L’onde de choc du parti québécois à ottawa

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C’est un peu le scénario que personne ne voulait envisager, mais qui est désormais sur toutes les lèvres dans la capitale fédérale : la possible victoire du Parti québécois (PQ) en 2026. Oui, vous avez bien lu. Devant la montée impressionnante du chef Paul St-Pierre Plamondon, qui promet un référendum dès son premier mandat — et qui, selon le dernier sondage Léger-Québecor, récolte 39 % des intentions de vote auprès des Québécois —, le gouvernement de Mark Carney a été forcé de se réveiller cet automne.Ce n’est pas une rumeur; selon des informations de nos sources, des membres importants du gouvernement, y compris le bureau du premier ministre, celui de son lieutenant au Québec, et Dominic LeBlanc, ont tenu des discussions pour élaborer une réponse cohérente face au discours péquiste. Il s’agit, semble-t-il, de ne surtout pas revivre le cauchemar de 1995, où l’on a senti, rétrospectivement, qu’Ottawa n’était pas préparé. C’est le moins qu’on puisse dire, n’est-ce pas?
L’urgence de ne pas revivre 1995 : la leçon du passé

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La hantise de l’histoire est palpable. Vingt-cinq ans plus tard, la peur d’être pris au dépourvu, comme ce fut le cas sous le gouvernement de Jean Chrétien, pousse les libéraux fédéraux à s’organiser maintenant. Une source interne l’a très bien formulé : « On ne va pas attendre l’élection possible du Parti québécois pour s’organiser, se réveiller et se dire : ‘Qu’est-ce qu’on fait?’ »L’objectif, c’est la coordination du message fédéraliste, mais sans tomber dans les erreurs d’antan. Et quand je parle d’erreurs, on pense immédiatement au fiasco des commandites, une histoire dont on ne veut absolument pas reparler. Il est hors de question de « rejouer dans le film des commandites! », assure une source libérale. Par ailleurs, la stratégie pourrait être renouvelée. Il est question de s’inspirer des influenceurs qui, ces derniers mois, ont beaucoup fait la promotion de l’option souverainiste sur les réseaux sociaux. C’est un changement d’époque; on mise maintenant sur les jeunes.
La réponse économique de joël lightbound

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Pour contrer l’appel du PQ, la stratégie à court terme est claire : il faut montrer que le Canada fonctionne. C’est d’ailleurs le message que le nouveau lieutenant de Mark Carney au Québec, Joël Lightbound, a mis de l’avant publiquement.Interrogé sur la menace référendaire, Lightbound a botté en touche pour se concentrer sur l’essentiel, à savoir les préoccupations quotidiennes des Québécois. Sa priorité? Livrer « de bons emplois et une économie développée », insistant sur des secteurs clés comme la défense et les minéraux critiques. Il a même ajouté que s’assurer que « la classe moyenne a un bon pouvoir d’achat » est son unique concentration. Une approche pragmatique, peut-être un peu trop simple, mais qui vise à ancrer le fédéralisme dans le concret économique.
La gaffe de mélanie joly et l’élévation de pspm

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Tous les fédéralistes n’ont pas adopté la même prudence. La ministre de l’Industrie, Mélanie Joly, s’est distinguée par une sortie particulièrement virulente en novembre, qui a fait grincer des dents, même au sein de son propre parti. Elle s’en est prise directement à Paul St-Pierre Plamondon, l’accusant, sans détour, de vouloir « donner le Québec à Donald Trump », le lançant dans ses bras. Elle a affirmé que cela affaiblirait grandement le Québec face à la puissance américaine croissante.Sur le fond, c’est une attaque dure. Mais la forme, c’est autre chose. Trois sources libérales en coulisses ont qualifié ce commentaire de « maladroit ». Pourquoi? Parce qu’en ciblant directement le chef péquiste, qui n’est, après tout, que le chef de la troisième opposition à Québec, la ministre lui a involontairement donné de la stature sur la scène fédérale. On pourrait dire que c’était un cadeau empoisonné pour les troupes fédéralistes.
Le bloc québécois dénonce les « vieilles méthodes de peur »
Du côté souverainiste, la riposte est arrivée rapidement. Le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet, n’est pas étonné qu’Ottawa commence à paniquer. Il trouve la démarche normale. Mais il a rapidement dénoncé ce qu’il perçoit comme le retour des « vieilles méthodes de peur qui ne sont pas appuyées sur la vérité. »Monsieur Blanchet a aussi évoqué, et c’est important, la crainte que les fédéralistes soient tentés de « tricher ou de manipuler les règles », si jamais le PQ prenait le pouvoir en 2026. Cette inquiétude n’est pas sortie de nulle part, évidemment. Elle renvoie directement à la révélation concernant l’« Opération citoyenneté » de 1995, lorsque l’ancien premier ministre Jean Chrétien aurait accéléré les demandes de citoyenneté pour augmenter le nombre de votes en faveur du Non. Oui, cette affaire a même mené Chrétien à être convoqué en comité parlementaire. L’ombre de 1995 est vraiment difficile à chasser, on dirait.
L’angle conservateur : fierté canadienne et décentralisation
La réflexion sur la possibilité référendaire n’est pas l’apanage des seuls libéraux. Le Parti conservateur du Canada y pense aussi. Selon une source, cette question pourrait bien devenir l’enjeu central de la politique canadienne après 2026. Pierre Poilievre, lui, adopte un ton différent, peut-être plus habile, face aux jeunes Québécois qui se sentent déconnectés d’Ottawa.Poilievre a affirmé comprendre ce manque d’appartenance, accusant le gouvernement actuel d’avoir traité le Canada comme un « État post-national » et de dénigrer son histoire. Sa stratégie, disent nos sources, serait de miser sur la décentralisation et un respect accru des champs de compétences du Québec, tout en reconnaissant que le nationalisme québécois est une partie légitime du patriotisme canadien. C’est un numéro d’équilibriste, on verra si cela fonctionne.
Conclusion : de la solidarité du « love-in » à la peur du « get-out »

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Toutes ces discussions en coulisses mettent en lumière une chose : la nervosité est réelle. Mais au-delà des stratégies de communication et des promesses économiques, il y a une inquiétude plus profonde, et elle touche à la fibre même de la fédération.En 1995, souvenons-nous, des milliers de Canadiens d’ailleurs étaient venus à Montréal pour le fameux « love-in », un rassemblement émotif visant à supplier le Québec de rester. Ce geste de solidarité est resté gravé dans la mémoire collective. Aujourd’hui, l’ambiance a changé, et la crainte est que si un référendum est déclenché, la réaction du reste du Canada ne soit plus la même. Notre source à Ottawa résume cette angoisse avec une phrase lapidaire, mais qui sonne juste : « S’il y a un référendum dans les prochaines années, j’ai peur qu’il y ait, du reste du Canada, un get-out, pas un love-in. » C’est cette distance émotionnelle, je crois, qui inquiète le plus les fédéralistes. L’enjeu est donc non seulement politique, mais aussi profondément humain et identitaire.
Selon la source : ici.radio-canada.ca
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