).

Le résultat? Des chauffeurs illégaux mettent un simple « dôme » (l’enseigne lumineuse) et téléchargent une application de compteur sans même enregistrer leur véhicule. Ils font du taxi sans contrôle. Et l’industrie, selon lui, se sent abandonnée par Québec, qui fait « la sourde oreille » face à leurs demandes de resserrer la vis.

Conclusion : une réputation à sauver, et vite

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Il y a donc deux problèmes majeurs ici. D’abord, le consommateur se fait arnaquer, en pleine nuit souvent, et se sent en insécurité. Ensuite, c’est l’industrie du taxi légitime elle-même qui en souffre, car la réputation de l’ensemble des chauffeurs est entachée par ces quelques brebis galeuses, ces chauffeurs illégaux.

Comme l’a dit M. El-Kalaani, « Ça tue l’industrie ». Le manque de surveillance accrue — que ce soit sur la route, sur le service, ou sur les tarifs appliqués — est un danger pour tout le monde. Les autorités doivent absolument prendre une décision politique pour encadrer ce marché qui, depuis sa déréglementation en 2020, semble glisser vers un chaos tarifaire. Pour les citoyens, le mot d’ordre reste la prudence : si le compteur n’est pas allumé, ou si le prix est fixe sans contrat, c’est très probablement illégal. Méfiez-vous!

Selon la source : ici.radio-canada.ca

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